Petite intro!

salut le monde!

Donc voilà, je fais le grand saut (et sans parachute, je tiens à le préciser!), ça fait longtemps que ça me trotte dans ma tête. Il fallait que je le sorte pour éviter de me griller trop de neurones (déjà que, je n’en ai pas un max!) 
Bon ! Dans un premier temps, je tiens à vous préciser que je ne suis pas un écrivain ! J’ai toujours été nul à l’écrit. Je n’ai jamais été foutue de coucher sur du papier mes pensées, mes réflexions et autres thèses et antithèses (filière littéraire…) au grand dam de mes profs de Français et de philo (7 aux bacs pour les deux). Mais par contre, je suis une oratrice, une diseuse d’histoire (15 en oral de Français et 17 au rattrapage en philo!). Des histoires, j’en ai plein la tête. Certains diront peut-être que j’en ai trop ! Ce qui fait qu’on dit souvent de moi que je suis dans la lune ou trop imaginative. Mais ce n’est pas grave, j’assume (Rock’n'roll)! Enfin bref, je m’égare un peu. Donc, comme je disais, je me lance. Sans bouée, ni brassards, je me jette à l’eau ! Eh oui, même si je suis nul en orthographe (je m’en excuse déjà d’avance et vous jure que je fais le plus d’effort possible pour ne pas vous froisser). Même si ma grammaire est défaillante. Pour mon lexique, je pense que mon répertoire contient quelques jolis mots qui devraient ne pas me faire rougir. Je compte sur vous pour me dire si cela vous plaît ou pas ! Me faire part des petits problèmes qui pourraient s’être glissés (à l’insu de mon plein grès) dans mes lignes.

 

Bonne lecture!

 

 

Pour plus d’infos sur Alyana and Co, il y a une page Facebook:   https://www.facebook.com/alyana.dedaharko.7

Publié dans : Non classé | le 9 novembre, 2020 |Pas de Commentaires »

chapitre premier

 

Chapitre 1 : le réveil

cœur de feu et de glace

Si tu te réveilles mal! Rendors toi! Car forcement qui dit réveil pourri dit journée pourrie.

 

 

 

 

 

10 000 tambours assourdissants jouent à un rythme effréné dans ma tête. À chaque battement de mon cœur, j’ai l’impression qu’elle va exploser. Mon corps est lourd comme s’il avait été coulé dans du plomb. Bordel de merde ! Que ce vacarme cesse ! Je vais mourir. Un grognement sort malgré moi du plus profond de mon être. Une caresse légère frôle mon visage et une douce mélodie parvient jusqu’à moi ! Il me faut un moment pour reconnaître la berceuse que chantait ma mère quand j’étais enfant:

 

« Mon bébé, mon doux bébé ne pleure pas. 

Ne t’inquiète pas je suis là près de toi. 

Je veille sur toi. 

Mon bébé, mon doux bébé, tu es mon amour, tu es ma vie. 

Tu es mon jour et tu es ma nuit,

je t’aime à la folie. 

Mon bébé, mon doux bébé ne pleure pas ne t’inquiète pas. 

Maman et papa sont là nous te tenons dans le giron de nos bras. « 

 

Mon père et ma mère ! Je les reconnais. Le bruit des tambours s’apaise pour devenir un simple murmure. Mon corps s’allège et je peux commencer à le remuer. Mes yeux se sont ouverts et les doux visages de mes parents m’apparaissent. Ma mère magnifique femme aux yeux ambrés border de longs cils noirs. Un visage aux traits harmonieux. Fait de douceur et de rire, comme le témoigne les petites rides autour des yeux et les fossettes qui apparaissent à la commissure de ses lèvres. Ses cheveux noirs aux reflets bleutés cascadent en boucles soyeuses jusqu’au bas de son dos. Ils font ressortir la couleur diaphane de sa peau. Mon père, véritable montagne de muscles avec un visage taillé au couteau. Des pommettes hautes, un nez droit et des yeux d’un bleu clair éblouissant qui lisent à l’intérieur de votre âme. Des longs cheveux d ‘un blanc immaculé qui comme une crinière, lui descendent jusqu’aux épaules et lui donnent une aura divine.

 

-Ne recommence plus jamais ça ! À partir d’aujourd’hui fini les arènes, fini les combats. Et je t’interdis formellement de mourir, c’est clair jeune fille ?

 

Mon père me fixe avec son regard perçant. Celui qui vous fait sentir toute petite et coupable même si vous êtes innocent. Je ne comprends rien de ce qu’il me dit. Pourquoi m’interdire de mourir

 

-Chéri, tu ne peux pas lui interdire de mourir ! Seuls les dieux décident de notre destin. Et soit plus doux avec elle. Cela fait une semaine que nous attendions qu’elle se réveille. Si tu lui cries dessus dès qu’elle ouvre les yeux, tu risques de la braquer. Et quand elle est braquée, je finis toujours avec la migraine. Tu ne voudrais pas que j’aie la migraine, n’est ce pas mon amour?

 

J’ai dormi pendant une semaine ? J’ai failli mourir ? C’est quoi cette histoire ? Qu’est-ce qu’il c’est passé ? Je me souviens de rien. Enfin si, je me rappelle avoir foutu une branlée à Slekfit. Un Orc imbu de lui-même qui pense qu’une faible femme est bonne qu’à donner du plaisir au mâle dominant. Je l’ai mis KO après un combat assez facile. Je me suis dirigée vers les juges de l’arène, afin qu’ils me déclarent vainqueur. Après ça, rien ! C’est le trou noir. Je m’assois sur le lit et questionne mes parents, vu que ma mémoire est défaillante. Le sourcil droit de mon père se relève et une lueur pétillante apparaît dans ses yeux. Quand mon père a cette expression, c’est que j’ai fait une connerie et que cela l’a bien fait se marrer ! Qu’est ce que j’ai fait pour l ‘égailler à ce point ?

 

- Quoi ? Pourquoi tu me regardes comme ça ?

 

- Tu ne te rappelles de rien ?

 

Je ferme les yeux et j’essaie de moi remémorer ce qui avait bien pu arriver. Je me souviens de mettre  tenue bien droite devant le jury, sous les acclamations du public. Je me rappelle entendre l’orc gémir de douleur derrière moi. Je n’arrive pas à me rappeler la suite. 

Je me concentre sur ma respiration en faisant le vide en moi. Je sens mon cœur ralentir et mon esprit aller au plus profond de moi-même. Me souvenir! Plonger en état de transe, je fais un bond dans le passé et revois la scène comme si j’étais simple spectatrice. Je me vois au centre de l’arène fière et victorieuse devant les trois membres du jury. Derrière moi mon adversaire inconscient sur la terre battue baigne dans son sang. Inconscient! Non, je le vois se relever doucement en gémissant, saisir une épée et d’un saut franchir la distance qui nous sépare pour me transpercer le ventre jusqu’à la garde. L’enfoiré! Il m’a embroché comme un vulgaire morceau de viande! La surprise se peint sur mon visage. Mais quelle débutante! Toujours s’assurer que son ennemi est bien dans les vapes avant de crier victoire. Je venais de payer mon erreur. Je ne peux retenir un cri d’épouvante. Je suis pétrifiée sur place. Je regarde la scène qui se déroule devant moi avec horreur. J’ai bien failli mourir. Je me demande même comment, j’ai pu survivre à ça. 

Je m’observe saisis des deux mains le pommeau de l’épée et l’extraire dans un grognement sourd. Soudain, une déflagration magique souffle tout sur son passage dans un cercle parfait. Je suis projetée en arrière. Devant moi, se passe une scène incroyable. Je lévite à un mètre du sol. Mes cheveux du même blanc que ceux de mon père sont aussi noirs qu’une nuit sans lune. Mon œil droit flamboie d’un feu rouge et or éclatant. Le gauche est d’un feu bleu et argent. Une explosion de lumière me force à fermer les yeux. 

Quand je les ouvre, je me retrouve devant un dragon d’environ 5 mètres de haut. Sa crête est du même noir que l’étaient mes cheveux. Il a un œil rouge et or, l’autre bleu et argent. Ses écailles sont noires avec un reflet lunaire légèrement bleuté. Sur son dos et ses flancs, on peut y voir des tatouages ​​dorés symbolisant les 4 éléments. Le dragon tend son long cou et lève sa tête majestueuse vers le ciel. Il se met à pousser un rugissement de colère. De la fumée sort de ses naseaux. De sa bouche jaillit un jet de flammes qui inondent l’arène. Les gens se mettent à courir dans tous les sens pour s’enfuir. C’est la panique totale! Un mouvement sur le côté m’alerte. Je vois ce traître d’orc prendre la poudre d’escampette. Le dragon l’a aperçu aussi. Et d’un mouvement vif, il le saisit dans sa gueule et le gobe! J’avais bien dit que j’en ferais qu’une bouchée, mais je ne pensais pas que ça serait dans ce sens. Le dragon rugit de nouveau, mais d’un son plus caverneux et métallique. Un jet de glace sorte de sa gueule béante. Je suis sous le choc. Un dragon ne peut pas cracher du feu et de la glace. 

J’ai bien compris que ce dragon, c’est moi. Même si je suis latente depuis ma naissance, je suis un dragon. Les dragons sont des métamorphes. Ils naissent sous leur forme animale. Une fois sevrés, ils acquièrent le pouvoir de se changer en humain. Bien sûr, pour moi, il s’agit d’une autre histoire. Allez savoir pourquoi, je suis née humaine. Sûrement une blague pourrie d’un des innombrables dieux que mon cher père a dû foutre en rogne. C’est une habitude chez lui. De nature divine (il est le fils d’un dieu), son passe-temps favori est d’aller chatouiller sa divine famille. Il existe deux sortes de dragons. Les dragons de feu qui crachent du feu et les dragons de glace qui crachent de la glace. Un cœur de feu ou un cœur de glace. Alors un dragon qui possède le feu et la glace, ce n’est pas possible! Confuse, je sens mon esprit reprendre pied et revenir à la réalité.

 

-De la glace? De la putain de glace! Du feu et de la putain de glace!

 

Je crie ces mots à m’en faire éclater la gorge. Je regarde mes parents dans l’attente d’une explication.

 

-Je savais bien que tu avais un petit truc en plus!

 

Mon père me regarde avec beaucoup de fierté.

 

-Mais je n’aurais jamais pensé à la glace. Ma fille est une reine de glace. Ça doit venir de ta mère, elle a toujours eu un petit coté réfrigérant quand elle est en pétard!

 

Ma mère d’un geste gracieux le tape derrière la tête.

 

-Arête de raconter n’importe quoi. Ma chérie, tu te rappelles de la prophétie des jumeaux divins?

 

Si je m’en rappelle? Quelle question! C’est la prophétie de mon père et de son frère le roi des dragons de glace! Elle a vu le jour à la naissance des jumeaux maudits, ceux qui sont à l’origine de la guerre des dragons.

 

  »Les premiers jumeaux seront maudits

 

Les cœurs royaux seront détruits

 

 La glace et le feu à jamais ennemis

 

Tant que battra le cœur du conflit.

 

 Lorsque viendront les jumeaux divins

 

L’amour de deux frères marquera la fin.

 

La glace et le feu s’aimeront enfin. »

 

Oui, je m’en souviens. Je ne vois pas en quoi ça explique que j’ai craché de la glace. Ma mère me prend la main.

 

-Ma chérie avec ton père et ton oncle, nous avions décidé de taire la fin de la prophétie.

 

-Mais pourquoi? Elle n’est pas bonne pour nous cette fin?

 

-La fin est annonciatrice de 4 autres prophéties. Mais pour le moment, elles ne se sont pas faites entendre.

 

En disant cela, ma mère jette un coup d’œil à mon père. Celui-ci hoche la tête pour l’encourager à continuer.

 

 -Je vais te dévoiler la prophétie en entier:

 

  »Les premiers jumeaux seront maudits

 

Les cœurs royaux seront détruits

 

La glace et le feu à jamais ennemis

 

Tant que battra le cœur du conflit.

 

Lorsque viendront les jumeaux divins

 

L’amour de deux frères marquera la fin

 

La glace et le feu s’aimeront enfin.

 

Alors viendront quatre prophéties pour le bien

 

La première fille possédera toutes magies confondues

 

Le premier fils portera la couronne perdue

 

La deuxième fille sera aimée d’un dieu déchu

 

 Le deuxième fils sera couronné dans un monde inconnu. »

 

-Nous pensons que la première fille pourrait être toi. Pour cela il va falloir faire des recherches approfondies. Mais ne t’inquiète pas tout va bien se passer! C’est pour ça que tu est ici.Tu vas être entre de bonnes-mains maintenant. Tu vas pouvoir appendre à maîtriser la magie. Nous allons te laisser te reposer et nous discuterons plus tard de ta scolarisation!

 

Mes parents se lèvent et sortent de la chambre en fermant doucement la porte derrière eux. C’est moi ou ils viennent de prendre la fuite? Je suis encore un peu dans les vapes. Les mots que viennent de dire ma mère commencent à peine à se faire comprendre. SCOLARISATION! Pleinement consciente et parfaitement éveillée, je me redresse dans mon lit. Je cherche à faire le point. Scolarisation de quoi? Scolarisation comme scolaire qui veux dire école? Mais école de quoi Bordel! Quelle école à 21 ans? Je bous de colère. Je suis tellement furieuse que je vois de la fumée sortir de ma bouche. Ce n’est pas bon du tout. Prise de panique, je mets mes mains sur mes lèvres. J’allais quand même pas me mettre à cracher du feu? J’attends un peu, les mains toujours sur ma bouche, le temps de me calmer. Puis, je me lève et cherche des vêtements à mettre sur le dos (Je suis simplement vêtue d ‘une chemise de nuit blanche, manche longue qui m’arrive aux chevilles. Une chemise de nuit de grand-mère. En résumé hors de question que je me balade avec.). 

La chambre dans laquelle je me trouve est petite. Environs 9 mètres carrés. Elle est composée d’un lit une personne. En face, se trouve un bureau collé au mur. Entre le lit et le bureau, il y a une commode et au-dessus une fenêtre. La porte se trouve à l’opposé de celle-ci. J’ai ouvert la commode et j’ai trouvé un chemisier et une robe. les deux de couleur grise. La robe me comprime un peu la poitrine, mais je ne m’étonne pas. J’ai une poitrine très volumineuse et les poitrines généreuses sont souvent boycottées dans le monde du prêt à porter. Comme les culs bien ronds et les hanches bien pleines. Ce qui est cool, quand on est un combattant d’une arène, c’est qu’on a son propre tailleur pour fabriquer nos tenues de combat, j’ai réussi à faire en sorte que le mien me fasse aussi mes vêtements civils. Il va falloir que je le fasse venir ici. Surtout si cet uniforme est obligatoire. Enfin si je reste ici bien sûr. Je continue de chercher dans la chambre, mais je ne trouve pas de chaussures. Pas grave marcher pied nus ne me dérange pas. 

Je quitte la chambre pour me retrouver dans un grand couloir. Il y a plusieurs portes d’un côté comme la mienne et de l’autre un mur où sont fixés des flambeaux et des tableaux représentants des personnages inconnus. Je ne m’attarde pas dessus et je prends vers la droite. Au bout du couloir, se trouve des escaliers. Je les descends et me retrouve dans un immense hall. En face de moi une lourde porte en bois sculptée composée de deux battants avec de grosses poignées en fer en forme de tête d’aigle. L’une d’elles, est entrouverte et on peu voir qu’elle donne à l’extérieure. À droite, un couloir. A gauche, une porte à doubles battants moins imposante que celle donnant à l’extérieur. Désorientée, je reste plantée là. Où sont partis mes parents? Ils ne m ‘ ont pas abandonné ici quand même? Soudain, je sens une masse se poser sur mon épaule. Je jette un coup d’œil et vois une grosse main dans un gant de cuire noir.

 

-Tu t’es perdu apprentie?

 

Une voix masculine un peu rauque me parvient. Je me retourne et me trouve nez à nez devant le plus bel homme qu’il m’est été donné de voir. Des yeux d’un turquoise flamboyant, une bouche pleine et généreuse, un nez droit, une peau mate et une cicatrice en forme de croissant de lune au coin de l’œil gauche (très sexy).

 

-Je t’ai demandé si tu t’es perdue?

 

Je ne peux pas m’empêcher de le regarder. Ou plutôt de le dévisager. Il est tellement beau! Des images érotiques enflamment mon imagination. Je le vois remuer ses lèvres alors qu’il me parle. Je les imagine parcourir mon corps langoureusement. Je sens des papillons dans mon ventre et une chaleur se propager sur toute ma peau pour se concentrer vers un point humide entre mes jambes. Punaise, je me le ferais bien pour mon goûter voire même mon déjeuner, mon dîner et mon petit dej.

 

-Tu te sens bien? Tu comprends ce que je te demande où c’est trop compliqué pour toi? Depuis quand, il accepte des simplettes comme apprenties?

 

«Simplette», ce mot me sorte de mon fantasme comme si je venais de recevoir un gifle en pleine face. Monsieur Sexy vient de moi traiter d’idiote. Trop beau, trop con! J’aurais dû m’en douter. Merde, Je suis trop déçue. C’est comme si, je venais de m’apercevoir que mon dessert favori que j’allais m’enfiler était infesté de vers. Beurk! Je baisse les yeux sur sa main toujours posée sur mon épaule.Je donne une petite tape dessus et remonte mon regard vers le sien! Je lève lentement ma main vers son visage et soulève mon majeur triomphant avec un petit sourire en coin.

 

-Voilà ce qu’elle te répond la simplette, Connard!

 

Et ni une ni deux, je tourne les talons et sorte de cette maison, école ou château à la noix.Une fois dehors, il me faut un temps d’adaptation pour m’habituer à la luminosité du soleil. Un majestueux parc s’étend devant moi. Une pelouse d’un vert intense, des arbres et haies fleuries de mille et une couleurs. C’est magnifique! Un peu plus haut, je vois deux silhouettes dont une parée d’une chevelure blanche.

 

-Papa! Maman! Attendez moi!

 

Je m’apprête à m’élancer vers eux quand un étau de glace me saisit par les bras et me force à me retourner. Monsieur sexy connard me fait face. Les traits déformés par la fureur. Oups! Je crois que je vais en prendre pour mon grade. Je relève le menton crânement et regarde doit dans les yeux. Je ne mourrais pas sans dignité.

 

-Sais-tu qui je suis, Apprentie?

 

-À part un gros connard, non. Mais en même temps, ce n’est pas comme si cela m’intéressait.

 

Holalala! Je crois bien que si un regard pouvait tuer, je serais morte à l’instant. Sa fureur est telle que je commence à avoir chaud aux fesses. Je continue de le provoquer du regard, quitte à être suicidaire, au temps l’être jusqu’au bout. Il commence alors, à me détailler de haut en bas et de bas en haut. Il est vraiment impressionnant. Je dirais même terrifiant avec cette rage meurtrière au fond des yeux. Ses traits sont tendus. Je vois sa mâchoire se crisper et les veines de son cou saillir. Il sert les poings comme s’il était prêt à me frapper. Si tu veux de la bagarre, il n’y a pas de problème. Moi aussi, j’ai besoin de me défouler. Ma journée a mal commencée. Un réveil douloureux, un corps en compote, le cerveau brouillé et en prime mes parents veulent me foutre à l’école!

 

-Je suis le prince héritier Aradan, du peuple des elfes noirs. Seigneur des arènes du nord et de l’arène noire. Maître de guerre de la cours sombre et maître d’armes de cette école.

 

Bon! alors là, je pense que je viens de moi frotter à la personne qu’il ne fallait pas. Maître d’arme de cette école, je m’en fous un peu. Seigneur de l’arène noire, ça ne m’impressionne pas. Je suis moi-même seigneur des arènes du sud et de l’arène sanglante. Mais pour ce qui est de maître de guerre et prince héritier, c’est une autre histoire. J’ai intérêt à me calmer ou c’est l’incident diplomatique!

 

-Tu me dois obéissance et respect! Et les petites apprenties prétentieuses et trop sûres d’elles comme toi, j’en vois chaque année. Et crois moi, elles ne font pas les fières longtemps!

 

Prétentieuse? Trop sûre de moi? Aux oubliettes, les excuses, la petite apprentie va te moucher direct.

 

-Et toi sais tu qui je suis? Je suis la princesse Alyana Dedaharko du royaume des dragons de feu. Seigneur des arènes du sud. Et quand on me chauffe de trop, je deviens un dragon de 5 mètres avec un mauvais caractère et un gros appétit. Il y a une semaine, j’ai bouffé un orc pour l’apéro et m’enfiler un prince héritier au goûter, ça ne me dérange pas du tout. Au contraire, j’ai la dalle!

 

Pour ça, il faut que j’arrive à me transformer en dragon une nouvelle fois, et ce n’est pas gagné. Mais, il n’est pas obligé de le savoir. Et pour l’arène sanglante, je préfère le taire. Pourquoi je ne dis rien? Déjà, l’arène sanglante est pour la plupart, une légende. C’est une arène sans fois ni loi, qui réunit les combattants les plus cruels et sanguinaires. Mes parents ne savent pas et j’aimerais qu’ils restent dans leur ignorance. Ses yeux sont écarquillés au fur et à mesure que j’avance dans la présentation. Il commence, alors, à me « re » détailler de haut en bas et de bas en haut. Cela commence à devenir une habitude chez lui. Pas sur que je le prenne bien. Il me lâche enfin et recule d’un pas. Il ferme les yeux et se pince l’arête du nez en soufflant fortement.

 

-Quand quelqu’un se tient comme ça devant ma fille, c’est qu’elle a usé de sa langue de vipère et de son caractère de cochon. Je vous présente mes plus humbles excuses en son nom et en celui de ma famille. En tant que père et roi, j’essaierais de lui mettre un peu de plomb dans la tête à l’avenir. Même si je sais que ça ne servira pas en grand chose. Ma fille est un cas désespéré, et je compte sur cette école pour lui donner l’éducation que je n’ai pas su lui inclure.

 

Je regarde mon père, les yeux exorbités et la bouche grande ouverte. C’est de lui que j’ai hérité mon caractère! Depuis mon enfance, je ne fais qu’entendre le fameux «tel père, telle fille». C’était son idée de m’envoyer à l’âge de 5 ans chez mon oncle maternel, ancien seigneur des arènes du sud, pour me former. Ma latence me rendait faible. Et ma faiblesse faisait de moi une cible idéale pour les ennemis de la couronne de feu. Pour un dragon, plus la femelle est violente et pleine de verve, plus elle est désirable. Comme je ne pouvais pas me transformer, il fallait que je sois la plus violente et la plus virulente, afin d’espérer une bonne union. Je peux vous dire, que chez les dragons, je suis très désirée pour une handicapée. Je m’apprête à riposter, quand d’un regard en coin, mon paternel me fais comprendre de la fermer. J ‘ aime mon père, mais il y a des fois, un petit parricide me tenterait bien. Je jette un coup d’œil à monsieur sexy connard. Un petit sourire s’étire sur ses lèvres. Le bien heureux. Me voir me faire remettre à ma place par mon père à dû être jouissif pour lui. sale con. Son regard croise le mien. Je plisse les yeux en focalisant toute ma colère et ma frustration dans mon regard. Au cas où par un quelconque miracle des éclairs y sortent pour le foudroyer sur place. Son sourire s’élargit encore plus. C’est décidé, incident diplomatique ou pas, je vais lui rentrer dans le lard. 

 

-J’accepte vos excuses, majesté. Et en temps que futur maître d’armes de votre fille, je serais lui inclure les quelques notions qui lui font défaut, comme le respect et la maîtrise de soi. Apprentie Alyana, je ne dirais pas au plaisir de vous revoir, car ce ne serait pas la vérité. Donc, je vous reverrai pour vos leçons de combat!

 

Et sur ce, il tourne des talons et s’éloigne sans un regard en arrière. Mon père pousse un long soupir et passe la main dans les cheveux.

 

-Alyana, si mes cheveux n’avaient été  blancs dès ma naissance, je pense qu’ils le seraient devenus à cause de toi! Tu as la chance d’être ma fille et que je t’aime plus que tout au monde, autrement ça ferais longtemps que je t’aurais fait grillé!

 

-Ha! Ha! Ha! Très drôle papa! Je suis morte de rire! Bon, à part ça, c’est quoi cette histoire d’école? Parce que j’ai quand même 21 ans et j’ai fini mon éducation depuis un petit bout de temps.

 

Ma mère se joint à nous. Elle échange un regard avec mon père et moi prend dans ses bras.

 

-Ma chérie. Quand tu t’es transformé en dragon, tu as déclenché une onde magique très puissante. Ton père a ressenti la magie des dragons de feux et de glace. Et moi, j’ai ressentie de la magie élémentale. Dans la prophétie, on parle de la première fille qui possédera toutes les magies. Tu es la première fille, Alyana! Ta magie c’est débloquer et c’est ici que tu pourras apprendre à t’en servir le mieux. Le directeur de cette école est un dragon. Il t’enseignera la magie draconique. Tu suivras des cours des magies élémentales que tu domineras. Et tu apprendras l’art des maîtres magiciens. Car vu la puissance de ta magie, tu ne peu être qu’un maître, comme moi. J’ai été formé dans cette école et je n’en suis pas morte. Fait nous confiance et fais toi confiance. Une nouvelle aventure commence pour toi. Hélas, nous ne pouvons pas nous attarder ici. Le royaume de feu à besoin de son roi. Nous nous reverrons très bientôt. Je t’aime de tout mon cœur.

 

Elle m’embrase sur le front et se décale pour que mon père puisse m’enlacer à son tour.

 

-Ma puce, soit fidèle à toi-même. Essaie de ne pas détruire cette école, de déclencher un incident diplomatique, une guerre ou d’agrandir la liste des personnes qui veulent ta mort. Je t’aime mon petit poulet!

 

J’embrasse mes parents les larmes aux yeux et les regards partir complètement désespérée. Je me retrouve toute seule dans cette école où je ne connais personne et dont au moins un des professeurs rêve de faire de ma vie un enfer. La seule chose intelligente qu’il me reste à faire, c’est de retourner me coucher. C’est le cœur lourd et l’âme en peine que je reviens dans ma chambre. Je m’allonge sur mon lit et observe l’obscurité s’installer petit à petit. Je n’avais même pas remarqué que nous étions en fin de journée. Mes yeux se font lourds et doucement, je sombre dans un sommeil profond.

 


 

Publié dans : Non classé | le 8 novembre, 2020 |3 Commentaires »

Chapitre 2

 

chapitre 2

portrait Alyana Cheveux longs

Méfiez-vous des fous et des vieux monsieur! Car c e sont eux les maîtres du monde.

 

Une semaine vient de s’écouler depuis mon réveil. J’y ai fait la rencontre de mon homologue dragon, le directeur de cette école, Maître Cruzor. D’ailleurs, c’est avec lui que je passe le plus clair de mon temps. Il essaie d’évaluer ma puissance magique, afin de m’orienter dans mes disciplines futures. Nous passons nos journées au cœur de l’arène blanche, dont Cruzor en est le seigneur. Les seigneurs des arènes, sont les champions du tournoi des suprêmes. C’est un tournoi qui a lieu tous les 5 ans. Les combattants qui le souhaitent s’y inscrivent et le gagnant du tournoi devient seigneur de l’arène dont il est le champion. Dans le Monde, il existe 4 cercles de 4 arènes. Le cercle du sud est composé des arènes du feu, de l’eau, de l’air et de la terre, dont j’en suis le seigneur. Le cercle de l ‘ est possède les arènes Blanche, noir, dorée et argent. Le cercle de l’ouest est constitué des arènes de diamant, saphir, Rubis et opale. Et le cercle du nord, les arènes de fer, bronze, cuivre et platine. Le seigneur peut être défié par n’importe quels champions des autres tournois de l’année. Pour garder sa place, il doit les remporter. S’il perd, il est déchu de son titre et ne pourra plus combattre en arène. Le vainqueur récupère le titre.

Lors de nos séances, je peaufine ma métamorphose. Et oui, c’est officiel je suis un dragon à 100%. Je ne suis plus la princesse latente, la demi-dragonne, l’handicapée de la métamorphose. J’arrive maintenant à passer d’humaine à dragon et vice-versa en un clin d’œil. Pour les prochaines sessions, nous nous focaliserons sur les jets. Ça va être amusant, je le sens. Il reste encore deux semaines avant la rentrée. Je n’ai pas recroisé monsieur sexy connard. Ni personne d’autre d’ailleurs. A croire que le directeur et moi sommes seuls au monde. Et même si Cruzor est une personne avec qui sur ne s’ennuie pas, c’est un vieux bonhomme et j’aimerais rencontrer un peu de jeunesse. J’ai l’impression d’avoir vieilli d’un siècle en une semaine. Chaque jour est le même. Je me lève, m’habille et ensuite, je me dirige dans les appartements de mon mentor, nous petits déjeunons ensemble et nous passons la journée dans l’arène. Je rentre dans ma chambre où mon dîner m’attend puis je passe aux bains et quand je reviens, je me couche! Quand ma mère m’a parlé de nouvelles aventures, j’aurais cru à quelque chose de beaucoup plus palpitant que ça. 

Donc, moi voilà pour une nouvelle semaine avec mon cher maître Cruzor alias maître flashy. Imaginer une palette de couleurs criardes qui, si vous n’y êtes pas préparé, vous grillez les rétines à vous rendre aveugle en quelques secondes. Visualisez un grand bonhomme fin et sec d’environs trois quart de siècle, chauve, des moustaches en arabesque et une petite barbichette longue jusqu’à la poitrine tressée et agrémentée de perles colorées. À cela, il y a des yeux bridés d’un joli gris perle. Des oreilles percées de multiples anneaux et perles de toutes les couleurs, elles aussi. Il est resté un bel homme avec des traits harmonieux et fins qui expriment la douceur et la sagesse. Par contre, je dois dire qu’aujourd’hui question vestimentaire, il s’est surpassé. Il porte une chemise à jabot jaune poussin, un veston vert pomme, un pantalon orange avec des bottes en cuir rouge accompagné d’une redingote argentée. Et le clou du spectacle est un haut de forme noir avec 3 plumes de paon blanches. Le peu que je l’ai regardé m’a donné mal à la tête. Assis devant moi, il sirote son thé en sifflotant!

-Petite princesse, il nous reste encore une semaine en tête-à-tête. Les élèves vont commencer à arriver petit à petit et les maîtres aussi. Je ne serai plus disponible pour toi. Donc, cette semaine, nous allons mettre les bouchées doubles.

Je le regarde se frotter les mains avec enthousiasme. Son regard pétille d’excitation. Allez savoir pourquoi, mais j’ai le pressentiment que ça va être ma fête. 

 

-Bon mon petit chou à la crème, au boulot!

 

En une semaine, il ne m’a jamais appelé par mon prénom. J’ai toujours eu droit à un surnom affectueux et chaque foi, il est précédé par le mot «petit». Petite princesse, petit chou, petit oiseau, petit trésor, petite, petit, petit, petit Rhaaaaa! Même si je trouve ça mignon, le fait qu’il s’obstine à utiliser l’objectif «petit» m’agace. Ce n’est pas comme si j’étais vraiment petite. Avec mon 1 mètre 78, je me range dans la catégorie des grands. Et ce n’est pas parce qu’il mesure presque deux mètres qu’il doit se focaliser sur ma taille légèrement inférieure à la sienne. Je ne fais pas 1 mètre 50 les bras levés quand même. Est-ce que moi, j’emploie l’adjectif vieux à chaque fois? Vieux débris, vieux , vieil homme, vieux croûton! Bon en même temps, vu qu’en qualité de directeur, il est mon supérieur hiérarchique, j’ai plutôt intérêt à me taire. Nous nous levons et nous dirigeons vers l arène blanche.’

 

-Mon petit trésor. Tu vas te transformer en dragon et tu vas me cracher le plus gros jet de flamme que tu peux. Tu as déjà craché du feu. Ça ne devrait pas être compliqué pour toi. Tu inspires et tu cherches une étincelle de feu dans ton cœur. Tu laisses crépiter et atteindre ton souffle pour qu’elle l’embrase. D’accord?

 

J’acquiesce de la tête et me métamorphose. Se transformer, c’est très agréable. Mon corps devient tout chaud comme quand on est sous la couette et que dehors, il fait très froid. Mes muscles, mes os, tout mon corps se met à onduler et s’étirer. J’ai l’impression qu’un millier de mains expertes me massent à l’intérieur du corps. C’est un moment bref, mais un instant de pur bien être. Le pied total. Le seul problème que je rencontre, est d’ordre vestimentaire. Normalement, quand on se métamorphose, les vêtements s’intègrent dans notre nouvelle forme. Une fois que l’on redevient humain, ils se régénèrent. Et comme j’ai un cul bordé de nouille, les miens ne reviennent jamais et je me retrouve toute nue. Heureusement que je ne suis pas pudique. Même si moi retrouver à poil devant mon directeur ne fait pas vraiment parti de mes fantasmes. Par contre devant Monsieur connard sexy! Non, non, non, interdit de laisser mon esprit partir vers ce chemin là. Déjà une: je n’est pas de petite culotte de rechange pour remplacé celle que j’ai et qui finira noyée par des pensées sexuellement actives, et deux: ce mec est un connard! Et qui dit connard dit connard donc pas touche.

 

-Ne t’inquiète pas, mon petit chat. Voir une femme nue, me fait autant d’effet que le pet d’une mouche dans un ouragan.

 

Sur le moment, quand il me dit ça, je ne sais pas si je dois me sentir vexée ou pas. Je ne veux pas paraître vaniteuse, mais il parait que je suis un véritable canon. Mais merde! Il n’arrête pas de me traiter de petite et en plus, il me compare aux flatulences d’une mouche. Je lui éclate la tête maintenant ou j’attends de me retransformer pour le bouffer tout cru? On me fait suer, depuis de lustres sur mon physique. Je ne sais plus combien de mâles, de toute nature et d’espèce, j’ai dû refroidir les ardeurs! J’ai eu droit à des poèmes, des chansons, des peintures, des gravures, des sculptures et autres louanges de ma beauté! Je sais que je pourrais paraître égocentrique, mais, je dois avouer que je m’aime bien. Comme disent certains de mes admirateurs, je me trouve carrément baisable. Attention, je précise qu ‘ il n ‘y a que moi qui peux utiliser cette expression. Ceux qui l’ont utilisé, sont montés de quelques octaves! 

J’ai de longs cheveux d’un blanc lumineux qui descendant souplement jusqu’à ma taille. Des yeux marrons parsemés de paillettes dorées. Un teint halé par des heures passées sous le soleil. Une poitrine généreuse, des hanches pleines et un cul voluptueux. Je ne suis pas faite comme toutes ces princesses oisives. Je n’ai pas un corps fin et harmonieux. Le mien est fait de muscles et de cicatrices. Je suis une combattante. Je m’exerce tous les jours à rendre mon corps plus fort et tonique pour survivre dans l’arène. J’ai ce qu’on peut qualifier une musculature fine. Mes muscles sont bien dessinés mais pas super développés! Je ne comprends pas pourquoi, avec mon corps de guerrière, ce vieux bonhomme s’obstine à prendre cet air dégoutté quand il me voit nue! Je sais que les filles, ce n’est pas sont truc. Mais, nom d’un dragon à plumes, les gonzesses ce n’est pas mon truc non plus. Mais quand une belle femme passe devant moi, je l’admire. J’aime ce qui est beau. Et un canon avec des seins parfaits, un cul parfait, une peau parfaite, un visage en cœur, des cheveux soyeux et un corps de rêve, j’admire. Il est vrai, que je ne vais pas l’aimer. Je vais carrément la détester dans toute sa perfection. Je suis une fille, la jalousie est en moi. Et quand une nana est plus belle que toi, tu l’envies, tu l’admires et tu la hais au plus profonds de tes entrailles. 

 

-Concentre-toi, ma petite Alyana. Ce n’est pas comme si on devait y passer la journée!

 

Je me concentre et me transforme. Une fois devenue dragon, je cherche cette étincelle au fond de moi. Je la vois. En m’approchant d’elle, je m’aperçois qu’elle est plus puissante que je le pensais. C’est plus qu’une étincelle. C’est une flamme qui danse paresseusement. Elle est lumineuse et chaude. Elle projette des éclats dorés. Elle est chaleureuse et douce. Je dirige mon souffle vers elle. Sa danse devient plus vive. La flamme grossit et devient un immense brasier déchaîné. Il est éblouissant et rougeoyant. Il dégage une chaleur suffocante. Quand mon souffle le rencontre, c’est l’explosion. Tout s’embrase. Ça remonte dans ma gorge et rempli ma bouche à la vitesse d’un éclair. J’ouvre ma gueule et laisse jaillir ce feu ardent. Un jet de flamme de plusieurs mètres sort de ma gorge. Je le dirige vers le ciel pour éviter de transformer Cruzor en grillade. Mon souffle se tari et les flammes aussi. Je baisse la tête et ferme ma gueule. Je regarde le directeur. Il a les yeux exorbités comme deux ronds de flan et la bouche grande ouverte. C’est sûr que ce n’est pas le pet d’une mouche que je viens de produire. Attends un peu mon petit gars, je n’en ai pas fini avec toi. Je me concentre de nouveau, et je pars à la recherche d’une étincelle de glace. C’est aussi une flamme, juste à coté de la dorée. Elle est d’un superbe bleu glacé et elle se balance doucement. Elle est fraîche et piquante. Je dirige mon souffle vers elle. La flamme se cristallise et explose. Mon souffle devient un brouillard donnant une multitude de cristaux de glace qui remonte vers ma gueule. Je lève ma tête vers le ciel et libère mon souffle gelé! Comme mon jet de flamme, il s’élève plusieurs mètres vers les cieux. La température baisse et tout devient blanc autour de moi. On se croirait un matin d’hiver où tout est blanc de givre. Cruzor est à genoux. La tête penchée et les poings serrer. Son ridicule chapeau est à ses pieds complètement gelé! Je redeviens humaine et moi plante devant lui, nue mais fière comme un paon. 

 

- Alyana tu est tout simplement monstrueuse. Je …

 

Complètement sonné, il s’assoit sur le sol en tailleur. Il pose ses coudes sur ses genoux et enfouit sa tête dans ses mains. Pour ma part, je me suis figée au moment où il m’a comparé à un monstre. Bordel de merde! Je ne sais pas ce que ce type a contre moi. Mais là, c’est le pompon. MONSTRUEUSE?! Je viens de me prendre une claque en pleine face. Croyez-moi, ça ne fait pas du bien. MONSTRUEUSE?! Ce mot raisonne dans ma tête comme un écho sans fin. Si je possédais un ego démesuré, il venait de rapetisser sérieusement. Oh, la vache! Heureusement qu’il n’est pas un homme à femmes. Car une chose est sûre, il ne sait pas leur parler. MONSTRUEUSE?! Pourtant, ça déchirait ce que je venais de faire. Je pensais qu’il grimperait aux rideaux. Avoir un mini orgasme devant le spectacle démentiel que je venais de faire. J ‘ en aurais parié ma couille gauche. Même si techniquement, j’en suis démunie. C’est l’expression préférée de mon frère. Et je dois avouer que je l’adore moi aussi. Et puis, on me dit assez souvent que j’en ai une sacrée paire. Donc, c’est comme si j’en avais. 

Et oui, j’ai un frère. Un jumeau! On ne se ressemble pas du tout. Nous sommes à l’opposé l’un de l’autre. Le jour et la nuit. Le feu et la glace. Et cetera, et cetera. Nous avons un droit à une longue liste d’opposition depuis notre enfance. Bref. Je suis née humaine, il est né dragon. Je suis une fille, c’est un mec. J’ai hérité de mon père, il est le portrait craché de maman. Je suis la sœur parfaite, c’est un emmerdeur de première. Mais, il est ma moitié. Il est ce que je ne suis pas, je suis ce qu’il n’est pas. On se complète. Nous formons un tout. Penser à lui me réconforte. Je suis vexée, déçue et furieuse. Alors, comme la fille que je suis, je me mets à bouder. Je croise les bras sur ma poitrine, baisse la tête, fait la moue et tape du pied. Et, celles qui disent qu’elles ne boudent pas, soit elles mentent, soit elles sont plus mature que moi. J’ai envie de pleurer, mais je retiens mes larmes. Je suis une dure à cuire. Peut-être un peu trop soupe au lait. Mais, il est hors de question que je montre à qui que soit que je suis super émotif. Il ne me reste plus qu’une seule solution pour sauver mon orgueil. L’attaque. Donc, je fais la seule chose que je sais faire à la perfection: râler et jurer.

 

-Sacrer bordel de merde. Faite chier. Putain! Je me casse les miches à me bousiller la gueule avec vos flammes de merde et votre glace à la con. Et pour quel résultat? Pour m’entendre dire que je suis MONSTRUEUSE! Et ba, vous savez quoi, enfoiré de directeur de mes deux? Vos réflexions à deux sous, vous pouvez vous les mettre ou je pense; et bien profond. Je suis pas dans cette école pourrie pour me faire insulter par un vieux fou. Et surtout un vieux fou avec des fringues qui font mal aux yeux. Ok, mon style aussi est pourri. Mais moi, je ne rends pas les gens aveugles à chaque fois que je sors de chez moi. Vous êtes peut-être le grand seigneur ici. Mais dans le sud, c’est moi le grand seigneur. Et le seigneur de 5 putains d’arènes. Celles du sud et la sanglante. Oui la sanglante. Vous savez, celle qui donne des cauchemars aux petits enfants et fait pleurer les plus courageux. Celle qui porte son nom par la quantité de sang qui a peint à jamais son sol! Et je te jure, mon petit vieux, si tu continue à me manquer un temps soit peu de respect, je te bouffe.

 

Je suis à bout de souffle après cette tirade. Mon cœur bat à toute vitesse et mon sang pulse dans mes veines. Je n’avais même pas remarqué que je m’étais rapproché de lui et qu’il s’était relevé. Nous étions face à face. Pieds contre pieds. Nez contre nez. Yeux dans les yeux. Enfin presque. Vu sa stature, il devait baisser la tête et moi lever la mienne. Je ne suis pas à mon avantage. Et cela ne m’enchante pas trop. C’est alors qu’un déclique ce fait en moi. Il m’a appelé Alyana. Sans un « petite ». Oups! Le gars n’avait peut-être pas voulu m’insulter.  Mon show l’avait peut-être perturbé et les mots lui sont sortis sans filtre. Je ne pouvais pas lui jeter la première pierre. J’y étais peu-être allée un peu trop fort. sale caractère à la con. Je viens quand même d’ engueuler le grand patron. Calmée et refroidie, je me laisse tomber lourdement au sol. Je baisse la tête et cache mon visage derrière mes cheveux. J’attends les représailles en retenant mon souffle. Un gloussement se fait entendre. Je lève la tête et regarde, ébahie. Quand nos yeux se rencontrent, il explose de rire.

 

-Mon petit volcan. Tu as décidément un vocabulaire bien fleuri. C’est rafraîchissant. Aux noms des dieux, quelle fougueuse jeune femme. Sache, que je n’ai pas voulu t’insulter. Loin de moi. J’ai 737 ans. Et de ma longue vie, je n’ai jamais vue ça. Tes flammes ne ressemblent à aucun feu de dragon. Elles sont rouges dorées et plus chaudes que la lave d’un volcan. Ta glace est d’une pureté absolue et elle gèle tout sur son passage. Il n’y a qu’un dragon qui produit les mêmes jets que toi. C’est le Gardien! Tu as 21 ans et tu montres une puissance semblable à lui.

 

Le Gardien! Oh la vacherie! Tout de suite les grands mots. Il venait de me comparer à la classe supérieure. Et pas n’importe laquelle. La classe supérieure du monde des divins. Chez les dieux, il existe plusieurs niveaux. À la tête de ce petit monde, nous avons les 4 Pères. Les dieux tout-puissant que nous appelons les Fondateurs. Ils sont les 4 éléments. Le Père Feu, le Père Aire, le père Eau et le père Terre. 

 Ensuite, il y a les dieux Créateurs. Ils sont au nombre de deux. Danalahia représente la féminité. Elle a été créée par Père Terre et Père Eau. Son symbole est la lune. Elle règne sur la nuit et les passages de l’après-vie. Cernunnoserus représente le masculin. Il a été créé par père Aire et Père Feu. Son symbole est le soleil. Il règne sur le jour et sur le monde des vivants. Ils sont à l’origine de la vie sur terre. Leurs enfants sont les dieux Protecteurs. À leur naissance, leurs parents ont créé des créatures qu’ils protégeraient. Comme les dieux créateurs étaient très amoureux et faisaient beaucoup de bébés. Ils peuplèrent le monde de pleins d’espèces toutes plus différentes les unes que les autres. Les dieux fondateurs ont eu un peu peur que cela devienne ingérable. Ils créèrent le Gardien. Le premier dragon de l’histoire. Son rôle est de veiller sur les dieux Protecteurs. Quand leurs querelles deviennent trop violentes et menacent l’harmonie de la vie, il rapplique. Il distribue quelques coups de pied au cul et retourne dans sa grotte. Il est beaucoup plus puissant qu’eux. Si on devait comparer les dieux entre eux, je dirais qu’en premier se trouve les 4 Pères. Puis le gardien (il possède l’essence des 4 fondateurs). Ensuite, viennent les Créateurs (ils ont chacun l’essence de 2 fondateurs) et pour finir les Protecteurs. Alors, pour en revenir à moi, me comparer au botteur de cul suprême me fout un tout petit peu la trouille. Si je réfléchis bien. Mon père est fils de Protecteurs. Il est un dieu de la quatrième génération. Avoir un enfant avec la puissance du gardien n’est pas possible. Surtout, que ma mère ne possède pas de sang divin. Il y a forcement un lézard dans l’histoire! Je ressemble trop à mon père pour moi questionner sur la fidélité de ma génitrice. Pour ce qui est de ma mère, étant sortie de son ventre, je ne me pose pas la question. Je pense qu’il est préférable pour ma santé mentale de ne pas m’attarder sur cette question. Nous dirons tout simplement que je suis une anomalie héréditaire.

 

-Pour ta gouverne, sache que même si je suis un vieux fou, je suis quand même l’enfoiré de directeur de cette école. Comment tu la qualifie déjà? Pourrie? Ici, c’est moi qui commande. Je suis le roi, le dieu, la loi et tout ce qui détient le pouvoir. Je suis la petite voie dans ta tête qui te sers de conscience. Je suis la grosse voix de la justice qui donne sa sentence. Je suis le bourreau coupeur de tête et surtout, je suis celui qui détient ton avenir dans ses mains. Alors, la prochaine fois que tu critiques mon style vestimentaire qui est à la pointe du dernier chic, c’est moi qui te bouffe. Souviens-toi qu’après une guerre les seuls survivants sont les vieux fous. Car ils sont assez vieux et assez fous pour savoir comment manipuler le monde. Et finalement, ce sont eux qui s’assoient sur les trônes restés vide.

 

Je viens de moi faire moucher en beauté. Il est fort. Très fort. Je dois reconnaître un maître que j’en voie un. Et là, je viens de faire connaissance avec MON maître. J’ai plus qu’une chose à faire. Me faire pardonner.

 

- Je m’excuse de mon comportement immature et irrespectueux.

 

À force de faire le con, mon père m’a fait apprendre la formule de politesse absolue. Un grand sourire illumine le visage de Cruzor. Il se frotte les mains comme un gosse devant une friandise.

 

- Mon petit bouchon. Toi et moi, nous allons faire des étincelles. Entre ma stratégie, ma diplomatie, ta force, et ton pouvoir, nous allons tous les mettre à genoux. Les premiers qui viendront me chercher des poux, je t’enverrai les bouffer tout crus. Et enfin les autres royaumes arrêteront de venir me faire des courbettes ou des déclarations de guerres à répétition. Bon, assez parlé stratégie politique, parlons magie. Plus précisément magie élémentaire. Comme tu possèdes le feu et la glace draconique, je suppose que tu dois être sensible à l’eau et au feu.

 

Ce type est complètement barge! Il passe du coq à l’âne sans prévenir. Tu as intérêt à bien t’accrocher à ce qu’il a dit, autrement, tu es vite largué. Et depuis quand envoyer un dragon manger les fouteurs de troubles, c’est de la diplomatie?

 

- Nous allons faire le rituel élémentaire pour savoir avec quel élément tu es lié. Assis toi en tailleur au centre de l’arène.

 

-Je ne voudrais pas paraître grossière ou rebelle, mais il serait possible que je me rhabille avant ? Il fait pas si chaud que ça et a dernière nouvelle, je ne suis pas strip-teaseuse non plus.

 

-Excuse moi, mon petit chaton. Va t’habiller et prend position juste après je t’attends

 

Je me dirige vers mon sac que j’ai laissé au bord de la piste de combat. Je m’habille, me dirige au centre de l’arène et m’assois. Cruzor commence à tracer des lignes tout autour de moi en adressant une prière aux pères fondateurs.

 

- Je vous sollicite, Pères Fondateurs. Vous qui êtes les éléments à l’origine de la vie. J’amène cette jeune fille à vous afin de trouver sa voie. Aidez-moi à l’illuminer. Éveillez sa magie à son élément.

 

Je m’aperçois qu’il vient de dessiner un pentagramme sur le sable qui recouvre le sol de l’arène. Il sort d’un sac, 4 bols et les dépose sur 4 des extrémités du pentagramme et se place ensuite sur la cinquième.

 

-Père Feu que ta chaleur et ta lumière nous protège.

 

Dans le premier bol que Cruzor a posé, une flamme apparaît.

 

-Père Aire que ta force et ta sagesse nous guide

 

. Dans le deuxième bol une tornade se met à onduler.

 

-Père Eau que ta fraîcheur et ton murmure nous apaise.

 

Le troisième bol se remplit d’eau

 

. -Père terre que ta douceur et ta générosité nous nourrisse.

 

Une jolie fleur pousse et éclos dans le quatrième bol.

 

- Maintenant Alyana, ouvre ton esprit aux Pères Fondateurs, afin qu’ils t’illuminent sur qui sera ton allié.

 

Je ferme les yeux et chasse toute pensée de mon esprit. La méditation, je connais. J’aime me recueillir quelques instants avant un combat. Faire le ménage en moi pour être la plus concentrée possible dans l’arène. Je m’ouvre à tout ce qui m’entoure. Je sens une légère pression derrière moi. Là, où se trouve le bol de feu. Je laisse cette pression me pénétrer. Tout d’un coup, je sens comme un torrent de lave se précipiter dans mes veines. C’est intense. C’est chaud, mais ça ne me brûle pas. Une immense énergie remplit mon corps et une joie indescriptible se répand en moi. J’ai envie d’éclater de rire et de danser. Une autre pression me titille sur ma gauche, l’Air. La pression me traverse. C’est comme si un vent régénérant chassait tout ce qui était négatif. Je me sens renaître. J ‘ éprouvée un bien-être pur et sain. Une troisième pression sur ma droite. La Terre. Mon cœur se met à pulser dans un rythme lent et rigoureux. Je connais ce rythme. C’est celui que tu ressens quand la terre tremble. Celui que tu entends quand tu te trouves dans une grotte profondément enfouie dans le sol. Ce rythme me fait vibrer toute entière. Je me sens en phase avec la faune et la flore qui m’entoure. C’est comme si je devenais une partie de tous les êtres vivants, animaux ou végétaux, qui peuplent notre monde. Une quatrième pression devant moi. L’Eau. Une fraîcheur me caresse la peau et s’étend sur tout mon corps. Comme une pluie d’été. Un murmure me parvient. C’est un doux chuchotement plein de promesse 

 

. -Ce n’est pas encore le moment, Alyana. Mais bientôt, tu sauras tout. Je te promets que la vérité sur qui tu es vraiment, te seras révélée. Mes frères et moi, nous t’aimons tellement. Nous sommes si fiers de toi, mon enfant. Pour le moment, il faut que tu apprennes et chacun de nous t’apportera notre savoir quand tu seras prête. Épanouis toi. Deviens la magnifique femme que nous imaginons. Nos chemins se croiseront très prochainement, ma fille.

 

Le silence se fait. Toutes les sensations provoquées par les éléments disparaissent en même temps. Je me retrouve complètement vidée, mais sereine. C’est comme si, il manquait une pièce d’un puzzle en moi et que je venais de la trouver. Pour la première fois de ma vie, je n’ai pas besoin de mon frère pour me sentir entière. Pour la première fois de ma vie, je suis complet. Enfin!

 

-Alors, Petite? Quel élément s’est présenté à toi?

 

La voix de Cruzor me sort de ma torpeur. Je lui raconte ce qu’il s’est passé dans le pentagramme. Au fur et à mesure de mes explications, je vois son visage s’illuminer. Il ressemble à un gosse à qui on aurait offert le jouet de ses rêves. Je suis sûre d’avoir vu ses moustaches frémir à la fin de mon récit. Je le vois partir dans une gigue endiablée, tout en chantant en continue: « j’ai une championne rien que pour moi. ». Je ne peux m’empêcher de l’interrompre.

 

-Hé, minute paillon. Je peux savoir ce qui vous rend si enthousiaste?

 

-Tu es ce que tout politicien, rêve d’avoir. Une championne. Cela fait très longtemps que je suis le maître de guerre de ce royaume. Et toi, mon petit trésor, tu seras ma remplaçante. Fini les histoires, les je t’aime moi non plus avec les autres royaumes. Plus besoin de lécher les bottes aux alliés ou de botter le cul des méchants. Ton nom sera notre arme ultime. À moi les vacances, je vais pouvoir vivre d’amour et d’eau fraîche avec mon homme.

 

-Sans vouloir briser vos rêves. Vous n’avez pas une école en plus à diriger?

 

-La délégation. N’oublie jamais ce mot. Il faut savoir déléguer pour bien avancer dans la vie. Plus tu fais les choses par toi-même plus tu vieillis. Le poids des responsabilités est un accélérateur de vieillesse. Regarde moi. Je délègue depuis mes débuts et le temps à très peu d’effet sur moi. Au lieu de gérer toute une population d’étudiants incontrôlables, je contrôle que quelques adultes responsables. Tous passionnés et très reconnus dans leurs rôles. Tu es alliée avec les 4 éléments. Ton emploi du temps va être un vrai casse-tête pour ton tuteur.

 

-Ce n’est pas censé être vous?

 

-Délégation, délégation! Il me reste 2 semaines pour trouver un volontaire. Attends!  Nous dirons plutôt 1 semaines. Il lui faut bien une semaine pour te mettre au diapason. En réfléchissant bien, il faut que je t’en trouve un avant ce soir. Je pense que l’adaptation devra se faire en douceur.

 

Je ne sais pas si je dois me sentir insultée ou pas. Mais bon avec ce bonhomme-là, mieux vaut ne pas trop réfléchir.Je risquerai de m’en sortir avec la migraine.

 

-Bon, mon petit bouchon. Nous allons finir la journée maintenant. Je te laisse rejoindre ta chambre. Je vais y porter des livres et des parchemins sur différents sujets. Tu vas pouvoir potasser un peu et prendre de l’avance sur ton enseignement. Nous les dragons, nous avons la chance d’emmagasiner notre savoir. Il nous suffit de lire un livre une fois et il reste jamais gravé dans notre mémoire. Je te souhaite une bonne lecture. Moi pour ma part, j’ai un tuteur à te trouver.

 

Une fois revenue dans ma chambre, je m’allonge sur mon lit. Si je fais le bilan de ma journée, je me rends compte d’une chose. Rien ne sera comme avant. Je viens de découvrir que je suis un dragon aussi puissant que le gardien et que je suis alliée aux 4 éléments. Les paroles de Père Eau me reviennent et tournent en boucle dans ma tête. De quelle vérité pourrait-il bien parler? Et savoir qui je suis vraiment moi laisse perplexe. Je pense bien me connaître. Mais comme je tiens à ma santé mentale, je ne m’attarderai pas sur ces questions perturbantes. Puis, il l’a bien dit. Ce n’est pas le moment. On y réfléchira le moment venu.

 

Beaucoup de choses me passe par la tête. Que penser de mon tuteur directeur. Ce vieux fou avec des goûts vestimentaires qui laissent à désirer, un penchant pour la domination et le pouvoir. Le tout agrémenté d’un coté fleur bleue et paternaliste. Un truc que dit souvent mon père me viens à l’esprit.

« Les amis de mes amis sont mes amis. Les ennemis de mes ennemis sont mes amis. Les amis de mes ennemis sont mes ennemis. Et pour ce qui est des autres,  les gardes bien à l’œil et au moins faut pas, on réagit en conséquence. « 

Je pense que je vais le garder à l’œil. Il y a quelque chose qui n’est pas net chez lui. Je ne sais pas quoi, mais ça me titille. Une autre citation de mon père me revient à la mémoire. Et oui, mon paternel dit beaucoup de choses, souvent pour rien dire. Mais parfois, il dit des truc pas con du tout.

« Un ami puissant, même s’il est très utile, peut se révéler très handicapant. Car quand on est en désaccord avec lui, c’est toujours lui qui aura le dernier mot surtout s’il est plus puissant que toi. Et cela , même s’il est dans l’erreur et toi dans la vérité. Donc cet ami puissant, n’en fait pas ton meilleur ami. Car un jour, il pourrait devenir ton pire ennemi. Laisse le vivre sa vie et toi vie la tienne. De temps en temps, faites vous une bonne bouffe pour resserrer les liens. Mais pas trop. A trop serrer les liens, on fini par les casser.  « 

 

Publié dans : Non classé | le 7 novembre, 2020 |1 Commentaire »

Chapitre 3

 

Chapitre 3

Mérïa

 

 Ce n’est pas parce qu’une sirène, pardon une Marie-morgane, ne peut plus chanter qu’elle ne peut pas t’envoûter.

 

Cinq jours plus tard, je n’ai toujours pas de nouvelles de Cruzor. Par contre, des bouquins et des parchemins, j’en ai eu à la pelle. Je viens de passer cinq jours à me coltiner des pages et des pages de tout et de rien. J’ai eu droit à tous les sujets. L’histoire, la géographie, la philosophie, la théologie, la littérature, les langues vivantes et les mortes, l’histoire de la magie, la divination, l’astronomie, l’astrologie, les sciences, la politique et j ‘en passe. Ce n’est pas parce que j’ai grandi dans une arène que je n’ai pas reçu d’éducation. J’ai eu un précepteur qui m’a appris les deux tiers de ce que j’ai lu ces derniers jours. Mais je dois dire quand même que là, ce que je viens de vivre, c’est du bourrage de crâne. À quoi cela peut-il m ‘être utile de connaître la reproduction des araignées de mer? Sérieux, je ne savais même pas que ces bestioles existaient! J’ai même eu le droit aux étiquettes et traditions des différents peuples du monde. Le genre de choses que je déteste .. C’est mon frère l’héritier. C’est lui, le diplomate qui va de cours en cours faire le beau. Moi le seul contact que j’ai avec les autres peuples, c’est dans mes arènes. Je suis quelqu’un d’associable. C’est simple, j’aime pas les gens. Trop de contrainte à les côtoyer. Les protocoles, les emmerdes et autre balais enfoncé dans le cul, je les laisse avec plaisir au reste de ma famille royale. On va pas se mentir mais y a quand même des truc qui se font dans certaines cours, complètement barge. Imaginez par exemple, dans la cours des lycanthropes, tu ne dois jamais être plus haut que l’alpha. Le roi actuel mesure 1 mètre 55! Tout le monde est obligé de plier les genoux en sa présence. Bon, je l’avoue en imaginant mon père et mon frère qui mesure environ 1 mètre 90, les genoux pliés et la démarche de canard,ça me fait bien rigolé. J’en ris tellement que j’en  tombe de ma chaise, les yeux larmoyant.

Un énorme bruit se fait entendre dans le couloir. C’est comme si un pan de mur venait de s’écrouler. me coupant net dans mon hilarité

 

- Non d’une araignée de mer enragée. Il n’y a personne pour se bouger le popotin et venir m’aider dans cette baraque?

 

Je dois dire que ma curiosité est piquée. Cette voix est vraiment unique. Rauque et légèrement voilée. Comme si son propriétaire avait crié pendant des heures. Mais en même temps elle est pleine de sensualité et de féminité. Je ne parle pas même de ses expressions et de son vocabulaire qui sont très atypiques. J’en ai lu des trucs sur les araignées de mer, mais je ne savais pas qu’elles pouvaient choper la rage. Et le mot Popotin, la dernière fois que j’ai entendu cette expression,  j’avais 5 ans. Faut que je vois ça de plus près. Je me dirige vers la porte et l’entre ouvre doucement. Trois grands coffres ouverts sont imbriqués les uns dans les autres. Des vêtements et des objets non identifiés sont éparpillés partout dans le couloir. Au milieu de ce bordel, se trouve une fille d’environs 1 mètre 70. Elle a les cheveux noirs coupés très court. De grands yeux bleu océan avec un cercle doré qui entoure sa pupille. Une bouche pulpeuse, un teint de porcelaine et elle est toute en courbes. Nos regards se croisent. Son sourcil droit se soulève et un sourire en coins apparaît à la commissure de ses lèvres. J’affiche mon air le plus innocent.

 

-Tu as besoin d’aide?

 

Son sourcil se soulève encore plus.

 

-Non, c’est bon. Ça va. Comme tu vois, je gère au poil.

 

Son ironie me fait sourire. Je saisis la perche qu’elle me tend. Je lève les épaules et commence à fermer doucement ma porte.

 

-Non attends, j’ironisais.

 

-J’avais deviné. Mais avoue que c’était tentant.

 

Je sors de ma chambre et commence à ramasser ce qui se trouve à mes pieds.

 

- Je m’appelle Mérïa.je viens juste d’arriver. A l’origine j’était accompagnée de braves chevaliers qui selon leurs code d’honneur devaient m’apporter soutient et dévotion. Ces chevaliers, les hommes de mon paternel m’ont lâchement abandonné ici. Moi, une princesse fragile et sans défense! En même temps, ce n’est pas la première fois qu’on m’abandonne. j’ai l’habitude de me débrouiller toute seule. Mais quand même. Ce n’est pas comme si, je suis assez balèze pour porter ces trois coffres plein à ras bord toute seule. Nom d’un pirates sanguinaire en abstinence d’hémoglobine, ils ne perdent rien pour attendre.

 

Je la regarde et je ne peux pas m’empêcher de rire. c’est vrais qu’elle n’a rien d’une balèze, mais tout d’une poupée fragile. C’est le genre de fille qui enclenche ton côté protecteur d’un regard. Comme elle le dit si bien, elle a cet air de petite fille sans défense qui ferait craquer n’importe quelle personne possédant un cœur. Comme ces petits chiots ou chatons que tu croises dans la rue et que tu ramènes chez toi, car tu n’as pas pu laisser tout seul face à la mort et à la dure réalité du monde. À la voir comme ça au milieu de ce fouillis, j’ai qu’une envie, c’est l’adopter.

 

.- Et le pire dans tout ça, c’est que cette bande de Méduses desséchées m’ont traité de boulet. Moi! Sois disant que depuis notre départ, je les saoule de mes bavardages futiles. Que je suis indigne de mon rang et blablablabla. Mais, ils ont oublié un truc. C’est qu’un jour, je reviendrai et quand je vais revenir, je vais leur tanner le cuir avec mon fouet! ils ne sont pas gênés pour m’envoyer dans le visage que j’étais qu’une vermine de pirates. Ils veulent du pirates. je vais leurs en faire bouffer du pirates. Et jusqu’à l’indigestion. La prochaine fois qu’ils se tiennent devant moi, je lâche la bête.

 

- Des pirates? je te croyais une princesse? Et le fouet?

 

- J’ai été élevée sur un bateau de pirate. Mon père adoptif adorait son fouet. D’ailleurs, on le surnommait le capitaine fouettard. D’un coup de son joujou, il décapite un homme. Je n’ai pas encore réussi cet exploit, mais je fais pas mal de dégât avec.

 

C’est à ce moment-là, que je vois le fouet accroché à sa taille. On pourrait croire qu’il s’agit d’une banale ceinture. Mais en y faisant plus attention, j ‘aperçois la poignée en cuir tombée dans les plis de sa jupe. Les apparences peuvent être trompeuses. Et je pense que cette fille joue le jeu à fond.

 

- Où on met tout ça?

 

-Dans ma chambre.

 

-C’est là quelle.

 

Elle hausse les épaules. Puis, elle se dirige vers la porte à côté de la mienne. Elle l’ouvre et regarde à l’intérieur. Elle me sourit satisfaite.

 

- Celle-là!

 

Une fois tout rangé, nous nous vautrons sur son lit complètement crevées. Faut dire qu’elle possède un sacret paquet de fringues et autres trucs de fille. Les trois quarts sont restés dans ses coffres. L’armoire était trop petite pour tout contenir.

 

-Alors, mademoiselle la mystérieuse? Vas-tu enfin me donner ton nom? Çà éviterait que je te trouve un surnom. Truc ou machin, c’est sympa, mais cela ne te vas pas.

 

- Je m’appelle Alyana.

-C’est pas mal. Et dis moi Alyana. C’est quoi ta vie ? Tu viens d’où? Tu fais quoi de ta personne? Tu as des passions, des objectifs pour l’avenir. Encore mieux, une histoire d’amour croustillante à raconter? Et pour répondre à ta question, non, je ne suis pas curieuse. J’ai juste besoin de cerner le personnage. Si on doit devenir les meilleures amies du monde, il faut que je connaisse les bases.

 

Putain, cette fille est un vrai moulin à paroles.

 

- Bon, ok ! Alors, je suis la princesse Alyana Dedaharko. Fille du roi et de la reine des dragons de feux. J’ai 21 ans et un frère jumeau moins bien que moi. Je suis maître des arènes du Sud et de l’arène sanglante qui n’est pas une légende. J’ai atterri dans cette école parce que… Parce que… Je ne sais pas pourquoi j’ai atterri ici. Enfin, selon la haute autorité parentale, je suis ici pour mon bien. Et comme je suis une gentille fille, j’obéis. Même si, selon moi, ils m’on lâchement abandonnée. Je me transforme en un beau gros dragon qui crache du feu ou de la glace. Je suis alliée avec 4 éléments. Mais le pire dans tout ça, c’est que la magie, je m’en balance, car ce n’est pas ça qui va me permettre de rester vivante dans une arène vue que la magie ne marche pas dedans. J’attends simplement que ceux qui me servent de géniteurs se rendent compte de leur conneries et revienne en courant me ramener cher moi. Et pour toi, t’es là de ton plein gré? Tu as l’air d’avoir le même âge que moi et aussi enthousiaste.

 

-J’ai 21 ans aussi et je suis bien contente d’être ici. mais attention juste parce que je suis loin de chez mon père biologique. Pour ce qui est de reprendre l’école, je suis pareil que toi. Pour moi, la question de la famille va être un peu compliquée. Donc, je suis princesse du royaume de corail, fille du roi Nérémos et de Calips grande prêtresse des sorcières des mers. Enlevée pour raison politique et abandonnée par lâcheté. J’ai été recueilli par un jeune pirate qui deviendra plus tard le capitaine fouettard. J’ai retrouvé ma mère à mes 16 ans en lui vendant mon chant. Puis j’ai intégré le royaume de corail à mes 18 ans aux grandes dames de la cours. Faut dire que j’ai grandi avec des brigands et des putains qui m’on enseignés l’art et la manière de bien me comporter en société. Enfin la société des bas fonds. Pour couronner le tout, je ne peux plus chanter et je suis végétarienne. Et dans le monde pédant et arriéré du monde marin, je fais tache. Ce qui fait qu’ à mes 21 ans quand la magie s’est manifestée en moi mon père m’a envoyé ici pour réparer les dégâts que mes idées jugées révolutionnaires et anarchiques ont causé. Enfin bref, il a choisi l’option de planquer loin de lui la source de ses problèmes.

 

-Alors t’es une sirène qui ne mange pas de viande, qui ne chante pas et qui en plus s’intéresse à la politique ?

 

-Je ne suis pas une sirène. Je suis une Marie-morgane. Les sirènes sont nos cousines, des folles furieuses avec un corps d’oiseau et une tête de femme. Moi, j’ai une queue de poisson à la place des jambes. Les sirènes ne chantent pas elle commandent aux vents et aux courants. Nous, nous chantons et commandons aux hommes. Que je t’explique. Quand une Marie-morgane devient mature, elle part à la recherche de son compagnon. Elle va d’abord chanter sous les océans. Si aucune créature ne lui convient, elle s’en va vers la surface. Une fois à la surface, elle trouve un groupe de sirènes qui l’a prend sous sa protection. La Marie-morgane devient leur appât pour la pêche. Les folles furieuses demandent au vent et aux courants de trouver un bateau et de le ramener vers leurs récifs. La Marie-morgane chante pour que les marins engagent leur bateau vers les rochers. Boum! le bateau s’éventre et coule. La chanteuse plonge à la rencontre des hommes, cherche si son compagnon s’y trouve. Si elle le trouve, elle le sauve et ils vécurent heureux et tout le tintouin. Si elle ne le trouve pas, elle les dirige vers les cousines et elles font un joli festin.

 

-Sympas les cousinades chez vous ! T’as vendu ton chant pourquoi ? Je suppose qu’il devait bien te servir !

 

-C’est sûre ! Une petite chanson et tout l’équipage de mon père marchait au pas ! J’ai vendu mon chant à cause d’un gars. Terrien, beau brun aux yeux bleus. Moi, j’étais devenu mi-humain mi-poisson sans possibilité de retrouver mes jambes. Donc comme j’étais follement amoureuse, j’ai vendu mon chant pour retrouver mes jambes. Hélas, trop tard quand je suis arrivée sur la terre ferme, il en épousait une autre.

 

-Putain,c’est vrai ?

 

-Non. Je suis une sorcière des mers donc je peux devenir complètement humaine si je le désire. J’ai vendu mon chant pour une vengeance. Et je ne regrette en rien. J’ai savouré ma vengeance et je la savoure encore.

 

Le son d’une cloche nous surprend. Mérïa et moi, nous nous regardons sans comprendre ce qui se passe. Nous nous levons et sortons de la chambre. Plusieurs personnes se trouvent dans le couloir. Ils sortent d’où d’ailleurs ceux-là. De nouveaux élèves, je pense. Merde, tellement accaparées à ranger son bordel, j’ai n’avait même pas remarqué que d’autres étudiants avait emménagé dans les autres chambres. Nous les suivons en direction de l’escalier. Arrivée dans le hall, je me rends compte qu’il y a déjà beaucoup de monde. Devant l’entrée principale, se tient Cruzor entouré de 3 hommes et 3 femmes.

 

- Jeunes gens. Bienvenue à l’école de magie. Tout au long de cette semaine, de nouveaux élèves viendront compléter vos rangs. Ce seront des élèves de deuxième et troisième année. Pour le moment, je vous présente les responsables d’étages. Madame Fartowel et Monsieur Henkisd pour le premier étage. Madame Koskovash et Monsieur Chatzil pour le deuxième. Et pour le troisième Madame Roullier et Monsieur Franche. Si vous avez un problème ou des questions, c’est à eux qu’il faudra vous adresser. Mais la réciproque est vraie si eux ont un problème, ils viendront vous voir. Et pour les petits malins, rebelles et autres allergiques des règles et amoureux des interdits, ils sont tous des porteurs. Donc même quand ils dorment, ou sont occupés ailleurs, ils ont toujours un œil sur vous.

 

Mérïa me donne un coup de coude dans les côtes. 

 

-c’est quoi un porteur ?

 

Heureusement que j’avais passé 5 jours le nez dans les bouquins et parchemins. Toutes les créatures qui peuplaient le Monde n’avaient plus de secrets pour moi.

 

-les porteurs sont des hommes ou des femmes qui se sont portés volontaires pour devenir l’ancre d’un esprit. Plus précisément, ils ont postulé pour ça. L’école de magie est composée d’un conseil suprême de 7 magiciens. Les 7 suprêmes sont les fondateurs de l’école. À leurs morts, Danalahia leur a proposé de ne pas franchir le passage vers l’autre monde, de rester en forme d’esprit et de continuer à enseigner aux élèves et conseiller les futurs directeurs. Mais pour cela, ils seront liés à un homme ou une femme et à la mort de ceux-ci, ils devront les remplacer et ainsi de suite. Les postulants porteurs qui sont choisis sont pris en charge par l’école ainsi que leur famille et leur descendance. Ce qui au fils des siècles a donné naissance au royaume des mages. Car les porteurs et leur famille ne peuvent quitter le royaume sauf cas exceptionnels.

 

Mérïa me regarde avec des yeux exorbités.

 

-Tu veux dire que nos enseignants sont des esprits ? Des gens qui sont mort pour de vrai? Du genre qui n’ont pas de corps et qui sont mort ? Je veux dire mort de chez mort. Plus mort qu’eux, tu meurs? Nom d’une Baleine carnivore, c’est quoi cette école? Je te jure que si je meurs de peur, je viens hanter moi aussi se bahut.

 

Un raclement de gorge attire mon intention. Cruzor nous regarde en fronçant les sourcils.

 

 

-Pour les élèves avec des titres de noblesse, situation sociale importante, intelligence sur développée, pouvoir démesuré, etc, etc, etc. Sachez qu’ici, tout cela passe aux oubliettes. L’étage qui vous a été affecté, c’est fait par tirage au sort. Vous porterez les uniformes fournis par l’école. Si pour des raisons morphologiques, nous n’en possédons pas à votre taille, le tissu vous sera fourni. Vous choisirez ensuite votre tailleur. En sachant que l’école possède son propre tailleur et que ses services vous sont offert. Vous deviendrez soit des apprentis, des affiliés ou des postulants. Vous serez traités en égales. Chacun d’entre vous aura un tuteur. Et là encore, il y aura un tirage au sort pour cette attribution. Sauf pour quelques-uns d’entre vous dont les pouvoirs spécifiques demandent un tuteur spécifique. Les heures du levé, du repas et du coucher seront signalées par le son de la cloche que vous venez d’entendre. Pour ce qui est du règlement et autres directives de l’école, tout vous sera donné par vos tuteurs. L’heure du repas à sonné, je vous laisse rejoindre le réfectoire et vous souhaite un bon appétit et une bonne soirée.

 

Cruzor me jette un dernier regard, me fait un léger signe de tête et franchit la porte menant à l’extérieur. Je ne savais même pas qu’il y avait un réfectoire. Jusqu’ici, j’avais pris mes repas dans ma chambre. Il doit y avoir des anciens élèves dans le groupe. Car un petit groupe se dirige vers la porte de gauche suivis pas l’ensemble du troupeau. Une fois la porte franchie, nous nous retrouvons dans un grand couloir éclairé par des torches. Entre celles-ci, sont exposées différentes armes et armures. Il y a même une armure de dragon accrochée au plafond. Certaines armes exposées m’interpellent. Je suis incapable de comprendre à quoi elles peuvent bien servir. Comme cette baguette en bois qui si je ne me trompe est faite de sureau. Alors là, même mon imagination très fertile sèche devant ce mystère. Arrivé au fond du couloir, le groupe franchit une porte sur la gauche. Nous voilà, dans une pièce longue de plusieurs mètres. Elle est composée d’une cinquantaine de tables carrés entourées de bancs. De grandes tapisseries ornent les murs. Des immenses chandeliers éclairent vivement la salle. Au centre, une table, remplie de victuailles, attend que l’on se serve. Mérïa et moi attirées par l’odeur alléchante, nous nous dirigions vers la table centrale. Nous nous servons copieusement et nous asseyons à une table vide. Nous mangeons dans un silence absolu. Complètement absorbées par les explosions de saveur et les délicieux parfums de notre festin. Aux noms des dieux tout-puissants que c’est bon. Il serait mal venue de gâcher ce pur moment de jouissance gustatif par des bavardages futiles. Soudain, un plateau se dépose devant moi. 

 

-Salut, folle furieuse.

 

Je lève les yeux vers celui qui ose interrompre mon repas. Un cri de surprise et de joie s’échappe aux plus profond de mon être.

 

-Phénix ! Merde qu’est ce que tu fous là ?

 

- Bas comme toi, je mange.

 

 

-Te fous pas de ma gueule et accouche.

 

Il est toujours aussi beau. Grand et altier. Des traits harmonieux et fins. Il est un concentré de souplesse et de sensualité. Sa peau couleur vanille ressemble à du velours sous la lumière des bougies. Ses yeux bridés aux iris rouges flamboient doucement. Ses longs cheveux de feux lui descendent jusqu’à la taille. Il est magnifique, du genre tout feu tout flamme. Il est mon frère de sang. Pas dans le terme que l’on pourrait employer pour la fratrie issue du même sang parentale. Non, c’est celui utilisé lors des guerres et des combats. Nous parlons ici du sang que nous avons versé et fait versé face à l’ennemie. Nous avions combattu ensemble lors des deux dernières saisons dans l’arène de sang. C’est dans ce liquide vermillon que nous avons scellé notre amitié et juré, au nom du Combattant, dieu vénéré des arènes, notre fidélité. Il est mort par deux fois pour moi. Je donnerais ma vie pour lui. Même si pour lui, c’est moins définitif que pour moi. C’est un phénix. Il renaît de ses cendres. Quand il meurt, pfiou ! Il devient une torche humaine puis un tas de cendres. Ensuite, le tas de cendres devient brasier et quand le brasier s’éteint revoilà Phénix dans toute sa splendeur. Mais attention. Cela ne veut pas dire qu’il est immortel. On peut tuer un phénix. C’est très simple. Il faut trouver l’instant de vulnérabilité. Au moment de sa résurrection, le phénix est mortel. Faut juste savoir quand. Simple dans la théorie. Après, dans la pratique, c’est une autre histoire.

 

-J’ai développé la magie du feu après ma première mort. À chaque résurrection, elle s’intensifie. Depuis que je te connais, je suis mort 5 fois. Deux fois dans l’arène, une fois en tombant d’un toit, j’ai été foudroyé et mon bateau a été attaqué par un léviathan. Mais le hic, c’est que je ne maîtrise pas cette foutue magie. J’ai par deux fois incendié mon village en éternuant. J’ai réveillé un volcan la dernière fois que je me suis bourré la gueule. Et vu mes prédispositions à mourir, les anciens, m’ont envoyé ici. Donc me voilà. Et je suis ravi de te voir là. Ça promet beaucoup d’aventures.

 

-Comment ça, beaucoup d’aventures ?

 

- t’es ma folle furieuse. Avec toi, rien ne se passe calmement. Tu as un don pour foutre le bordel. Encore plus chaotique que notre bonne vieille Siré, déesse du chaos. Tu me présentes ta copine ?

 

Mérïa qui jusqu’ici était plus passionnée par ce qu’il y avait dans son assiette que par notre conversation, lève les yeux vers nous. C’est la bouche pleine qu’elle s’essuie une main sur sa jupe et la tend à Phénix.

 

-MMMuch agbwouété mmwewia agrrobon.

 

-Elle vient de dire quoi là ?

 

-Salut, Mérïa enchanté. Désolé, mais c’est top bon. Et si tu le permets, j’aimerais manger tant que c’est chaud. 

 

-Sérieux, tu comprends ce qu’elle vient de dire ?

 

Je le regarde la bouche pleine moi aussi. Ba quoi, c’est le langage universel des gloutons. Tous les amateurs de bonne chair le comprennent. C’est vrais quoi entre goinfre, on se comprend.

 

-Mwouarg   

 

-Hein ?

 

-Elle a dit oui.

 

Mon amie qui vient juste de finir son plat le regarde en rigolant.

 

-Toi tu n’es pas du genre à t’empiffrer comme un goret quand t’es à table ! je parie que tu es du genre à utiliser une fourchette, un couteau et une petite cuillère.

 

Je m’arrête net et regarde mes mains. Une cuisse de poulet dans l’une et un morceau de pain beurré avec du saucisson dessus dans l’autre. Pas de fourchette, ni couteau. Je suis un goret ! Mais attention un goret qui mange de la super bonne bouffe, et qui prend son pied de façon phénoménale. Vive le goret !

 

-Oui ma petite dame, j’utilise des couverts. C’est plus hygiénique, plus distingué et plus civilisé.

 

Mérïa le regarde avec dans les yeux un petit air de « tu vas voir ce que tu vas voir ».

 

-Chéri, je me suis lavée les mains avant de venir à table. Et mes doigts, je ne les laisse pas traîner n’import ou. Après, ce n’est pas de ma faute si les tiens se baladent dans des endroits pas du tout hygiénique et que tu en fait une généralité. Et puis tes couverts ? Ils viennent d’où et ont traînés où ? Mois mes doigts, je sais d’où ils viennent. Pour ce qui est du distingué et du civilisé, je préfère faire parti des goinfres sans chichi que des « j’ai un balai coincé dans l’arrière-train ». Car très cher, ce qui compte ce n’est pas l’image que les autres ont de toi, mais l’image que tu as de toi. Et mon image de moi mangeant avec les mains, je la kiffe un max.

 

Putain, j’adore cette fille.

 

-Sois bénie copine, je nous kiffe et vive les gorets libres !

 

À ces mots, le sourcil droit de mon amie se soulève.

 

-Goret libre ?

 

-Ne cherche pas, un tripe que je me suis fait toute seule.

 

Un second sourcil se lève. Oh ! La vache. Ses sourcils sont indépendants. J’ai toujours rêvé d’avoir des sourcils qui se soulèvent indépendamment l’un de l’autre. Cette nana est parfaite. Sérieux le jour où je change de bord, je l’épouse directe. C’est la femme de ma vie.

 

-J’ai appris pour ton dernier combat. Miss Chaos a encore frappé. Tu peux m’expliquer comment, dans un lieu ou la magie est bannie, tu as fait pour te métamorphoser ? Et tu n’étais pas latente à l’origine ? Tu as vraiment réduit en cendres l’arène ? Tu craches vraiment du feu et de la glace ? Des tas d’histoires circulent sur ce qu’il s’est passé. Mais putain, tu peux me dire comment, toi Alyana, championne de je ne sais plus combien d’arènes, est pu te faire embrocher par un stupide orc ? J’en ai entendu des vertes et des pas mûres. On raconte que le ciel s’est ouvert et que Thaus, dieu protecteur des dragons, fou de rage a explosé l’arène. J’ai entendu aussi que le Gardien est venu te ressusciter et te venger. Franchement toutes ses conneries, je suis prêt à les croire. Mais que ce fumier t’a transformé en brochette, j’ai du mal à comprendre.

 

 Sous se feu de question je me sens honteuse et je baisse la tête pour me cacher derrière mes cheveux. Je n’arrive pas à le comprendre moi non plus. Enfin si, je sais ce qu’il s’est passé. Mais je ne veux pas me l’avouer.

 

-Fous moi la paix. Je m’en mords encore les doigts. Putain, tu crois que me retrouver ici, ce n’est pas assez payé pour cette faute ? Phénix, si tu m’aimes un tout petit peu, soit gentil et laisse courir.

 

-Tu rigoles ? Que je laisse courir alors que depuis le début, je t’avais prévenu que ça allait arriver. Au contraire, je vais même enfoncer le clou. Et j’espère que tout ça entrera dans ta petite tête de dragon bornée. Alors, écoute moi bien, Princesse. La vanité et la trop grande confiance en soi sont nos pires ennemies.

 

-Ta gueule.

 

Vexée, je lui envoie une petite tape derrière la tête. Il a raison (encore une fois) et ça m’énerve. Mérïa nous observe avec intérêt.

 

-j’hésite entre deux solutions : soit vous avez côtoyé la mort ensemble dans une expérience très douloureuse, soit vous avez eu une relation intime. Je n’arrive pas à savoir

 

-Relation intime ?

 

Phénix explose de rire.

 

-Ce sont les vieux qui utilisent cette expression ou les prudes. On dit coucher, baiser, faire la bête à deux dos,s’envoyer en l’aire,nourrir la bouche sans dents, piner, niquer, récurer la marmite, tringler ou le plus classique faire l’amour.

 

Je ne pouvais pas laisser passer sans y ajouter mon grain de sel.

 

-Attends j’en ai d’autre, la chevauchée fantastique, jouer à touche pipi, faire une sieste crapuleuse, forniquer, tremper le biscuit, coïter,…

 

 

-Bourriquer,  passer à la casserole, mettre papa dans maman ou ramoner la cheminée.

 

-Celle-là, je ne l’aime pas, c’est un peu vulgaire, c’est comme tirer son coup, ça fait un peu je m’amuse tout seul. Bon au plus court il y a tringler, sauter, grimper aux rideaux…

 

-Waou, mine de rien, on pourrait passer la nuit à trouver toutes les façons dire qu’on a copulé.

 

-Vous n’avez pas bientôt fini avec vos ignominies !

 

Rouge comme une tomate, Mérïa nous adressait le plus destructeur des regards qui tue. Et ba, sacré bordel de merde. Elle envoyait du lourd.

 

 

-Ignominies ! Quel bien grand mot. Mais dis moi ma jolie aurais tu un problème avec le sexe ?

 

 

Phénix dans toute sa splendeur vient de revêtir son costume d’emmerdeur de première. Celui qui dit : oh la belle perche que tu viens de me tendre. Je m’en saisis avec bonheur et avec, je vais aller chercher la petite bête. J’ai hâte de voir ça !

 

 

-Je n’ai pas de problème avec ces choses-là. C’est juste qu’au niveau lexical, je trouve que les mots utilisés pour décrire l’acte et les attributs sexuels ne se font pas dans la finesse. Ce n’est pas joli.

 

-Les attributs sexuels ?

 

Alors là ! Elle m’a soufflée. Phénix se penche vers elle.

 

-Quand même mademoiselle la prude. Il y a de jolis mots pour désigner les attributs. Pénis, bite, la queue, la quéquette, la pine, la zigounette., le service trois pièces, le grand chauve,Popol, le Z,le zob, teub,le poireau et le dard.

 

Je me penche aussi vers elle et j’enchaîne.

 

 

-La foufoune, la minette, le minou, l’abricot, la rose, la moule, le barbu, le gazon, le con, la zezette, la terre promise, le fourreau, le mont fendu et le plus minon la parenthèse d’amour.

 

De rouge tomate, elle était passée au rouge piment bien mure.

 

-Ça suffit, maintenant. Vous n’allez pas passer votre soirée a énuméré les mille et une façon de nommer cela. Et sachez, que je leur donne un prénom. C’est beaucoup plus poétique.

 

-Un prénom ?

 

C’est d’une voix chevrotante que Phénix sort ces deux mots. Je crois bien qu’il va se mettre à pleurer de rire. Je vois les larmes remplir ses yeux. Il se mord les lèvres et les veines de son cou ressortent. Je dois avouer que je ne suis pas dans un meilleur état que lui. Je serre les jambes très fort, car je suis quasiment sure que si je rie encore plus, je vais me faire pipi dessus.

 

-Oui, un prénom. Celui de mon dernier amant s’appelait Roger.

 

Je suis intriguée.

 

-Roger? 

 

- Ça lui allait très bien. Cela sonne comme un rocher. Dure, solide à l’épreuve de temps et des tempêtes. C’est un prénom très viril. Tu te dis que tu peu t’appuyer sur lui sans qu’il ploie sous l’effort. Pour mon premier, je lui avais donné le nom d’Arthur. Très royal et droit. Prénom d’un haut gradé des armées ou d’un roi de légende. Toujours au garde-à-vous à n’importe quel moment de la journée ou de la nuit. Prévenant un jour sauvage un autre.

 

-Merde, elle n’a pas prononcé un seul mot sexuel et elle me file quand même la trique.

 

 

Phenix la regarde la bouche et les yeux grand ouvert. 

 

 

-Tout est dans la finesse. Le sous-entendue, la poésie des mots et le ton employé.

 

-Ba en tout cas pour le mien, va falloir que tu pioches dans le prénom divins.

 

-Pour toi, j’ai un prénom précis. Riki !

 

-Riki ?

 

-Oui, c’est le diminutif de riquiqui. Car comme dit le proverbe : Moitié souvent faut ôter, de tout ce qu’on ose se vanter.

 

Elle vient de le bouffer tout crue. Cette femme est plus que la femme de ma vie, c’est mon âme sœur. Pour une Marie Morgan qui ne mange pas de chair humaine, elle s’est fait notre homme en une bouché. Qui croyait prendre a été pris en toute beauté. Je ris à gorge déployée tout en priant les dieux pour que ma vessie tienne encore un peu.

 

-Pour ce qui est de ma question, j’ai la réponse. Si vous aviez été amant Alyana y aurait ajouté son opinion quant à la chose.

 

-J’aime bien Riki, moi.

 

-Ne parle pas de chose que tu ne connais pas.

 

Mais se pourrait-il que monsieur boude.

 

-Et puis, ce n’est pas toi qui disais, il n’y a pas si longtemps, que la vanité et la trop grande confiance en sois sont…

 

-T’as gueule.

 

Nous nous regardons tous les trois et explosions de rire à l’unisson. Je pense que je peux affirmer qu’ une grande amitié vient de naître .Le son d’une cloche retentis. Les responsables d’étages s’avancent dans le réfectoire et nous demande de regagner nos chambres. Les prochaines cloches seront pour l’extinction des feux.  

 

-Nom d’une corne de brume ! Ils nous prennent pour un troupeau de bétail qui se couche et se lève en même temps que le soleil ? Je suis ni une vache et ni une poule. Hors de question que je me couche au crépuscule. Je suis un oiseau de la nuit ! Enfin, un poisson de la nuit.

 

 

-je ne voudrais pas jouer le poisson de mauvais augures. Mais cela fait un petit bout de temps que je suis ici. Et la nuit, il n’y a rien à faire ici. La seule chose que tu trouves, c’est le silence, le noir, le silence et rien.

 

 

-Ma chérie, il était grand temps que j’arrive. Allez viens, nous allons célébrer notre première nuit des secrets.

 

Ma nouvelle meilleure amie se lève et m’attrape la main. Elle m’extirpe de la table. Puis bras dessus bras dessous, nous nous dirigeons vers la sortie.

 

-Hey les filles ! Et moi, je fais quoi ?

 

Debout derrière nous, notre acolyte nous regarde avec un air de petit garçon malheureux. Il me faisait vraiment de la peine. C’est à ce moment-là qu’un groupe de garçon l’interpelle et lui demande de se joindre à eux. Et comme si on n’existait pas, le pauvre petit garçon abandonné se retourne et cours vers eux sans un regard ni un signe d’au revoir. Quel ingrat !

Arrivées devant la porte de ma chambre. Mérïa m’annonce qu’elle me rejoindra après le couvre-feu et que pour le moment nous devions nous préparer pour la nuit. Un battement de cils plus tard, elle frappe à ma porte.

 

-C’est où qu’on se lave ici ?

 

-Suivez le guide.

 

Je l’emmène à l’étage situé au-dessus du réfectoire. C’est un long couloir composé de plusieurs porte. Derrière chaque porte, se trouve une pièce contenant une baignoire et un lavabo. Et oui, l’école était à la pointe de la technologie et possédait l’eau courante. Ne me demander pas comment cela est il possible, j’ai rien compris au manuel de plomberie que j’ai lue lors de ma semaine d’étude intensive. Il y a aussi une coiffeuse, une grande psyché et un fauteuil. Le petit plus, c’est que chaque pièce et d’une couleur différente. Moi, j’ai choisi la violette. Ses murs sont d’un violet assez sombre avec des arabesques en or. La baignoire et le lavabo sont dorés. Le fauteuil et la psyché sont d’un violet plus clair. Mérïa, a jeté son dévolu sur une salle bleu turquoise. Dans le même principe que la mienne, les murs sont bleus avec des arabesques blanches. La baignoire et le lavabo sont blancs. La psyché et le fauteuil sont d’un bleu plus clair.

 

-Tu crois que les salles de bain sont attitrées où il faut qu’ on les partage ?

 

 

Je ne m’étais jamais posé la question. Et en y réfléchissant bien, cela me faisais chier de partager. La porte derrière nous s’ouvre. Une fille en sort. Elle est magnifique. Grande et svelte. De longs cheveux descendent souplement jusqu’à sa taille. Ils sont d’un blond claire et lumineux comme un rayon de soleil. Son teint de pêche ne révèle aucune imperfection. Des yeux gris en amande, un nez fin et des lèvres pulpeuse. D’un geste fort gracieux, elle rejette ses cheveux derrière elle. Des oreilles pointues ! Merde, une elfe. Et remerde, car une elfe blonde veut forcement dire une elfe lumineuse ! Et disons qu’ils ne m’aiment pas beaucoup. À dernière nouvelle, je ne correspondais pas aux critères de sélection dans la catégorie personne fréquentable. Elle s’avance vers nous et d’un air dédaigneux nous toise de toute sa magnificence. Satané elfes de mes deux qui ne peuvent s’empêcher de péter plus haut que leur cul.

 

-Vous cherchez quelque chose ?

 

Mérïa lui adresse un grand sourire.

 

-Nous voulions juste savoir si les salles de bain étaient privatives.

 

 

L’horripilante et sublime créature qui se trouve devant nous affiche le plus grand des mépris en nous regardant.

 

-Il y a une clé sur chaque serrure, à l’intérieur. Vous la prenez et cette pièce devient votre. Dans vos chambres sur le bureau, vous avez des petit tableaux en bois. Vous y inscrivez vos noms dessus. Vous en accrochez un sur le crochet fixé à la porte de votre chambre et l’autre au crochet de la porte de la salle de bain que vous avez choisie. Mon amie s’approche d’elle et pose sa main sur son bras.

 

-Merci pour ton aide. C’est gentil de ta part.

 

L’elfe se dégage d’un mouvement.

 

-ce n’est pas gentil. Mais entant que postulante, il est de mon devoir d’aider les apprentis. À l’avenir, soyez plus observatrices et perspicaces. Vous éviterez à d’autres de perdre leur temps.

Sur ces dernières paroles, elle se retourne, fermer sa porte et sans nous jeter un regard, s’en va. Caliawen est le prénom marqué sur sa porte. Cela veut dire la lumineuse ! Pf, tu parles d’un prénom. La lumineuse, mais bien sure. Comme si elle a besoin de ça pour se prendre pour le centre du monde. Pétasse.

-Celle-là, un jour, je vais me la farcir. Elle ne va pas me voir arrivé. Mais elle va me sentir. Oh que oui ! Et bien comme il faut. Fois de Marie Morgane. Sur mon cœur de pirate, j’en fait le serment.

 

 

 

En disant ces mots, son visage s’est transformé. Une autre femme se trouve devant moi. Plus sombre, plus dangereuse et sanguinaire. Effacer la poupée fragile et prude. Ses yeux ont pris la couleur d’un océan tempétueux. Ses lèvres ne forment plus qu’une mince ligne. Les traits de son visage sont durs et son expression féroce. Elle me fait penser à ces pirates sanguinaires qui règnent sur les océans. On les appelle les assassins des mers. Ce sont des mercenaires souvent embauchés par des puissants peux scrupuleux, pour s’enrichir ou liquider des gênants. Sur l’océan, il n’y a jamais de survivant, jamais de témoin pour raconter. Seuls les cadavres que l’on repêchent ou qui s’échouent sur le rivage avec les épaves et les débris trouvé montrent la violence des abordages. Oui, elle cache bien son jeu. C’est bien une Marie morgane. Ce n’est pas avec sa voix qu’elle te charme, mais avec ses airs de sainte ni-touche gentil et bonne vivante. Mais derrière ses petits airs de femme sans défense se cache un redoutable prédateur qui une fois pris sous son charme te dévorera sauvagement.

 

-Tu sais que là, t’es super flippante. Mais ce n’est pas grave, je te garde quand même. Puis sache que si tu as besoin d’aide pour te la faire, je peu trouver une pelle et te servir d’alibi. Tu me dis où et quand, et j’arrange tout.

 

-T’es trop gentille. Rien que pour ça, je te déclare officiellement meilleure amie du monde. Aller, on se rentre. On se met en tenue de nuit et à l’extinction des feux, c’est partie pour la nuit des secrets.

 

La nuit des secrets n’a jamais eu lieu. Une fois installée sur mon lit pour l’attendre, je suis tombée dans les profondeurs du monde des rêves. Je pense que ma nouvelle, non ma première meilleure amie, a dû être surprise par le sommeil comme moi. Elle n’est pas venue me réveiller.

 

Publié dans : Non classé | le 6 novembre, 2020 |Pas de Commentaires »

Chapitre 4

Chapitre 4

vengeance

Méfiez-vous des épées qui dorment, les apparences peuvent être trompeuses!

 

Le lendemain, je retrouve Mérïa au réfectoire. Elle m’avoue être tombée comme une masse sur son lit. Nous attendons tranquillement Phénix, quand madame Fartouel se présente devant nous. Elle donne à chacune d’entre nous un parchemin. Curieuses, nous ouvrons et lisons notre message. Le mien est de Cruzor. Il m’informe qu’après mon repas, je dois me rendre immédiatement à l’arène noire pour y rencontrer mon tuteur de remplacement. Celui de mon amie, lui donne rendez-vous à l’atelier afin d’y rencontrer le tailleur pour que lui soit confectionné ses uniformes. Ni une ni deux, et tant pis pour Phénix, nous finissons notre petit-déjeuner et partons pour nos rencards. Me voilà plantée dans l’arène noire. Grand édifice ovale fait de granite noir. Comme toutes les arènes, ses murs sont constitués de trois étages d’arches et d’un quatrième complètement muré avec des petites alcôves où y sont exposées les statues des dieux. À l’intérieur, des gradins en pierre font quasiment le tour de l’arène sur trois étages. Sauf à l’extrémité nord ou se trouve les loges des hauts seigneurs. Il y a trois étages de loges. Le premier pour les hauts seigneurs de guerre. Le deuxième pour les maîtres magiciens et le troisième étage, la loge la plus luxueuse avec tentures, méridiennes, et tout le tralala pour les têtes couronnées.Comme mon rancard est en retard et que poireauter tranquillement n’est pas mon passe-temps préféré, je décide de faire quelques exercices. Depuis mon petit accident, je n’ai rien fait. Aucun entraînements, pas même une petite marche rapide pour aller d’un endroit à un autre. Je suis devenu une vraie feignasse. Bon en même temps, vu la cicatrice que je me coltine à l’abdomen faire des abdos n’était pas d’actualité. Mais maintenant mon corps est bien remis, je vais pouvoir rattraper le temps perdu. Cela va me permettre de savoir si j’ai des séquelles physiques et si je me suis ramollie pendant ces semaines inactives. Je commence par des échauffements de base et sacré bon sang que ça pique. Oulalala, je suis complètement rouillée. Mais le point positif, c’est que je n’ai aucune lésion grave ou définitive. J’ai récupéré à 100%. Enfin, on va dire 90%, je serais opérationnelle à fond après quelques jours d’entraînement intensif. Va falloir que j’en parle au directeur.

 

 

 

-Alyana, mon petit chaton. Je vois que tu reprends ton entraînement, c’est bien. Mais ne force pas trop. Il serait dommage d’abîmer ton corps en voulant aller trop vite.

 

 

 

Je sursaute en entendant sa voix. Complètement absorbée dans mes exercices, je ne l’ai pas entendu arriver. En sueur et essoufflée, je me retourne. Je marque un temps d’arrêt. Un homme se tient près de lui. Et merde ! Par pitié. Si quelqu’un m’aime chez les divins faite que se soit un cauchemar. Mais quelle poisse. Je ferme les yeux et compte jusqu’à trois. Je vais ouvrir les yeux, et me retrouver dans ma chambre au petit matin et me rendre compte que je viens de faire un très mauvais rêve. Je me mords l’intérieur de la joue. La douleur me persuade que je suis bien réveillée et lorsque j’ouvre les yeux, je suis toujours dans l’arène noire et il y a toujours Cruzor et l’autre devant moi. Fait chier ! Monsieur sexy connard en personne. Il me toise de tout son 1 mètre 90. Il aborde un air renfrogné et méprisant. Pas content de me voir ? Et ba, comme ça, on est deux, tête de nœud. Qu’est-ce qu’il fout là ?

 

 

 

-Je te présente le prince Aradan du peuple des elfes noirs. Il sera ton tuteur pour l’année. J’ai eu du mal à le convaincre. Mais après de grandes négociations, il a fini par accepter. Je crois que je n’ai pas besoin de faire des présentations officielles, puisque notre cher prince m’a raconté que vous vous étiez déjà croisé. Alors, je vous laisse faire plus ample connaissance. Ah oui, j’oubliais, il va t’évaluer pour savoir quel est ton niveau au combat et ce que tu gères en magie élémentale. Selon tes résultats, il mettra en place ton planning pour la rentrée. Sur ce, je file. Bonne journée à vous.

 

 

 

Merde, merde, merde et remerde. Je sens un mal de crâne pointer le bout de son nez. Je n’ose pas le regarder en face. Une fois Cruzor parti, un silence s’installe. Je suis mal à l’aise. Il est hors de question que je fasse le premier pas. De toute façon, j’ai rien à dire à ce gros con. Qui je dois bien l’avouer est super sexy dans son uniforme de combat. Ce mec à un corps de rêve. Des épaule larges, des bras musclé à point, un buste en V , des hanches harmonieuses, des longue jambes bien dessinées dans ce petit pantalon bien moulant. Je suis sûr qu’il a un cul à tomber par terre. Bordel, je me comporte comme une chienne en chaleur. Mais sérieusement, ce mec est un concentré orgasmique visuel à lui tout seul. La vie est vraiment qu’une sale emmerdeuse qui fait exprès de faire en sorte que les connards soit les plus baisables. Fait chier. Qu’est-ce qu’il attend ? C’est lui le tuteur. C’est à lui de lancer la conversation. Il faut bien que l’un d’entre nous se comporte en adulte. Et une chose est sur ce ne sera pas moi. Et puis zut, il m’agace. Il n’a qu à rien dire s’il veut. Je peux m’en contenter. Je hausse les épaules et reprends mes exercices. Ils consistent à reproduire les mouvements de combat au ralenti. Cela permet de travailler les muscles en profondeur et faire en sorte que le corps mémorise les gestes. Une fois les mouvements entrés dans la mémoire du corps, ils deviennent automatiques et ils seront utilisés à l’instinct.

 

 

 

-Tu combats avec des armes ?

 

 

 

Tiens, Monsieur s’est décidé à faire le premier pas. J’hésite à répondre. Juste pour l’emmerder. Mais une image de mon frère me donnant une claque derrière la tête me vient. Je l’entends même me traiter d’âne buté et de chieuse de l’extrême. Bon, ok, je vais y mettre un peu du mien. Autrement, on avancera à rien. Et si je dois l’avoir sur le dos toute l’année autant allégée l’atmosphère entre nous.

 

 

 

-Oui, deux épées.

 

 

 

-Pourquoi ?

 

 

 

-J’ai deux mains, pourquoi en privilégier une plus que l’autre.

 

 

 

-Tu es ambidextre ?

 

 

 

Mais je lui en pose des questions moi ?

 

 

 

-Oui, Monsieur le Curieux. Et avec n’importe quelles armes. Épée, bâton, hache, poignard, et compagnie. Il n’y a que le fouet que je n’ai pas essayé.

 

 

 

-Où sont tes armes ?

 

 

 

Dans ton cul est la première réponse qui me vient à l’esprit, mais pas sûre qu’il apprécie ce genre d’humour.

 

 

 

-Chez mon oncle.

 

 

 

-Allons les chercher. Je veux voir comment tu combats avec.

 

 

 

-Je peux très bien utiliser des épées d’ici. Je ne suis pas difficile.

 

 

 

-Non. Si tu es si bonne combattante qu’on le dit. C’est que tes armes sont devenues un prolongement de tes bras. Tu ne peux pas combattre de la même façon avec d’autres épées.

 

 

 

Même si cela me fait mal de l’avouer, il dit vrai. Mes épées sont une part de moi. Ce sont mes bébés, mes petites chéries. Elles font partie de mon trésor. Les dragons sont des collectionneurs. C’est dans leur nature. Tout au long de notre vie, nous créons notre trésor. Nous veillons sur lui, le couvons, l’agrandissons, le protégeons. Il est constitué de choses précieuses. Précieuses dans le sens physique comme des pierres précieuses, de l’or, des bijoux, des textes rares, des objets d’art grandiose ou des artefacts légendaires. Mais aussi précieuses dans le sens symbolique. Des objets souvenirs, des portes bonheurs et autres grigris. Des cadeaux reçus et des objets que nous chérissons par-dessus tout. Mes épées font partie des deux catégories. Vous pouvez imaginer la valeur qu’elles symbolisent pour moi. Chacune d’elles détient un petit morceau de mon âme. Pourtant, au tout début, je les considérais comme de simples morceaux de métal. J’avais 12 ans, quand mon père me les avait offertes. J’avais vécu ma première défaite dans l’arène de mon oncle. Pour lui, si j’avais perdu, c’était parce que je n’avais pas de bonnes épées. Il les avait trouvées dans le trésor royal qu’il avait récupéré avec la couronne. Empaquetées dans de vieux chiffons poussiéreux. Oubliées pendant des siècles. Il était tombé dessus par hasard, en faisant l’inventaire du “bordel royal” que personne n’avait eu le courage de faire. Et comme il était la seule personne « mature et responsable de ce royaume », il était de son devoir de s’y coller. Comme si on allait le croire. Je tiens à préciser qu’à cette époque, mes grands-parents maternels étaient en visite chez nous pour un temps indéterminé. Et comme tout mythe de la belle-mère, mon père ne peut pas encadrer la sienne. Donc, monsieur le mature et responsable, c’est planqué au fond de son trou avec la pire excuse jamais trouvée. mais revenons à mes petites chéries. Elles étaient trop lourdes pour mes poignets d’enfant, et en mauvaises états. Alors comme les autres,  je les ai laissées de côté. Puis, au fur et à mesure, j’ai commencé à être curieuse. À quoi ressembleraient-elles une fois nettoyées et affûtées ? Alors, j’ai décidé de leur refaire un ravalement de façade dans les règles de l’art.

En premier, j’ai testé le métal pour connaître son origine. C’est tout un procédé chimique. Il s’agit de voir les réactions du métal face à des potions ou à des sorts. J’ai mis une année pour en connaître sa nature. Avec mon oncle, nous avons galéré face à leur non-réaction aux différents sortilèges et potions que nous utilisions. Nous avons dû faire des recherches et établir des correspondances avec quasiment tous les forgerons et bibliothèques du Monde. J’ai même dû faire appelle à mon divin grand-père pour avoir des réponses. En même temps, qui aurait cru que ces armes oubliées étaient faites d’onéxin. Le métal le plus rare. Du fer divin. Il provient du panthéon des dieux. Situé au cœur de la montagne sacrée. Il tapisse les murs de la forge du dieu forgeron. Dieu de la création et du courage, protecteur du peuple des nains. Quand nous avons découvert ça, nous sommes resté sur le cul. L’onéxyn est incassable, il résiste aux charges magiques. C’est un catalyseur puissant. Bref, deux véritables armes de guerre se trouvaient entre mes mains. Le seul hic, c’est que dans les arènes, là où la magie ne marche pas, seul le côté incassable jouait en ma faveur. Ce qui me donnait un sacré atout.

Ensuite, j’ai nettoyé et affûté les lames. Elles étaient complètement émoussées et la poussière avait formé une croûte épaisse et solide. Les lames sont magnifiques. Longues d’environs 60 cm, elles sont légèrement courbées à l’extrémité. Il n’y a qu’un seul côté de tranchant sauf la courbe qui est double tranchante. Des gravures ornent les deux faces de la lame. Sur l’une, il y a des flammes d’un côté et de l’autre une phrase y est transcrite : “C’est dans la vengeance de mon brasier que les injustices seront immolées”. Sur la deuxième, des flocons et cristaux de glace sont gravés d’un côté et sur l’autre face une phrase : “je suis la justice glaciale, le bourreau du crime”. Les poignées étaient enveloppées dans des bandes de cuir tellement vieilles et sales qu’elles formaient une sorte de peau desséchée. Je les ai enlevées et j’ai nettoyé le tout. De véritables œuvres d’art se trouvaient devant moi. La garde présente une tête de dragon la gueule béante d’où sort la lame. Les yeux du dragon étaient pour l’une deux rubis d’un rouge flamboyant et l’autre deux superbe saphir d’un bleu intense. Juste au-dessus de la garde, un anneau de piques. Entre chaque pic, se situait un diamant.La prise en main, se fait directement sur l’onexin. Sculpté de façon à représenter les écailles d’un dragon, cela donne un côté rugueux qui évite à la main de glisser. À l’extrémité, un autre anneau de pics plus imposant avec des diamants noirs. Au centre de l’anneau, une boule en or fini ces petites merveilles. Les dieux seuls savent combien je les aime. Elles ont un nom. Justice pour l’épée de saphir et vengeance pour celle de rubis.

C’est bien plus tard que j’ai découvert leur histoire. Et c’est encore bien plus tard qu’elles m’ont dévoilées leurs petits secrets.À 14 ans, je combattais avec. Je dois dire que j’ai fière allure avec mes petites chéries. Elles en jettent un max. J’adore combattre avec elles. Je dirais plutôt, j’adore danser avec elles. Chacun de mes mouvements avec mes deux épées, correspondent à une chorégraphie bien orchestrée. Le fruit d’un entraînement acharné. Il n’y a jamais d’hésitation. J’ai souvent l’impression qu’elles anticipent les coups à venir. Comme si elles étaient dotées de leurs propres âmes. Elles sont mes partenaires de danses. D’ailleurs, c’est de là que vient mon nom de combattante : “La mort qui danse”.

À mes 16 ans, j’ai accompagné mon père lors d’un de ses voyages diplomatiques. Nous sommes allés chez les Elfes de lumière. Ils avaient organisé un bal en notre honneur. Beurk ! Si les bals étaient pour moi une maladie, ils seraient la peste noire. Mais bon, diplomatie oblige, j’ai dû me farcir la petite sauterie. J’avais quand même réussi à négocier le droit d’y aller avec mes épées comme accessoire de mode. Il faut dire, que c’était la seule concession possible pour que je porte une robe. Il y a quand même des injustices. Les mecs, ils avaient le droit de parader dans leurs beaux costumes de guerre et d’afficher fièrement leurs joujoux. Nous les femmes, nous avions juste le droit de porter des robes pas pratiques du tout (essayé d’aller faire pipi avec une robe qui possède 36 jupons superposés!) et des bijoux qui servent à rien. Ils ont vite compris que j’étais un peu différente de leurs femmes. Je trouve que j’ai été très diplomate sur ce coup-là. Même si pour mon père, j’ai plutôt été bornée et comparable à une sauvage insociable. Je ne comprends toujours pas où était le problème ? Je leurs ai même suggéré de me considérer comme un homme. Bon, il faut dire que ces puritains coincés de l’esprit (pour ne pas dire autre chose) considèrent qu’une femme ne peut être comparée à un homme. De part leur physique si différent. Mais aussi parce que les femmes représentent la vie et l’amour. Elles doivent être choyées, aimées, protégées, et blablabla. Elles sont la beauté, l’élégance et la grâce ! Ce genre de discours m’agace vraiment. Ils n’ont jamais croisé des femelles trolls. Elles sont hideuses, vulgaires, taillées comme des montagnes. Une claque, tu voles à 10 mètres et je sais de quoi je parle. Donc leurs discours à deux-pièces six sous, ils peuvent se les mettre où je pense et bien profond. Enfin bref, j’ai promis à tout le monde que si on me laissait parader avec mes petites chéries, je mettrais une robe et je me ferais la plus discrète possible sans dire un mot. L’accord fut conclu. J’ai été très sage tout le long du bal. Faut dire aussi que je n’avais rien à faire, rien à dire, rien à grogner et rien à défendre. Nos hôtes, m’ont complètement ignorée. Quand ils me voyaient, ils me dévisageaient de bas en haut s’arrêtaient sur mes épées, me saluaient et repartaient. Je m’en accommodai très bien.

J’étais tranquillement en train de somnoler en attendant que le temps passe quand un elfe d’un fort grand âge s’est approché de moi. C’était la première fois que je voyais un elfe vieux. Mais vraiment vieux physiquement. Avec des rides, des poches sous les yeux et je dirais même un début de cataracte. Tous ceux que j’avais croisés jusque-là étaient lisses, tout beau au teint parfait même ceux qui avaient déjà plusieurs siècles derrière eux.

 

 

 

-Tes épées sont très belles. Elles me rappellent deux épées que j’ai croisées dans ma jeunesse. Pourrais-je les voir ?

 

 

 

Sa voix était douce et pleine de bonté. Rien à voir avec  ses congénères hautains et dédaigneux que j’avais côtoyé. J’avais envie d’être gentille avec lui.

 

 

 

-oui, bien sûr.

 

 

 

-Pas ici, suis-moi. Allons dans la bibliothèque sacrée. Amène ton père avec toi. Si ces épées sont celles que je crois, nous avons beaucoup de choses à nous dire.

 

 

 

Avec mon père, nous l’avions suivi jusqu’à une bibliothèque. Si on pouvait appeler ça une bibliothèque. Des murs entiers tapissés d’ouvrage et de parchemins, sur plusieurs étages. Chaque étage avait un balcon protégé par une barrière en fer forgé. Ils étaient reliés entre eux par des escaliers en colimaçon. Des moulures dorées, au-dessus des structures en bois accentuaient le côté sacré du lieu. Les hauts murs étaient d’un bleu royal et un dôme de verre remplaçait le plafond. Elle était magnifique. Au centre, se trouvait de lourde table entourées de chaises sculptées. L’elfe nous a installés autour d’une table. J’ai sorti mes épées de leurs fourreaux attachés dans mon dos, et les ai posées sur la table. Il les a regardées longuement.

 

 

 

-Oui ! Ce sont bien elles. Les épées, cadeau du Gardien pour les fiançailles du premier roi dragon avec sa fille aînée. Mon père renifla bruyamment

 

 

 

-je croyais qu’il avait enlevé, séquestré et forcé au mariage, la fille chérie du roi elfe Calion dit le Lumineux ?

 

 

 

Le mariage du premier roi dragon était un sujet de discorde entre les deux peuples. L’un prônait le coup de foudre et la fuite d’une femme amoureuse vers son amour,. l’autre jurait par l’enlèvement et l’emprisonnement d’une femme. Le vieux Elfe souri.

 

 

 

-l’histoire est beaucoup plus compliquée que ça. Le roi dragon Cionaodh premier était à l’origine promis à Atheleen, fille aînée du gardien. Pour leur fiançailles, celui-ci avec l’aide de Olfgrom le dieu forgeron forgèrent deux épées. Une de rubis avec le feu ardent du Gardien, et l’autre de saphir avec son feu glaçant.Les deux épées étaient faites d’onexin. Mais, votre jeune roi, lors d’une visite chez les elfes rencontra Enetari, la plus jeune fille de Calion. Tous deux tombèrent follement amoureux l’un de l’autre. Mais Cianaodh, promis à une autre, rentra seul dans son royaume. C’était sans compter sur la fougue et le courage de la princesse elfe. Ne pouvant vivre sans son amour, malheureuse et se sentant dépérir, elle s’enfuit pour le rejoindre.

 

 

 

-Comme quoi, qui avait raison depuis le début ? C’est nous.

 

 

 

-Papa shut !

 

 

 

-Une fois réunis et dans la clandestinité, ils s’unirent au claire de lune. Le lendemain, les jeunes mariés officialisaient leur épousailles. La fiancée éconduite disparut. Le gardien quant à lui décida dans sa colère de maudire les deux épées qu’il avait offert au traître.Puis qu’il s’était révélée indigne, il ne connaîtra pas la puissance de son bien. Seul, un digne héritier dont ses cœurs seront remplis de courage, loyauté, honneur et compassion pourra faire des épées des armes digne d’un héros divin.

 

Et ba sacré nom de nom me v’la bien!

 

 

 

-Donc si je comprends bien, les épées de ma fille sont des artefacts divins, créés dan un métal légendaire, forgées par des dieux et si Alyana en est digne, elles se transformeront en armes surpuissantes ?

 

 

 

-C’est un bon résumé. Et je pense que les épées te trouvent digne, princesse dragon.

 

 

 

Mon père et moi, nous nous regardions d’un air étonné.

 

 

 

-Excusez-moi, mais même si elles sont les meilleures partenaires qu’un combattant puisse avoir, elles n’ont rien d’artefact divin.

 

 

 

-Je pense qu’elles attendent le bon moment pour ça. Je sais qu’elles ton accepté à cause des inscriptions. Quand le roi dragon me les avait montrées lors de sa visite chez nous, elles n’avaient aucune gravure.

 

 

 

Je ne sais pas ce qui me choque le plus. Le fait que ce vieillard avait connu le premier roi dragon il y a des millénaires ou le faite que mes petites chéries étaient aussi puissantes et me le montreraient prochainement. Une excitation commença à frétiller dans mon corps. Putain de merde, j’avais des armes de guerrière et j’allais tous les massacrer. Il faut dire qu’à 16 ans, on s’emballe très vite et on a tendance à voir les choses en grand. Je me voyais rayonnante de gloire debout sur une montagne faite des corps de mes adversaires vaincu.J’ai reçu quelques dérouillées après pour me remettre les pieds sur terre. Mais trois moi plus tard, je remportais ma première victoire. La première d’une longue liste. C’est à mes 19 ans, qu’elles m’ont révélées leur petit secret et qu’elles ont enfin dédaigner me montrer qu’elles me trouvaient digne. Lors de mon combat dans l’arène sanglante. La particularité de cette arène, c’est que la magie y est acceptée. Mais seulement pour trois coups. Comme si on avait besoin de ça en plus. Du genre y a aucun gros balèze qui viennent combattre ici. Le gros foutage de gueule! Surtout pour nous les petits gabarits sans magie particulière quand on se retrouve devant un mage noir croisé avec un troll qui soit d’une claque nous projette à plusieurs mettre ou d’un claquement de doigts nous explose en mille morceaux. Donc, mes petites chéries se sont manifestées en plein milieu du combat. J’étais une plaie béante et sanguinolente sur patte. Je perdais des litres de sang en un battement de cœur. Je pensais à ce moment-là que j’allais mourir. Mes épées étaient totalement recouvertes de mon liquide vital. Je luttais contre une salope de harpie qui m’avait déjà pas mal amoché et elle achevait son œuvre. Elle m’avait acculé contre un mur et s’apprêtait à m’arracher le cœur. Puis au moment ou ses griffes ont commencé à s’enfoncer dans ma poitrine, j’ai senti des vibrations dans mes mains.J’étais vidée de toute énergie. Je n’avais même plus la force de résister. Les bras le long du corps tenant toujours mes armes dans mes mains, j’attendais la fin. Les vibrations se sont intensifiées. Justice qui était dans ma main gauche commença à dégager un froid glacial. Tandis que Vengeance dans ma main droite répandait une chaleur brûlante. Je sentais ce froid et cette chaleur monter le long de mes bras. Puis des lumières rouge doré et bleu argenté nous ont éblouie. La harpie me lâcha et recula de quelques pas. J’ai baissé les yeux vers mes épées et la surprise ! Elles s’étaient embrasées. L’une d’un feu ardent, l’autre d’un feu de glace. La pétasse en face de moi me regardait avec un air effrayé.

 

 

 

-Tes yeux ! Ce n’est pas normal.

 

 

 

Je n’ai pas cherché à savoir de quoi elle parlait. Je sentais le feu et la glace se répandre dans mes veines et insuffler une énergie extraordinaire à mon corps. Ni une, ni deux, je l’ai décapité d’un joli mouvement croisé de mes deux petites chéries. J’ai ressenti la rage de Vengeance et la détermination de Justice se répandre en moi. Je me suis avancé dans l’arène et j’ai dansé comme jamais je l’avais fait. Je me sentais sublimer avec ses deux feux au bout de mes bras. Bon, quand je me suis retrouvé devant ce putain de mage noir, j’étais beaucoup moins sublimé et complètement dépassé. Heureusement, quand phénix s’est sacrifié, j’ai réussi à le liquider.

 

 

 

-Allez, suis-moi. Nous allons emprunter un portail. Où est celui qui est le plus proche de tes armes ?

 

 

 

Je fixe Monsieur sexy connard sans comprendre. Faut dire que je me suis un peu perdu dans mes souvenirs. Je saisis le sens de sa question en même temps que je reprends pied dans le présent.

 

-Sur la grande place de mon village. À Redonbell.

 

Sans me laisser le temps d’ajouter quelque chose, il tourne les talons et s’éloigne. Il me fait quoi là ? Quel connard arrogant. Il croit quoi ? Que je vais le suivre comme un gentil petit chien ? L’espoir fait vivre. Je croise les bras sur ma poitrine et attends de voir s’il va vérifier que je le suis bien. Ce n’est pas parce que j’ai décidé de faire profil bas que cela signifie que je vais être docile et obéissante. Faut pas non plus pousser mémé dans les orties.

 

 

 

-Alyana bouge tes fesses et plus vite que ça.

 

 

 

-Peut-être qu’avec les mots magiques, mes fesses et moi, nous serions plus motivées à bouger.

 

 

 

-Cesse tes enfantillages. Je t’ai donné un ordre. Tu obéis.

 

 

 

Et puis quoi encore ? Il attend peut-être que je lui donne la patte et remue de la queue pour montrer que je suis contente ?

 

 

 

-Alors, Monsieur le Prince de je ne sais plus quoi. D’une part, je ne suis pas sous vos ordres. L’ »obéis », vous pouvez vous le foutre où je pense. Et de deux, la rentrée, c’est dans une semaine. Vous n’êtes pas encore mon maître d’armes. Donc le rapport prof élève avec respect, obéissance et tout ce qui va avec n’est pas encore d’actualité. Un simple s’il te plaît, ça ne va pas vous arracher la gueule.

 

 

 

Je suis plutôt fière de moi. J’ai réussi à m’exprimer sans crier et sans jurer. Enfin juste un petit mot familier à la toute fin, mais on a qu’à faire comme s’il n’était pas là. Comme quoi, je ne suis pas forcément un cas désespéré. Je peu avoir du tact avec les gens. Perdus dans mon auto congratulation, je ne peu m’empêcher de faire un bon quand deux mains s’abatte sur mes épaules. Et voilà que ça recommence. Il faut toujours qu’il arrive à me choper par surprise. Les traits déformés par la fureur, il m’assassine sur place avec son regard. À croire que Monsieur s’est même pas rendu compte des efforts oraux que je viens de fournir.

 

 

 

-Écoute moi bien, sale petite princesse pourri gâté. Ici, tu n’es pas dans ton château. T’as personne pour faire les choses à ta place. Alors oublie tes grands airs et tes caprices de petite fille. Je n’ai pas ma journée à te consacrer. Alors soit tu me suis et on va pouvoir avancer, soit tu continue à jouer les pestes nombrilistes et tu te retrouveras aux cours des débutants.

 

 

 

Mais quel con. Il se prend pour qui celui-là ? Comment ose-t-il me juger sans savoir ce que j’avais vécu. Une princesse pourrie gâtée. Moi ? Bordel de merde. J’ai été obligé de quitter le domicile familial à 5 ans. J’ai grandi chez un combattant célibataire qui n’y connaissait rien aux enfants. Il m’a appris à manier l’épée et les poings, je lui ai appris la parentalité. J’ai grandi dans une maison remplie de guerriers. On m’a longtemps considérée comme un parasite. J’ai dû me battre pour me faire respecter. À 8 ans, je maniais l’épée comme personne. À 10 ans, j’étais devenue aussi vicieuse que la plupart des combattants qui fréquentaient les arènes et la maison de mon oncle. À 12 ans, je perdais mon premier combat. À 16 ans, je gagnais pour la première fois. À 17 ans, j’étais championne de ma première arène. À 18 ans de quatre arènes et à 19 ans, je devenais championne de l’ arène sanglante.

 

 

 

-Alyana ! Tu fumes.

 

 

 

-Quoi ?

 

 

 

-Il y a de la fumée qui sort de ton nez et de ta bouche.

 

 

 

Oh putain ! Voilà que cela recommençait. En même temps, je suis tellement en pétard contre lui. D’instinct, je recouvre mon nez et ma bouche de mes mains. Si je me mets à fumer chaque fois que je suis furax, cela n’allait pas le faire. Va falloir que j’en parle à Cruzor. Ce n’est pas normal. Monsieur sexy connard me regarde d’un air perplexe. Qu’est-ce qu’il m’énerve. Mais qu’est-ce qu’il m’énerve. C’est d’une démarche raidie par ma colère que je m’avance et le dépasse.

 

 

 

-Bon, on y va ?

 

 

 

Ses yeux s’écarquillent. Il se pince l’arête du nez en marmonnant dans sa barbe d’un air découragé.

 

 

 

-Quoi ?

 

 

 

-Rien, allons-y.

 

 

 

Au moment où je le dépasse, quelques mots me parviennent : “fille de malheur”, “aura ma peau”, “beauté empoisonnée”. Au moins, nous avons une chose en commun. On se déteste mutuellement.

 

Publié dans : Non classé | le 4 novembre, 2020 |Pas de Commentaires »

Chapitre 5

Chapitre 5

Nounours

Quand tu fais une connerie, n’oublie jamais de voir les choses en grand et surtout avec style.

Arrivée devant le portail, j’hésite. Je n’ai jamais aimé ces trucs magiques. En fait, je n’aime pas la magie. C’est une vraie source à problème. On ne sait jamais si elle va être efficace et quelles seront les conséquences qu’il en résulte. Franchir cette grande flaque lumineuse, ne m’inspire pas confiance. Ce n’est pas le voyage qui pose problème. Tu n’en as pas conscience. Tu rentres et tu ressors directe. Non le problème, c’est une fois sorti de ce machin, t’as froid, t’es humide et tu te sens mal fichu. Mon cher tuteur de mes deux n’a rien trouvé de mieux que de me pousser sans ménagement à travers le portail. J’ai déjà précisé que c’était un sale con ? Oui ? Ba, je réédite le fond de ma pensée, c’est un sale con. Et me voilà rendu de l’autre côté de la flaque à me geler les miches en grelottant et claquant des dents.

Je me console vite devant le paysage familier qui s’ouvre devant moi : la place principale de mon village. Bienvenue chez toi, ma grande ! La place est centrée au milieu de la bourgade dans laquelle j’ai grandi. C’est un immense carré, pavé de pierres multicolores. Elle est entourée de bâtiments à trois étages. Au rez de chausser, des arcades permettent de circuler à l’abri, les jours de pluie. C’est ici que se trouve les échoppes des marchands les plus fortunés. Au-dessus, se trouvent des habitations sur deux étages. Les fenêtres sont décorées avec des fleurs et des rubans aux couleurs des arènes que les habitants côtoient. Rouge pour le feu, bleu pour l’eau, vert pour la terre et blanc pour l’air. De chaque côté de la place sous les arcanes. Se trouvaient de lourdes portes qui menaient vers l’extérieur. Je me dirige vers la porte coté est.

Une fois franchie, nous nous retrouvons dans le village. Il est fait de maisons en bois et torchis. Le torchis est beige et les poutres de bois sont d’une couleurs différentes par maison. C’est un véritable festival multicolore. J’aime ma bourgade et ses villageois. Ici, tout le monde se connaît. On s’aime, on se déteste, on fait la fête et on s’engueule tous ensemble. Une vraie famille d’à peu près 500 âmes. Nous arpentons les rues pavées. À ce moment de la journée, il n’y a personne. Les enfants sont en études ou en apprentissage collectif. Les adultes travaillent ou s’occupent des jeunes. Les matinées sont toujours paisibles. Le calme avant la tempête. Car les après-midi sont bruyants, bougeant et plein de vie. Tout le monde est dehors. Le marché se met en place, les enfants jouent et on déambule au gré de ses besoins et de ses envies.

Au bout de la rue à l’extrémité du village, se trouve la maison de mon oncle. C’est une immense bâtisse de plein pied. Elle forme un carré et on y entre par une arche. Une fois à l’intérieur, on se retrouve dans une grande cours encombrées d’armes, d’armures, de chiens, de chats, et autres animaux de bas cours. Un vrai bordel. Sur la gauche, se trouvent les forges. En face de la demeure et a droite l’étable. Toutes les portes sont ouvertes, comme toujours. Des hommes s’entraînent dans la cour. Dans les forges ça travaille dur au son des coups de marteau. Des hommes chantent et jurent. Dans la demeure, on entend le rire des femmes et des enfants. Dans l’étable, c’est la cacophonie habituelle. Je me plante au milieu de ce joli bordel, je jette un coup d’œil à mon tuteur qui s’est positionné légèrement en retrait et regarde tout autour de lui avec un léger sourire au bord des lèvres. Il sait sourire lui ? Mais oui, il sait le petit cachottier ! Et quel sourire. D’orgasme visuel, il passe à … Il n’y à même pas de mot pour d’écrire cette pure merveille. Au secours ! J’ai la culotte en feux. Je me re concentre, non sans mal, sur les hommes en face de moi, mets mes mains en perte voix et hurle :

 

-Allez, bande de fainéants, on se retire les doigts du cul et que ça bosse là-dedans !

 

Tout le monde se fige. Le silence s’installe.

 

-Ba alors ? On ne salue pas le chef ?

 

Une explosion de cris, de rire et mon prénom retentis à toutes les sauces parfois assaisonnées par quelques jurons. Je suis embrassée, accolée, léchée et pas forcement que par les animaux. Ça fait du bien de rentrer à la maison.

 

-Alyana, Bordel de merde ! Qu’est-ce que tu fous ici ? Ramène ton derche et crache le morceau.

 

Mon oncle dans toute sa splendeur. Si vous vous demandez d’où vient mon vocabulaire fleuri, cherchez plus, vous venez d’en trouver l’origine. C’est un grand bonhomme de 2 mètres et d’environs 130 kg de muscles brutes. Il a les cheveux gris et son éternel bandeau noué autour de la tête. Une barbe touffue mange la moitié de son visage. Des grand yeux ambrés, si semblables à ceux de ma mère, me fixe avec plein de malices. Il n’est pas à proprement parlé beau. Son nez est bossu et de travers à force d’avoir été cassé. Ses traits sont trop forts et prononcés, ce qui lui donne un air de tueur. C’est pour ça qu’il s’est laissé pousser la barbe, sa blancheur associée à celle de ces cheveux, lui adoucit le visage et lui donne un air de gentil géant. Quand je suis venue vivre avec lui à 5 ans, je l’ai surnommé Nounours à cause de cet air de tendre bourrue qu’il affiche constamment avec moi. Son torse et ses bras nus sont recouverts de tatouages plus colorés les uns que les autres. Juste pour une petite précision, afin de bien visualiser le coco. Ses avants-bras sont aussi larges que mes cuisses. Vous imaginez la stature du gars. Il pourrait presque rivaliser avec un troll des montagnes. Et naturellement, il porte son indémodable uniforme : un pantalon en cuire, des grosses bottes et bien sûr son inconditionnel tablier de forgeron. Putain, qu’est-ce que je l’aime cet homme. 

 

-Nounours, tu m’as trop manqué.

 

-Toi aussi ma petite souris enragée. Viens faire un câlin.

 

Je saute dans ses bras. Et dans son giron, je redeviens une petite fille qui dans cette étreinte se sent protégée et chérie. Un raclement de gorge se fait entendre derrière nous. Merdouille, j’avais oublié monsieur sexy connard.

-Nounours, je te présente mon tuteur. Nous sommes venus récupérer mes petites chéries.

 

Mon oncle se retourne vers l’elfe.

 

-Prince Aradan, c’est un plaisir de vous revoir.

 

Ils s’approchent l’un de l’autre et se saluent comme deux combattants : on s’agrippe par les deux bras et on les sert tous en inclinant la tête.

 

-Vous vous connaissez ?

 

-Oui, ma souris. Nous nous somme mesurés l’un à l’autre dans les arènes.

 

Un véritable sourire illumine le visage du prince elfe. La vacherie ! Déjà, quand il tire la tronche, il est canon, mais là ,! Ma petite culotte qui était en feu, vient de s’auto éteindre. Un véritable système anti-incendie. Qu’elle repose en paix après avoir péris brûlée et noyée face à la magnificence de cet homme. Je pense que, si je ne le détestais pas autant, je pourrais tomber amoureuse de lui à cet instant même. Du genre foudroyé sur place. Je crois bien qu’un filet de bave doit dégouliner d’un côté de ma bouche. Houlala, me voilà toute émoustillée. Mais vraiment avec les papillons dans le ventre, la chair de poule, la tension dans une certaine partie de mon anatomie. Merde ! Ma fille, il va falloir se reprendre. C’est Monsieur sexy connard ! Le mec le plus agaçant et horripilant que tu connaisses.  Il est hors de question, que je développe le moindre sentiment amoureux ou que je ressente le moindre désire passionnel pour cette tête à claques. Un coup de coude de mon oncle dans les côtes me ramène à la réalité. Celui-ci me regarde le rire plein les yeux.

 

-Rentrons à l’intérieur. Je crois que ma nièce est en train de prendre un petit coup de chaud.

 

Je me sens rougir comme une tomate. Je lance un regard que j’espère noir de chez noir et je précède tout le monde dans la maison. Une fois à l’intérieur, je salue la femme de mon oncle. Il l’a rencontré lors des journées d’apprentissage collectif quand j’étais encore qu’une enfant. L’apprentissage collectif, c’est un moment dans la matinée ou un groupe de parents avec leurs enfants jouent ensemble à des jeux sur un thème choisie au début. C’est une sacrée bonne femme au caractère bien trempé. Elle m’embrasse chaleureusement et d’une tape sur les fesses m’ordonne de m’asseoir afin qu’elle me serve de quoi manger, car selon elle, je n’ai que la peau sur les os. Cette femme est obnubilée par ça. Elle passe ses journées à préparer à manger pour toutes les âmes qui traînent ici. Si on le voulait, on pourrait passer sa vie à bouffer. Les deux hommes me rejoignent. Je profite que ma tante se soit éclipsée dans la cuisine pour filer à l’armurerie pour récupérer mes épéesà.De retours dans la pièce commune, je rejoins les hommes qui venaient d’être servis. J’accroche mes fourreaux à mon dos et m’attable avec eux.  Et c’est avec un immense plaisir que je commence à faire honneur aux petites douceurs préparées par la cuisinière.

 

-Alors Nounours, vous avez commencé à vous préparer pour les sélections au tournoi d’automne ? C’est bizarre quand même d’habitude a cette époque il y a plus de monde que ça ici.

 

Mon oncle me regarde avec un air gêné.

 

-On ne t’as rien dis ?

 

-À propos de quoi ?

 

-Des arènes.

 

- Non, pourquoi, il y a un problème ?

 

-Alyana, ma petite sourie enragée. Surtout, ne te fâche pas et reste calme. Tout se passera bien, on gère.

 

- Accouche, tu me stresses là.

 

-Les arènes du sud ont été détruites.

 

-Quoi, les quatre ? Tu te fous de ma gueule ?

 

Je crie plus que je ne dis ces mots. Mon cœur pulse comme un fou. Je suis en totale panique.

 

-Hélas non. Quand tu t’es transformée en dragon et que tu as piqué ta petite crise, tu as cramée l’arène qui si tu te rappelles bien, était en bois. Et comme les trois autres l’étaient aussi et qu’elles étaient proches l’une de l’autre. Une petite braise par ci une autre par là et boom plus d’arènes.

 

Je suis sous le choc. Quatre arènes ne pouvaient pas flamber comme ça. Il y a des puits partout autour. Les villageois auraient dû les éteindre.

 

-Je sais ce que tu penses. On n’a pas pu éteindre les incendies, car ton souffle de glace s’est déplacé vers la rivière qui a gelé. Et comme tout est relié à la rivière, tout a gelé. Même l’eau des puits.

 

Oh Dieu des dragons protégé nous. Je suis effrayé par ce que j’avais fait. On peu dire une chose sur moi. C’est que quand je fais une connerie, je la fais toujours de façon spectaculaire. Mais la, j’avais vraiment merdé sur toute la ligne.

 

-Alyana ?

 

Mon tuteur me regarde en fronçant les sourcils.

 

-Quoi ?

 

-Tu fais chuter la température.

 

-Hein ?

 

-Tu fais chuter la température dans la pièce. Tu dégages des vagues de froid !

 

-N’importe quoi !

 

-Alyana tes yeux ont changé de couleur. Ils sont bleu argent. C’est comme quand tu es furieuse et que tu commences à fumer. Tes yeux changent de couleur et deviennent rouges doré.

 

Merde. Je crois bien que j’ai un problème ? Je ferme les yeux et j’essaie de réfléchir. Si je comprends bien mes émotions influence ma magie draconique. La colère déclenche mon feu et la peur ma glace. Et pour couronner le tout, j’ai les yeux qui changent de couleur quand ma magie se met à l’œuvre. Il va vraiment falloir que je m’entretienne avec Cruzor. Il se passe des trucs vraiment bizarre chez moi. À croire, que cet abruti d’orc, en plus de m’avoir fait une belle cicatrice au ventre, m’a au passage complètement détraqué. J’ai bien fait de le bouffer celui-là ! Ma vie est en train de partir en couille et je ne peux rien faire pour arrêter ça. L’envie de revoir mon frère pour pouvoir me consoler dans ses bras, m’amène les larmes aux yeux. Il me manque plus que tout. Complètement dépité, je pose ma tête sur la table et me mets à la cogner plusieurs fois, contre le bois brut.

 

-Mais qu’est-ce que j’ai fait, putain de bordel, pour mériter cette  monstrueuse merde qui me tombe dessus !

 

Je sens la grosse main de mon oncle me caresser le dos.

 

- Ça va aller, ma petite sourie ! On gère tout ici et puis dans ton école, ils vont s’occuper de toi !

 

Je me redresse et tape des points sur la table. Je suis une guerrière et je ne vais pas me laisser allé pour des conneries comme ça. Allée, ma fille secoue toi et avance.

 

-Nounours donne moi de quoi écrire.

 

Il se lève et sort de la pièce. Aradan m’observe avec une expression neutre sur le visage. Mais ses magnifiques yeux turquoise me montrent ses interrogations, son étonnement, et un, je ne sais que je n’arrive pas à déchiffrer et qui me mettent mal à l’aise. Après tout ça, il doit vraiment avoir une piètre estime de moi. Déjà, qu’il me prend pour une gamine capricieuse avec une cuillère en argent dans la bouche. Maintenant, il doit penser que je suis en plus une vraie calamité pathétique. Oh et puis merde, il n’a qu’à penser ce qu’il veut de moi, je m’en balance comme de ma première petite culotte ! Je le déteste, il me déteste et tout va bien dans le meilleur de monde.

 

Mon oncle revient avec un parchemin et de quoi écrire.

 

-Tu vas aller au château et donner cette lettre à Papa. Il te conduira à mon trésor. Prends ce qu’il faut pour financer les travaux. Tu iras aussi aux archives royal et on te donnera les anciens plans de l’arène des dragons !

 

-Tu veux reconstituer l’ancienne arène ?

 

-Oui. Cela fait des années que j’entends les villageois se plaindre du changement qu’ont apporté les quatre arènes. Le village coupé en quatre selon qu’elle arène, on supporte. On s’fait la guerre dans la rue comme dans les foyers. Ils sont nostalgiques de l’ancien temps. Le temps ou ce qui se passait dans l’arène, restait dans l’arène. Quand toutes les colères, tension et autre petites querelle de famille, de quartier ou de concurrence se réglait dans les gradins. On jurait, hurlait, maudissait et parfois, on en venait aux mains et aux poings. Mais une fois sortie de là, les tensions étaient descendues et les querelles résolues. L’arène unique avait un effet cathartique sur la population. Alors que les quatre arènes au contraire déclenchent l’agressivité, la frustration et la rancœur. J’aime notre village et ses habitants. Si je peux leur apporter quelque chose de positif et qu’ils souhaitent aux plus profond d’eux, alors je le ferais. Puis toi et mes parents m’avez appris à toujours réparer mes bêtises en faisant quelque chose de meilleur.

 

- Il est temps pour nous de rentrer, Alyana.

 

-Rentrer où ?

 

- A l’école de magie, au royaume des mages. Nous sommes venu ici, juste pour récupérer tes armes !

 

-Ah wai, merde j’avais oublié. Bon Nounours, je te dis à très bientôt, et je te laisse superviser tout ça. Tien moi au jus.

 

Je me lève et lui fait un gros câlin. Puis mon tuteur et moi, nous quittons la maison.

Nous sommes presque arrivés sur la grande place quand une lueur rouge attire mon regard. Une forme cachée sous une immense cape écarlate se dirige vers moi. Je peux apercevoir une chevelure rouge sang, s’échapper de la capuche. D’un coup, celle-ci s’abaisse. Siré ! Saloperie, ça sent les emmerde à plein nez. Que venait faire la déesse du chaos dans mon village ?

 

-Alyana ma chérie, je te cherchais.

 

-Siré ! Que me vaut le non-plaisir de te voir ?

 

-Toujours aussi charmante à ce que je vois. Tu pourrais montrer un peu plus de respect à ta grande tante. Après tout nous somme de la même famille. Je suis venu ici exprès pour toi. Alors sois un peu plus gentille.

 

-Dans tes rêves grand-tatie. T’es qu’une salope sans cœur, qui se réjouie de la mort et de la destruction. Je ne te considère pas comme de ma famille. Je suppose que si tu me cherches, c’est en rapport avec l’arène sanglante ?

 

-Comme tu me connais si bien. Je suis ici pour t’informer que j’avais choisi mon champion. Et que Mares, dieu de la guerre et mon compagnon de jeu, te choisissait comme championne. Tu as jusqu’au solstice d’été pour former ton équipe.

 

-Mon équipe ?

 

-Ha oui, j’ai oublié de préciser que j’ai modifié les règles. J’ai décidé de mettre un peu plus de sentiments dans ces jeux.

 

-De sentiments. Espèce de garce ! Tu crois que je vais consentir à créer une équipe pour ensuite l’amener à la mort ?

 

-Tu n’as pas le choix, ma chère. Tu es maître de l’arène sanglante et le dieu de la guerre t’a choisi. Seule la mort empêche un champion désigné de se désister. Je te déclare officiellement Championne du dieu Mares pour le prochain combat sanglant. Je t’enverrais les nouvelles règles bientôt.

 

D’un clignement de paupière, elle s’évapore dans un nuage de fumée rouge. Cette saleté avait décidé de me pourrir la vie. Tout ça, parce que j’avais malencontreusement trucidé son cher et tendre. Vous vous souvenez du mage noir croisé avec un troll ? Bingo ! Quand je l’ai tué, elle a piqué une crise monumentale. Comment pouvais-je savoir que c’était son amoureux ? Heureusement pour moi, Mares a réussi à choper et maîtriser sa sœur avant qu’elle me réduise en cendres. Elle m’a juré qu’elle se vengerait. Et bien sûr, j’ai ouvert ma grande gueule en lui répondant qu’elle pouvait aller se faire foutre. Pas sûr que j’ai arrangé mon cas après ça. Enfin bref, depuis cette petite mésaventure, j’ai droit à des petites visites de courtoisie ou elle m’informe qu’elle allait me tuer, me torturer, me dépecer, m’éventrer, m’écarteler et blablabla… Qu’elle me concocterai une vengeance digne de la grande déesse qu’elle est et que ma mort est proche.

 

-C’est une déesse qui s’est adressée à toi ?

 

Je détourne lentement les yeux du nuage de fumée vers Aradan. Il m’observe avec beaucoup de curiosité.

 

-Oui, c’était Siré.

 

-Et que te voulait la déesse du chaos ?

 

-Oh, rien de particulier. Elle passait par là, m’a vue et sait dis, tien ma nièce préférée. Je vais aller de ce pas lui souhaiter une bonne journée.

 

Il me scrute sérieusement l’air septique. Il n’est pas dupe et sais que je lui ai menti. Il s’apprête à dire quelque chose quand un rugissement explose dans le ciel. Allons bon, qu’est ce que c’est encore que ce bordel ? Putain, ce n’est pas ma journée. Une ombre gigantesque nous recouvre. Je lève les yeux et aperçois un dragon blanc nous survoler. Une lumière aveugle nous force à fermer les yeux. Quand je les ouvre, mon frère me fait face. La vache ! Comment il m’a trop manqué. Je saute dans ses bras. Je m’accroche à lui avec mes bras et mes jambes. Je l’embrasse partout sur son visage. Il se laisse faire en rigolant

 

-Tête de nœud, tu étais où ? Pourquoi tu n’étais pas avec les parents pour venir me voir ? Espèce de trou du cul. Je te signales quand même que j’ai failli passer l’arme à gauche et toi, tu n’étais pas là !

 

-Doucement p’tite peste. Je suis resté deux mois à jouer les troglodytes à six pieds sous terre. J’étais en visite chez les nains. J’ai eu quelque petit soucis là ba. Ce qui a prolonger mon séjour. Je ne suis rentré que depuis hier.

 

-Des soucis quels soucis ? Tu vas bien ?

 

-Rassure-toi tout va bien.

 

Je redescends des bras de mon jumeau et le regarde longuement. Il m’a vraiment manqué. Comment j’allais faire pour vivre sans lui pendant toute ma putain de scolarité ? Nous n’avions jamais été séparés aussi longtemps.  

 

-Je suis malheureuse. On me force à suivre des cours de magie dans cette foutue école. Je vais faire comment moi pour survivre là-bas sans toi ? En plus, les arènes du sud sont détruites par ma faute. Je vais mourir d’ennuis, mourir d’inactivité, mourir d’overdose magique ou mourir assassinée par un maître d’armes sans humour. Sort moi de ce merdier. Toi et moi, on se casse très loin d’ici. Tu es d’accord ?

 

-Désolé, p’tite peste, mais toi et moi, on est embarqué dans le même bateau ?

 

-Même bateau mon cul. Le mien s’appelle : « je vais te pourrir ta vie dans cette école » et les tiens, il s’appelle comment ? « Je vais vivre la belle vie de prince héritier pendant que ma sœur chérie agonise » ?

 

- Non, le mien est le tien, j’embarque aussi sur le “je vais pourrir ta vie dans cette école”. Mon petit souci sous terre était d’ordre magique.

 

Je dévisage mon frère, les yeux et la bouche grande ouverte.

 

-Ferme la bouche, tu vas finir par gober des mouches. J’ai développé une alliance avec la terre. Donc, toi et moi, c’est à la vie à la mort dans la prison magique. Mais bon, tout ça c’est une longue histoire, et je te raconterais ça là-bas. Il y a un monsieur, fort impatient qui à l’air de t’attendre.

 

Je me retourne vers l’elfe. Effectivement, il n’a pas l’air heureux de m’attendre. Il a croisé ses bras sur sa poitrine et nous observe avec son regard furieux. Des frissons me courent le long de la colonne vertébrale. Qu’est-ce qu’il est sexy comme ça.

 

-Quoi, j’ai quand même le droit de parler à mon frère ?

 

-Alyana, je ne vais pas passer ma journée à t’attendre. Alors si tu as fini de jacasser comme une pie avec les premiers venus, nous allons pouvoir y aller.

 

Yalaric, mon jumeau fait un pas en avant avec un air belliqueux. Je le retiens en posant mes mains sur sa poitrine.

 

-Laisse tomber.

 

-C’est qui ce mec ? Il n’a pas à te parler comme ça.

 

-T’inquiètes, je le gère. C’est un connard fini, mais c’est mon connard. Alors pas touche. Si quelqu’un doit lui casser sa jolie petite gueule, ce sera moi.

 

-Ton connard ? Ohlalala, si tu ne le partages même pas avec moi ! C’est que ce mec t’a tapé dans l’œil.

 

-N’importe quoi. Je le déteste.

 

-L’amour et la haine, sont deux sentiments très proches, tu peux très vite passer de l’un à l’autre surtout si le désir s’en mêle.

 

-ta gueule, putain. Ma vie amoureuse, enfin mon manque de vie amoureuse ne te concerne en rien. Alors occupe-toi de ton cul ou tu auras des verrues.

 

-Je préfère m’occuper de mes fesses pour avoir des caresse, p’tite peste.

 

Mon frère m’embrasse sur le front. Je lui fais un dernier câlin et nous nous séparons. Un éclaire de lumière m’aveugle et le dragon blanc prend son envol pour disparaître derrière les toits des maisons. Je me dirige vers Aradan.

 

-Bon, Monsieur l’Impatient, on fait quoi maintenant ?

 

-On rentre. Et ce sera tout pour aujourd’hui. Nous avons perdu beaucoup trop de temps ici. Nous nous reverrons demain.

 

Je m’apprête à partir, quand il me retient par le bras.

 

-Que te voulait la déesse ?

 

-Me pourrir la vie, comme d’hab.

 

-Méfie-toi d’elle. Je ne sais pas pourquoi, mai, je n’ai pas confiance en elle.

 

-Ne vous inquiétez pas. S’il y a bien une chose que je sais, c’est que cette pouffiasse est en train de préparer un truc très mauvais. Et je sais aussi que je serais en première ligne pour le découvrir. Mais ce qu’elle ne sait pas, c’est que je suis une véritable connasse quand je le veux. Et là, je le veux vraiment.

 

Il me regarde avec étonnement. Sans rien dire, il pose sa main dans le bas de mon dos. Ces fichus papillons dans mon ventre recommencent leur danse folle. Je sens des frissons courir dans tout mon corps et un brasier se concentrer dans mon intimité. D’une impulsion, il me force à avancer. Mes jambes tremblent légèrement. Une chose est sûre même si je le considère comme un arrogant connard, mon corps, ce traite ne peut s’empêcher de le désirer. Et ça contre mon grès. Maintenant reste à savoir qui de mon corps et moi, va remporter cette guerre.

Afin qu’il ne s’aperçoit pas de mon trouble, je tourne la tête et jette un œil sur sa main posé juste aux dessus de mes fesses. Je le dévisage ensuite et lui fait un clin d’œil. Il retire sa main, comme s’il s’était brûlé, puis il me devance sans un regard. Les honneurs son sauf. À mon avis, il n’a pas dû s’apercevoir à qu’elle point sa main sur moi avait pu me perturber.

 

 

 

Publié dans : Non classé | le 2 novembre, 2020 |Pas de Commentaires »

Chapitre 6

 

rose noir

À force de comparer les femmes aux roses. On oublie quelles armes redoutables, elles peuvent devenir. Ma rose est dangereuse et mortelle : je suis mortellement dangereuse.

 

Le lendemain, je me retrouve encore dans l’arène noire à poireauter. Et encore une fois, je fais des exercices en attendant mon tuteur. Mais cette fois, je m’entraîne avec mes petites chéries. Mine de rien, elles m’ont manquée. Je me sens un peu cotonneuse dans mes mouvements. Mais en un temps trois mouvements, je me retrouve à danser avec elles comme ci, je n’avais jamais été blessée. Ça fait un bien fou. Mais je ne peux pas m’empêcher de ruminer dans ma tête la journée d’hier. Cette journée a été riche en informations, ça fait beaucoup de chose à digérer. La plus importante, c’est que mon frère me rejoint ici. J’ai tout un interrogatoire à lui faire passer, un tas de questions à lui poser et un tas de réponses que je désire coûte que coûte. Il va vraiment falloir qu’il m ‘explique cette histoire de magie de la terre et son petit accident. Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que c’est le début d’une longue histoire. 

 

En parlant de longues histoire, Siré m’inquiète un peu beaucoup. Elle mijote un truc et je suis persuadée que ses nouvelles règles allaient compliquer ma vie. Quand je pense à elle, j’entends une mélodie bien sinistre et angoissante dans ma tête. Le genre de musique annonciatrice de mort et de grandes souffrances. Je pense que je vais morfler à cause de cette déesse de malheur. Et pour ce qui est de compliquer la vie, Aradan était pas mal non plus. Il m’attire ça, c’est indéniable. En même temps, il est beau et sexy. Je commence à éprouver pour lui des trucs qui me perturbent un peu. Ça ne fait pas longtemps que je le connais et pourtant, je me surprends à penser à lui régulièrement. Il va falloir que je fasse attention que ce petit crush ne se transforme pas en autre chose plus déplorable pour ma santé mentale. Mais j’ai bon espoir que cela reste qu’un simple petit coup de cœur dû à un célibat trop long. Car il faut dire qu’avec son caractère à la con qu’est ce qu’il m’emmerde. Sérieux rien qu’hier soir quand nous sommes rentrés, il n’a rien trouvé de mieux que de se barrer à peine le portail franchi, me laissant comme une conne planté au milieu de la place.. Il m’a juste adressé un “ A demain” nonchalant avant de me tourner le dos et de partir comme si rien n’était et que je ne représentait rien pour lui. Je ne supporte pas quand il joue les petits chefs qui lance des ordres à tout bout de champ. Fait-ci, fait pas ça ? obéis moi, suis-moi et blablabla. Mais je dois reconnaître quand même qu’il a le plus beau cul qu’il m’ait été donné d’admirer. Je n’ai pu que le constater alors qu’il partait hier soir. Même une fois qu’il a disparu de mon champ de vision l’image de son sublime arrière train était encore imprégnée sur mes rétines. J’ai voulu faire part de tout ça à Mérïa, mais quand je suis rentrée, le couvre-feu avait déjà sonné. Je ne m’étais même pas rendu compte que nous étions resté aussi longtemps au village. Je me suis endormi avec l’image d’un magnifique fessier. 

 

Mon réveil ne fut pas aussi agréable. J’ai été tirée de mon sommeil par des coups frappés à ma porte. Madame Fartouel venait m’annoncer que le “prince héritier” m’attendait de ce pas à l’arène noire. Elle m’a laissé une potion fortifiante et une pomme. Juste ça ! J’espère qu’il n’attend pas à ce que je sois fraîche et dispose après ce truc que l’Ancre ose appeler petit déjeuner. C’est le repas le plus important de la journée. Surtout pour moi!. Une malheureuse tasse remplis d’eau chaude et de plante accompagnée d’une pomme, ce n’est pas un petit dej. Ce n’est même pas une collation ! C’est rien du tout, putain de bordel de merde. J’espère pour eux et surtout pour moi que dans la matinée, on me laisse convenablement manger. Parce qu’autrement, je sens qu’avant la fin de la journée, j’aurais rempli le cimetière du coin. Sérieusement, ils n’ont jamais entendu parlé du dieu café et de l’importance primordial que son culte matinal pouvait avoir sur les gens qui le vénéraient ? Des personnes sont mortes parce qu’elles avaient eu la malchance d’adresser la parole à un disciple qui n’avait pas encore bu son nectar divin. Enfin bref, me voilà debout et de forte mauvaise humeur à rêver de mon café. Je passe ma frustration sur mes exercices de combat. Mais quel connard ce type ! Il me fait lever à la fraîche, me prive de mon repas le plus important, et pour quoi ! Pour rien, nada, que dalle, des clous, néant, le désert, l’absence, il n’est même pas là. Je vais le tuer, le dépecer, le limoger, le hacher menue, le faire passer à trépas, l’assassiner, l’abattre, le descendre, le lyncher, le pourfendre, le trucider, le décapiter, …. Bon, je pourrais encore en sortir une bonne centaine vue les images que j’ai dans la tête. D’ailleurs, je me demande combien de façon, il existe pour tuer et combien de terme décrive la mort ? Je suis furax, en pétard, furieuse, en colère, j’ai la haine, la rage…. Stop, c’est fini l’encyclopédie. On va faire simple : dès qu’il se point, et même si son cul est sublime je le bouffe, comme ça après illico, je file boire un p’tit café digestif. 

 

-Alyana ?

 

 

Je me retourne et pousse un cri de rage. 

 

 

-Putain ! Vous foutiez quoi bordel ? Ça fait des plombes que j’attends. 

 

 

- Tu te calmes tout de suite. Tu n’as pas à me parler sur ce ton.

 

 

 

-Alors que ça soit claire entre vous et moi tout de suite. Tant que du café ne coulera pas en quantité suffisante dans mes veines, ce n’est même pas la peine de penser avoir une conversation avec moi. La, je suis dans la phase folle furieuse et je suis deux doigts de la phase « je commets un massacre ». Alors vos « tu te calmes », mettez les vous dans le cul et bien profond, connard.

 

 

 

Et sur ces belles paroles qui soulagent, je m’en vais.

 

 

 

-Où vas-tu ?

 

 

 

-Boire mon café

 

 

 

-Je t’inte…

 

 

 

-Shut !

 

 

 

-Mais je…

 

 

 

-Shut !

 

 

 

-Tu ne p….

 

 

 

-J’ai dit shut ! Alors fermez votre gueule !

 

 

 

J’ai quand même dû marcher très vite, car je suis déjà rendu au réfectoire. Je me sers juste comme il faut, m’assois et attaque mon si précieux petit déjeuner.

 

 

 

-Tu comptes vraiment manger tout ça, ou tu as pris cette quantité faramineuse juste pour prouver quelque chose ?

 

 

 

-Je ne répondrais même pas à cette remarque. Par Yasdinos, dieu l’abondance et du plaisir, que ça fait du bien !

 

 

 

Je sens mon humeur s’améliorer à chaque gorgée et bouchée.

 

Une fois mon repas achevé, je m’installe confortablement sur ma chaise. Les mains sur mon ventre remplis et satisfait. J’observe l’elfe assis en face de moi. Qu’est-ce qu’il est beau quand même. Avec lui, c’est simple, j’ai l’impression de me retrouver dans la peau d’une adolescente complètement fascinée pas « Le mec » populaire du coin. Ma fascination pour son physique me désappointe fortement, c’est vrai, je ne suis pas aussi superficiel que ça d’habitude. Enfin, je le pensais. Je suis pathétiquement sous le charme visuel d’Aradan. Merde ! Je crois que je pourrais passer des heures à l’admirer. Ses yeux sont irrésistibles, on se perd dans ce turquoise si intense. Et ses lèvres sont une véritable invite aux baisers. Je rêverais de pouvoir goûter sa bouche tout en passant mes doigts dans ses cheveux. Pathétique, mais ça je crois que je l’ai déjà dit. Je sens ces foutus papillons commencer leur dance du désir et de l’amour dans mon ventre. Mon corps, cet enfoiré de traite, montre les premiers signes de la passion. Stop ! Pense à autre chose. Des trucs négatifs. Les poils des aisselles, des pieds avec des verrues et des champignons, l’odeur de transpiration dans les cellules des arènes, des intestins frétillant après éventration, un corps en décomposition après une semaine passé sous un soleil de plomb. Pense aussi à l’odeur du cadavre. Oui, c’est ça, je l’ai ! C’est bon, me voilà refroidis. Si je m’excite comme ça, juste en le regardant, je ne suis pas dans la merde. Ma fille va falloir être plus forte que ça. N’oublie que c’est connard que tu détestes ! Oui, mais c’est mon sexy connard ! Je suis trop faible. Oh, puis merde, fantasmer n’a jamais tué personne. Écourtons ce moment de dérapage qui est sûrement dû à ma longue période de désert charnel, vive le célibat et l’abstinence.

 

 

 

-Bon, c’est quoi le programme ?

 

 

 

- Ça y est ? Mademoiselle a enfin fini sa petite crise ?

 

 

 

-Oui, j’ai fini et je suis toute ouïe Votre Altesse.

 

 

 

-Alyana, je te promets qu’à partir de la semaine prochaine, je te ferais regretter ton insolence.

 

 

 

- Des promesses, des promesses. Tant que j’ai rien vue, rien sentie, laissez moi en douter.

 

 

 

-Assez !  

 

 

 

D’un coup-de-poing sur la table, il m’annonce qu’il est temps pour moi de passer en mode gentille fille.

 

-Jusqu’ici, j’ai fait preuve de patience. J’ai laissé passer ton comportement inadmissible et tes insultes. Mais ma patience à ses limites et là, tu viens de les franchir largement.

 

-c’est bon, j’arrête. 

 

Il me jette un regard sceptique. 

 

-Sérieux, je serais sage à partir de maintenant. 

 

-Bon, alors allons-y. Le grand Maître magicien de la Terre nous attend pour te tester 

 

-Me tester ? 

 

- Oui, il va tester ta magie élémentales pour savoir à quel niveau tu te situes. Selon les résultats, je vais pouvoir mettre en place ton programme d’études.

 

 

 

- Et ba, comme on dit chez moi, c’est parti mon kiki!

 

 

 

Nous sortons du bâtiment et traversons le grand jardin. Arrivés devant les remparts qui marquent la frontière de l’école, nous bifurquons à gauche. C’est la première fois que j’emprunte ce chemin. D’habitude, je vais a droite là où se trouve les arènes. Nous arrivons devant une forêt et franchissons la lisière. La forêt est claire et baigne de rayons de soleil qui filtre à travers le feuillage des arbres. Elle sent la mousse et le bois humide. Au bout d’un moment, nous atteignons une clairière où se trouvent un cercle de menhirs. Les menhirs sont de grosse pierre d’environs 2 mètres qui se dressent vers le ciel. À l’intérieur de ce cercle, se trouve un Dolmen. Il est constitué de menhir d’1 mètre 50, les uns contre les autres pour former 3 murs et au-dessus des grosses dalles de pierre forment un toit. L’entrée est composée des trois menhirs. Deux dressés et un autre posé en équilibre dessus. Ça n’a pas l’air solide comme ça, mais comme cela fait des siècle que ces pierres sont ici et qu’elles ne se sont jamais effondrées, je pense que je peux les franchir sans crainte. Nous entrons dans le Dolmen et je découvre qu’à l’intérieur, il y a un escalier qui s’enfonce sous la terre. En bas, nous débouchons dans une grotte. Elle est aussi grande que le réfectoire. D’un côté, on y trouve des tables et des chaise ainsi qu’un grand tableau noir. Une bibliothèque tapisse le mur. De l’autre côté, des chaudrons sont entassés à côté d’étagères remplis de pots et fioles divers. Au centre, se trouve un type avec une longue barbe blanche et une toge noire brodée de fils d’or. Je peux deviner qu’il est un des grands-maîtres magicien. Le fait qu’il lévite et qu’il est à moitié transparent me donne la puce à l’oreille.

 

 

 

-Grand Maître Macros, je vous présente l’apprenti Alyana.

 

-Alyana! L’apprenti alliée aux 4 éléments. J’ai entendu parlé de toi et de tes exploits. 

 

Je ne sais pas pourquoi, mais ce mec, enfin ce fantôme, je ne le sens pas du tout. J’ai l’impression qu’il y a un truc de pas très sain en lui. En dehors du fait, qu’il soit mort. J’ai comme un mauvais pressentiment. Ça pue les emmerdes à pleins nez.

 

-Approche apprenti et allonge toi au sol. Pour te tester, il faut que tu sois en contacte avec la terre. Une fois que tu seras allongée, il faudra que tu fermes les yeux et que tu fasses le vide dans ton esprit.

 

Je m’allonge au sol, ferme les yeux et vide mon esprit.

 

 

 

-Écoute attentivement ce que je vais te dire. Je vais invoquer le Père Terre pour qu’il te guide pendant le rituel. Puis, je demanderais à la terre de t’accepter en elle. Tu t’enfonceras dans le sol tout doucement. Surtout, ne panique pas. Il se formera une cavité ou il y aura suffisamment d’air pour que tu puisses respirer. Il n’y a aucun danger. Une fois que tu seras prêtes, tu entreras en transe et tu auras une vision. Tu te retrouveras dans une clairière. En son centre, tu découvriras un arbre. Il faudra que tu mémorises l’arbre et ce qui l’entoure dans les moindre détailles. C’est la description de tout ce que tu verras qui décrira ta puissance. Attention, je commence le rituel maintenant. Je te salue Père Terre et en appelle à toi. Une apprentie va commencer son voyage d’initiation. Je te demande de la protéger tout le long de son parcours. Je t’en remercie Père Terre. J’en appelle à toi la Terre accepte en ton sein, l’apprenti Alyana. Montre lui son arbre élémentale afin qu’elle puisse connaître l’étendue de sa magie…

 

 

 

Je n’entends pas la suite, car je me sens m’enfoncer dans le sol. C’est la même sensation que lorsqu’on s’enfonce dans la boue. C’est épais, visqueux et humide. J’essaie de ne pas paniquer, mais la pensée que je vais me retrouver enterrée vivante, me traverse l’esprit. Mon cœur s’emballe et mon souffle devient saccadé. Une boule d’angoisse me compresse la poitrine. Je suis complètement enfoncée dans la terre et je me sens descendre encore plus en profondeur. Je me retrouve dans une petite cavité qui me laisse assez d’espace pour pouvoir respirer. C’est exactement comme me l’avait décrit le maître de l’air. Soudain, je sens la terre trembler légèrement. Une torpeur me saisit et je me sens sombrer dans l’oublie. Quand j’ouvre les yeux, je me retrouve dans une prairie verdoyante remplie de fleurs des champs. Au loin on peu voir la mer sur laquelle miroite le soleil. Proche de l’océan, se dresse un volcan fumant et crachant de la lave qui se déverse dans l’eau. Au-dessus de celui-ci, gronde un puissant orage les éclaires illuminent tout le paysage et le tonnerre gronde au loin. Au milieu de la prairie, se trouve un chêne monumental. Son tronc doit faire aux moins 2 mètres de diamètre et il monte si haut dans le ciel que je n’arrive pas à apercevoir la cime. Ses branches sont fournies de feuilles bien vertes et des glands d’un marron doré agrémentent le tout. Toutes sortes d’animaux crapahutent dedans et autour de lui.

 

Je n’ai pas le temps d’en voir plus, car d’un coup, je me sens oppressé et je n’arrive plus à respirer. Je me réveille dans ma cavité qui est beaucoup plus étroite qu’à l’origine. Je sens les parois se resserrer autour de moi. Oh putain ! Je crois que j’ai un gros problème. Avec mes mains, j’essaie de creuser au niveau de mon visage pour éviter de m’asphyxier. Je sens la terre presser tout mon corps comme un véritable étau. Je vais finir complètement broyée. Je me mets à hurler de terreur. Par tous les dieux, sortez moi de là, je vais mourir ! Au moment même où la terre commence à s’infiltrer dans mes narines et ma bouche, je me retrouve dans du vide et me mets à chuté. J’atterrie lourdement sur une surface plane. Je me redresse à 4 pattes, tousse et crache toute ce que je viens d’avaler. Je me lève et frotte chaque partie de mon corps pour enlever la terre et surtout pour vérifier si je suis encore en un seul morceau.

 

 

 

-Putain de bordel de merde. Je rêve ou cet enfoiré à essayer de m’enterrer vivante. Je jure sur la tête de mon frère que si je le chope, je le tue.

 

-Techniquement ma chérie, cela va être difficile vue qu’il est déjà mort.

 

Mon cœur manque un battement. Qu’est-ce que c’est que ça encore ? Je me retourne lentement vers l’origine de cette voix. Toujours secouée, je préfère ne pas trop brusquer mon corps. On ne sait jamais, il suffit que je me retourne et que je découvre qu’en fait la voix proviens de ma tête. Ça voudra dire que je suis bonne pour l’asile. Mais heureusement pour moi, une magnifique jeune femme se dresse devant moi. Elle a la peau couleur caramel, assombris de çà et là par des tatouages mystérieux. Elle a de longs cheveux noire légèrement ondulé qui lui descende jusqu’au bas des reins. Ses yeux légèrement bridés sont de la couleur de l’ébène. Elle a un nez un peu aplatie et des lèvres généreuses. Ses traits sont fins et un immense sourire découvre ses dents parfaitement blanches.

 

C’est qui, celle-là ? Et je suis tombée où ? En me posant cette dernière question, je regarde autour de moi. Une chose est sûre, c’est que je n’ai pas quitté le monde souterrain. Je me retrouve encore dans une grotte. Je hais les grottes !

 

-Alyana, approche ma chérie. Viens t’asseoir à côté de moi.

 

Deux rochers sortent de terre à côté d’elle. Elle s’assoit sur l’un et me désigne l’autre. Je m’assois docilement. Et à peine mon cul posé sur la pierre, j’enchaîne les questions.

 

-Il s’est passé quoi ? Vous êtes qui ? Qu’est-ce que je fous là.

 

-Je suis dans le regret de confirmer tes doutes sur la tentative d’assassinat du grand-maître à l’encontre de ta personne.

 

-Mais quel salopard. Il ne perd rien pour attendre celui-là.

 

-Alyana, je vais devoir me répéter, mais tu ne peux rien faire contre lui. Il est déjà mort.

 

-Je fais comment pour le buter alors ?

 

 

 

-Tu trouveras la solution par toi-même ou avec un peu d’aide. Tu es la seule maîtresse de ton destin. Tout dépendra de tes choix et du chemin que tu suivras. Mais sache qu’il n’y a que lui et nous qui sommes au courant de ce qu’il vient de se passer. Donc,tu ne peux pas surgir de terre en hurlant vengeance. Personne ne te croira. Tu n’es qu’une apprentie rebelle et irrespectueuse. Lui, c’est un grand-maître magicien. Un Suprême, fondateur et protecteur de ce royaume. Ta parole n’aura aucun poids face à la sienne. Pour pouvoir le faire tomber, tu devras faire comme si rien ne s’est passé. Pour le moment, il te croit en train de mourir. Quand tu retourneras à la surface, la surprise et la peur le calmera un bon moment. Mais il faudra garder l’œil ouvert.

 

-Je veux bien faire ce que vous me demandez. Vos paroles sont censées et votre tactique plutôt bien intelligente. Mais qui êtes-vous ? On n’a pas gardé les vaches et les cochons ensemble. Donc je ne sais pas si je peux vraiment vous faire confiance.

 

-Je suis le Père Terre.

 

-Le Père Terre ? Mais vous êtes une femme !

 

-Et oui. Comme quoi la vie nous réserve parfois de sacré surprise

 

-Mais si vous êtes une femme, pourquoi vous faire appeler Père Terre ?

 

 

 

-Cela ne fait pas longtemps que j’ai pris une forme et consistance physique. Sache qu’à l’origine, je n’étais que pure énergie. Puis mes enfants Danalahia et Cenerusorus ont décidé de prendre une forme différente. Ils ont voulu se rapprocher de la Nature. Et de développer de nouvelles sensations. Ils recherchaient des expériences qui leur permettraient de créer la vie. Alors ils ont créer les 5 sens et avec ils ont pris corps. Toujours dans cette recherche de la vie, ils ont eu des enfants et ont crée des créature toute faite de chaire et de sang. J’ai trouvé leurs créations tellement belles que j’ai eues envie d’être aussi belle qu’elles. Les Hommes, particulièrement mon inspirée. Vous êtes si riche de différences. Dans votre physique, votre culture, votre langage, votre personnalité. Un jour, je suis tombée sur un peuple proche de la Terre. Ils étaient tellement beaux, lumineux, gracieux, et sereins que j’ai voulu leur rendre hommage. Pour ce qui est de du fait que je suis une femme, c’est très simple. Tous les peuples quel que soit votres races, le dieu protecteur que vous vénérez, parle de la Terre comme si elle était une mère. Une femme nourricière et protectrice. Et je dois avouer que je me suis toujours sentie plus féminin que masculin.. C’est en m’inspirant de tout ça que me voilà comme je suis devant toi.

 

-C’est plutôt bien réussi, vous êtes canon. Mais pour revenir à mon petit problème. Je sais que je peux paraître égoïste, mais je fais quoi moi maintenant ?

 

-Rien, Alyana. Ce n’est pas encore le moment. Par contre, tu vas apprendre. Il est temps pour toi de fusionner avec la terre.

 

- je croyais qu’on s’alliait avec elle ?

 

-Normalement oui. Mais pour toi, c’est différent.

 

-Et pourquoi ?

 

 

 

-Parce que toi, tu es différente, ma chérie. Ne cherche pas à savoir pourquoi ce n’est pas encore le moment des révélations. Pour l’instant, mettons-nous au travail et allons voir ton arbre.

 

 

 

Elle claque des doigts et nous voilà dans la prairie de tout à l’heure. Au pied du chêne, je me rends compte à quel point, il est immense et majestueux.

 

 

 

-Ton arbre est magnifique. Si plein de vie, de beauté et de générosité. Regarde toute cette faune qui vit grâce à lui. La terre t’aime Alyana. Tout, comme je t’aime. Nous souhaitons te faire un cadeau. À partir de ton sang, toi, la terre et moi allons créer.

 

 

 

-Créer ?

 

 

 

-Oui, et ta création sera l’incarnation de ton pouvoir. C’est par elle que tu pourras fusionner avec la terre, ta sœur.

 

 

 

-Ma sœur ?

 

 

 

-Oui, par les liens du sang, vous deviendrez sœur. Donne-moi ta main gauche ta main de cœur.

 

 

 

 

 

 

 

 Je lui tends ma main. Elle sort un petit poignard de sa robe et m’entaille la paume. Du sang goutte sur le sol. Elle caresse du doigt ma plaie qui se referme immédiatement. Une légère vibration sous mes pieds me fait reculer de quelques pas. Aux pieds du chêne, à l’endroit ou mon sang à coulé, surgis une pousse. Elle s’allonge et s’enroule autour du tronc. Elle commence à se séparer en plusieurs tiges qui escaladent l’arbre et se développent sur ses branches. Des feuilles et des épines font leurs apparitions. Les feuilles sont de couleurs vert foncé. Les épines sont d’un pourpres éclatant. Des bourgeons apparaissent. Quand ils éclos, ils laissent placent à de magnifiques roses noires. Les pétales sont d’un noir mat et sa texture et comme du velours.

 

 

 

-Je te présente ta rose, ma chérie. Elle sera ton lien avec la terre et ton arme.

 

 

 

-Mon arme ? Ce n’est qu’une rose.

 

 

 

-Attends, tu vas voir.

 

 

 

Elle se dirige vers l’arbre et le rosier. D’un coup, un jet d’épine s’abat sur elle. Elle lève la main et celles-ci se figent et tombent à terre. Je dois dire que je suis plutôt impressionné. Sans ses pouvoirs, elle se serait transformé en passoire ou en porc épique avec toutes ses épines enfoncé dans le corps.

 

Elle cueille une feuille qu’elle frotte sur son bras. Un bruit de grésillement me parvint et une fumer apparaît. Je me rapproche et vois sa peau se liquéfier et se mettre à bouillir. C’est vraiment dégueulasse à voir. Car la chaire et les muscles eux aussi ont droit au même traitement. En quelque battement de cœur, son bras s’est consumé. Ça me donne envie de vomir.

 

 

 

-C’est de poison ?

 

 

 

Oui et plutôt efficace.

 

 

 

Elle regarde son bras et souffle dessus. Heureusement que j’ai l’estomac solide, car un autre bras est en train de repousser devant moi. D’abord les os, puis les tendons, les muscles et la peau.

 

 

 

-Putain, je ne sais pas si je veux vraiment savoir ce que font les fleurs.

 

 

 

Je vois Père Terre sortir son poignard et se diriger vers un daim et le poignarder.

 

 

 

-Non mais ça ne va pas ! Pourquoi faire cela ? Il est innocent.

 

 

 

-Regarde, Alyana.

 

 

 

Elle cueille une rose et la dépose dans la gueule de l’animal mourant. Je vois la plaie se refermer sous mes yeux et le daim se remet sur ses pattes et d’un bon partir paître plus loin. Je suis complètement sonnée. J’aimerais bien pouvoir dire un truc, n’importe quoi même un juron, juste pour pouvoir exprimer le bordel qui se trouve dans ma tête. Mais rien ne sort.

 

 

 

-Ma chérie, je sais que cela fait beaucoup de choses à encaisser d’un coup. Mais nous n’avons pas beaucoup de temps. J’ai tant de choses à te montrer. Tout d’abord, il faut en finir avec ta fusion à la terre. Il faut la symboliser. Va faire connaissance avec ta rose.

 

 

 

-Mais, elle ne va pas me tuer ?

 

 

 

-C’est ta rose. Elle est faite de ton sang. C’est une partie de toi.

 

 

 

Je m’approche du rosier, non sans appréhension. Une fois à sa hauteur, je me mets à caresser une fleur. Elle est douce, comme le velours. Puis je descend vers une feuille. Elle est soyeuse comme la plus fine des soies. Les épines sont souples à mon toucher. D’un coup, je me retrouve au cœur du rosier. Des branches s’enroulent autour de mon corps. Je sens quelque chose remonter le long de ma jambe gauche. C’est une tige qui me serre très fort. Comme si elle cherchait à s’insinuer en moi. Ça me fait mal et les épines commencent à percer ma peau. Des gouttes de sang coulent le long de ma jambe et sur le rosier. Je ferme les yeux et sers les dents. La douleur prend fin d’un coup. La plante se détache de moi. Une fois libre, je recule de plusieurs pas. Père terre s’approche de moi et s’agenouille devant ma jambe gauche qu’elle regarde d’un air satisfait.Je baisse les yeux. Un rosier semblable au mien est tatoué de mes orteils jusqu’à ma hanche. Merde ! Lors de mon super câlin avec la plante, j’avais perdu ma robe. Je me retrouvais en corset, une culotte et un méga tatouage qui recouvrait toute ma jambe gauche. Je ne peux pas m’empêcher d’admirer le dessin. Il est tellement réel. C’est comme si la tige qui m’avait fait si mal avait fusionné avec ma peau. Je ne sais pas d’où me vient cette certitude, mais au plus profond de moi, je sais que cela s’est réellement passé.

 

 

 

-te voilà uni à la terre. Il est temps pour moi de te revendiquer. Je vais te marquer et dans cette marque se trouvera toutes mes connaissances et celle de ta sœur la terre.

 

 

 

-Me revendiquer ?

 

 

 

-Oui ma chérie. Tu fais partie de moi. Il est de mon devoir de te transmettre tout mon savoir. Tu es spéciale, Alyana. Bientôt, tu comprendras pourquoi.

 

 

 

-Bientôt, Bientôt. Vous êtes mignonne vous. N’empêche que je me retrouve avec plein de questions sans réponse. Et pour couronner le tout moi et la patience, on ne fait pas bon ménage.

 

 

 

 

 

-Je sais que cela peut te paraître difficile. Mais je te promets que tout te sera révélé au moment voulu et que les autres Père et moi répondrons à toutes tes questions. Maintenant tourne toi.

 

 

 

Je me tourne. Je sens une pression dans la cambrure de mon dos. Juste au-dessus de la colonne vertébrale. Des petits picotements se font sentir.

 

 

 

-Voilà, c’est fini. Désormais, tu possèdes tout mon savoir. Quand tu voudras l’utiliser, cela te viendra instinctivement. Comme tous les savoir que tu as emmagasiné dans ton esprit en lisant. Mais rappelle toi que tu as des ennemis. D’ailleurs, il y en a un qui t’attend avec impatience. Théoriquement, c’est ton cadavre qu’il attend avec impatience. Garde pour toi ce qu’il vient de se passer. Tu ne peux en parler qu’à ceux en qui tu as entièrement confiance. Quand tu retourneras là-haut, dis que tu as vu un arbre fragile et chétif. Il faut qu’il te sous-estime. Plus il croira que tu es faible, moins il sera vigilant. Il est grand temps que je te laisse. Allonge-toi, ferme les yeux et remonte. Sache qu’où que tu sois, je veille sur toi.

 

 

 

Elle m’embrasse délicatement sur le front et disparaît dans une pluie de fleurs. Je m’allonge dans le sol et ferme les yeux. Ça te viendra à l’instinct. Je ne sais pas si mon instinct, il est courant. Une image apparaît dans mon esprit. Celle d’une taupe creusant dans la terre. Je sens la terre trembler sous mon corps et s’enfoncer dans le sol. Et c’est partie pour un autre tour.Le temps de ma remontée, je fais le bilan de ce qu’il vient de se passer et une fureur sourde monte en moi. Car la seule chose que je retiens vraiment, c’est qu’une espèce d’esprit mal famé avait tenté de me tuer et que je ne pouvais rien faire pour me venger. Bon, il est vrai qu’il s’est passé d’autre chose beaucoup importante, mais l’idée qu’on est voulu me faire bouffer les pissenlits par la racine passe au-dessus pour le moment. Je crois que c’est un moyen pour moi de me protéger. Me focaliser sur quelque chose de terre-à-terre comme une tentative d’assassinat est mieux que celui d’avoir un rosier tatoué sur la hanche et un savoir inouïs dans la tête. Putain, je n’y crois pas, je ne le connais même pas ce type et comme ça, il essaie de me zigouiller directe. Au moment où j’émerge à la surface, un nuage de fumée sort du sol avec moi. Mon tuteur me regarde avec des yeux rond.

 

 

 

-Alors je vous ai manqué ?

 

 

 

J’entends du verre qui se brise derrière moi. Je me retourne et vois l’autre enfoiré au milieu d’un amas de verre brisé. Qu’il se coupe et se vide son sang. Merde, il ne peut pas, il est déjà mort. Il lève les yeux sur moi et je vois la stupeur envahir son regard. Je ne peux que me sentir satisfaite quand je vois la confusion et la terreur figer les trait de son visage spectrale. Mais quand la haine apparaît dans ses yeux, un frisson de peur cour le long de mon dos. Mais en même temps, je ne peux m’empêcher de jubiler. T’as raté ton coup connard, je suis toujours là ! Et c’est avec, jubilation que je lui adresse mon plus innocent des sourires.

 

 

 

-Vous avez un problème grand maître ?

 

 

 

Il semble se ressaisir d’un coup, et un masque neutre apparaît sur son visage.

 

 

 

-Tout va bien, tout va bien. J’ai été surpris. Je ne t’attendais pas à revenir si vite. Raconte moi ce que tu as vu.

 

 

 

Des images fusent dans ma tête.

 

 

 

-J’ai vu un rosier. Le même que ceux qu’on trouve dans les jardins du roi des hommes de l’est. Il était aussi grand moi et devait avoir environs un mètre d’envergure. J’ai compté une dizaine de boutons de rose d’un blanc immaculé. Ses feuilles n’étaient pas nombreuses, mais d’un joli vert. Il n’y avait pas d’épines sur les tiges.

 

 

 

Les images qui se formaient dans ma tête me racontaient l’histoire de ce rosier. Créé par un ancien roi en mémoire de sa mère décédée. C’est la plus belle rose de la terre des hommes. Mais elle est aussi la plus fragile. Une fois éclos la fleur se fane le lendemain de sa floraison. Le rosier ne pousse que dans un climat doux. Ni trop froid, ni trop chaud. Je pense qu’avec ce rosier si délicat, le fantôme pourra jubiler devant ma faiblesse.

 

 

 

-Dis-moi, Alyana. As-tu vue un point d’eau ? Un océan, une rivière ou un petit court d’eau ?Est ce qu’il faisait chaud et y avait il du vent?

 

 

 

Il fallait tout minimiser alors voyons petit.

 

 

 

-J’ai juste entraperçu un ruisselet. L’air était doux et il y avait un petit filet d’air. Pourquoi cherchez-vous à savoir tout ça ? C’est supposé indiquer quelque chose ?

 

 

 

-Oui. Tes descriptions m’indiquent que tu possèdes bien un lien avec les 4 éléments. Mais celui-ci est plutôt faible. Je pense qu’il serait sage dans un premier temps de te mettre en classe d’initiation. Puis, une fois que l’on aura fait le tour de ta magie, tu pourras intégrer les classes de niveau 1. J’ai été ravi de faire ta connaissance.

 

 

 

Mais quel faux-cul ! Il venait d’essayer de me tuer et il osait me dire qu’il était enchanté de me connaître. Heureusement pour lui, je ne sais pas comment éliminer un esprit, car j’aurais fait un carnage dans cette grotte. Il faut absolument que je me renseigne sur ces fantômes pour savoir comment m’en débarrasser. Je regarde ce salopard droit dans les yeux, affiche mon air le plus sympathique et lui adresse un sourire éblouissant.

 

 

 

-Moi de même Grand maître. Au plaisir de vous revoir.

 

 

 

Une fois revenue à la surface, Aradan m’attrape par les deux bras et m’oblige à lui faire face.

 

 

 

-Que c’est il passé là dessous.

 

 

 

-Rien pourquoi ?

 

 

 

-Alyana, tu es restée très longtemps sous terre. Quand tu en es sortie, tu fumais. Le Grand-maître n’a rien vue, car il était occupé à autre chose. Pourquoi tout le temps où tu étais sous terre, j’ai éprouvé un sentiment de malaise, pourquoi quand tu es revenu le Grand-maître a paru tellement surpris de te voir ? Pourquoi étais-tu tellement furieuse que de la fumée sortait par ton nez et ta bouche ? Et surtout, c’est quoi cet air innocent que tu nous as présenté avant de partir ?

 

 

 

- Et bien ça en fait des pourquoi. Et je vois que vous vous faites du souci pour moi. Vous êtes trop mignon. Mais je ne comprends pas votre dernière question quel air innocent ?

 

 

 

-Voilà, c’est de cela dont je parlais. Une grande gueule reste une grande gueule. Et tu n’as rien dit. Tu étais furieuse, mais aucun sarcasme ou insolence n’est sortie de ta bouche. Tu t’es montrée poli et obéissante. Ce n’est pas toi ça.Et cet air innocent encore moins. Tu es tout sauf innocente.

 

 

 

-Oulala, c’est ma fête aujourd’hui. Si j’avais su que c’était la journée du compliment, j’aurais mis une plus jolie robe.

 

 

 

C’est à ce moment-là, que je me rappelle être en sous-vêtement. Merde ! Jusqu’ici, personne ne l’avait remarqué. L’elfe me regarde en écarquillant les yeux.

 

 

 

-Où est ta robe ?

 

 

 

-Parti.

 

 

 

-Comment ?

 

 

 

-Je ne sais pas. À un moment, j’avais une robe et l’instant d’après j’avais plus de robe.

 

 

 

-Comment est-ce possible ?

 

 

 

- Ce n’est pas bientôt fini l’interrogatoire ? Je ne suis coupable de rien à dernière nouvelle. Alors lâchez-moi un peu.

 

 

 

-Il s’est passé quelque chose. J’en suis certain et je ne lâcherais pas l’affaire sans avoir la réponse. Tu peu me faire confiance et tout me dire, Alyana.

 

 

 

-La confiance se gagne au mérite prince Arandan du royaume des elfes noirs. Et pour le moment vous n’avez rien fait pour cela. Ce qu’il s’est passé dans cette grotte ne concerne que moi et le Grand-maître. Personne d’autre. Avons-nous d’autres choses à faire pour aujourd’hui ?

 

 

 

-Non, tu peux rentrer à l’école. Il faut que je prépare ton emploi du temps pour la rentrée.

 

 

 

Au moment où nous nous apprêtons à nous séparer, je ressens comme un pressentiment.

 

 

 

-Prince Aradan ?

 

 

 

-Oui ?

 

 

 

-Vous savez comment vaincre un esprit ?

 

 

 

-Non

 

 

 

-Tant pis.

 

 

 

Je me retourne et avance de quelques pas quand je l’entends me répondre.

 

 

 

-Je me renseignerais pour toi !

 

 

 

 

 

Publié dans : Non classé | le 1 novembre, 2020 |Pas de Commentaires »

Chapitre 7

yeux doréLe chocolat est la meilleure chose qui soit arrivé à la femme.

 

Nous sommes déjà à la fin de la semaine. Le jour officiel de la rentrée sera demain. Je n’ai toujours pas revu Mérïa et Phénix. Il faut dire que cela fait un moment que je ne suis pas allé au réfectoire aux heures de repas. Ces derniers jours ont été éreintants, après la tentative d’assassinat sur ma personne et ma fusion avec la terre. J’ai passé le lendemain de cette journée merdique avec mon tailleur pour me confectionner mes nouveaux uniformes. Cette manie, de mettre tout le monde dans le même sac m’énerve. Pourquoi faut-il un standing dans l’habillement ? Pourquoi considérer que toutes les femmes quelles que soient leurs races, leurs origines où autres, devrait obligatoirement avoir les mêmes mensurations ? Putain, mais ils ont quoi a la place du cerveaux ? Un gros tas de merde ? Sérieux, c’est comme s’ils s’imaginent qu’une trolle des montagnes peut entrer dans la même robe qu’une gnomide ! Je ne vois pas comment les 2 mètre 50 et les 300 kilos de différence ne leur saute pas aux yeux ? Prenons un autre exemple pour appuyer leur stupidité. Ma cousine et moi. Oui, j’ai une cousine et un cousin aussi. Ils sont géniaux, je vous parlerais d’eux un peu plus tard. Bref ma cousine et moi somme de la même race et avons a peut près la même taille. Et ba, ce n’est pas pour ça qu’on entre dans le même slip. Je suis voluptueuse, elle est élancée. Je suis généreuse physiquement, elle est dosée juste comme il faut. Ses cuisses correspondent aux tours de mes bras ! Je suis une guerrière, elle est une Traqueuse. On ne sait pas être de simple princesse dans la famille. Je suis dans la force, elle est dans la légèreté. Je suis dans le combat, elle est dans la traque. Alors pourquoi ne pas prendre en compte nos différences dans leur putain de norme de beauté et morphologie bordel de merde. J’aime bien mon tailleur, c’est un gentil garçon. Mais se faire mesurer, tripoter et palper toute la journée dans des positions pas très confortable sans pouvoir bouger, ce n’est pas ce que je préfère le plus au monde. La journée suivante, n’a pas été mieux non plus. Une vraie torture. S’il y a bien un truc que je déteste plus que tout, ce sont les emplettes. J’ai passé ma journée à battre le pavé et aller de boutiques en boutiques pour trouver tout le matériel dont j’aurais besoin. Mais grâce aux dieux aujourd’hui est un jour de repos. Je compte bien Voir mes amis. Mais dans l’immédiat, il est indispensable que je parte à la recherche de mon frère. La dernière fois que je l’avais vu, il m’avait dit qu’il viendrait ici. Je me dirige d’un pas décidé vers le réfectoire. Au moment où je franchis les portes, j’entends crier mon prénom. Là, je vois Mérïa courir vers moi et elle se jette dans mes bras.

 

- Nom d’un bébé phoque à crocs. Tu m’as trop manquée. Cette semaine a été une vraie folie. Je n’ai pas eu un instant à moi. Je suis usée. Le pire, a été cette fichue virée en ville où tu n’as même pas le droit de faire les boutiques qui t’intéressent. Une vrai torture. Viens donc t’asseoir avec nous. J’ai une surprise pour toi. 

 

Nous nous dirigions vers une table. J’aperçois Phénix qui me salue de la main. À ses côtés, se trouve un gars que je ne connais pas. En face de lui, je distingue un dos et des cheveux blancs coiffés en pics. Yalaric ! Il se retourne à mon approche.

 

- Bon sang, frangine ! Tu étais où ? Cela fait deux jours que je suis ici à te chercher dans le moindre recoin et toi, tu joues au abonnée absente.

 

- J’étais occupé comme tout le monde. Crois-moi, je n’ai pas chômé. D’ailleurs, j’ai des choses à te dire.

 

Je m’attable avec eux et commence à manger. Soudain, je me souviens du nouveau. Je donne un coup de pied à phénix pour attirer son attention.

- Tu me présentes ton voisin ?

 

Il est beau. Vraiment beau. Je dirais même plus, parfaitement beau. Son teint chocolat est une invite aux fantasmes. Et les dieux savent à quel point, j’aime le chocolat. Et rien que d’y penser, je me vois lécher sa peau avec gourmandise. J’arrive même à deviner qu’elle a une saveur chocolaté intense avec une pointe de douceur lacté. Je vous ai déjà précisé à quel point, j’aime le chocolat ? Je crois même que je le vénère plus que mon café du matin. J’en bave d’envie. Il doit être aussi grand que Phénix. On devine sous sa chemise un corps aux muscles bien dessinés. Ce qui veut dire qu’il doit posséder les tablettes de chocolat les plus alléchantes au monde. Je vous ai bien dit à quel point, j’adore le chocolat ? Oui ? Ah merde ! Je suis tellement focalisée sur peau chocolaté que je n’ai même pas remarqué ses yeux. Et quels yeux. Extraordinaire ! Ils sont dorés. Vraiment doré. C’est simple, on a l’impression qu’ils ont été recouverts par des feuilles d’or. C’est perturbant dans un premier temps, de se retrouver devant ses deux disques d’un or pure, mais une fois passé le choc, on reste comme hypnotisé. Ce qui m’agace quand même, c’est que je dois avouer que des yeux turquoises se rappelle à leur bon souvenir et qu’ils restent malgré ma plus grande volonté de les oublier, les plus beaux yeux qu’il m’ait été d’admirer. Pour en revenir au nouveau, et finir sa description, il a une mâchoire carrée, un nez aplati et des lèvres pulpeuses. Il est à lui tout seul une succession de gourmandises et je le dévore du regard. Je serais prête à parier qu’un léger filet de bave dégouline sur mon menton. Un grand coup dans les côtes, me sort de ma rêverie gourmande. Mon frère me regarde hilare.

 

-Quoi ?

-T’as de la bave au coin de la bouche sur la droite.

Machinalement, je porte ma main du côté droit de ma bouche. Puis je prend conscience de mon geste.

-N’importe quoi, y a rien.

Et là, tous les mâles de la table explose de rire. Je me sens devenir rouge tomate. Je regarde Mérïa qui semble elle aussi complètement envoûtée par Monsieur chocolat. Je reçois un nouveau coup de coude entre les côtes. Je me retourne exaspérer vers mon frère.

-T’arrêtes un peu de me frapper comme ça, merde ! C’est chiant à la fin. Tu veux quoi ?

- Mon câlin de retrouvaille. Tu m’as tellement manqué ma sœur chérie.

-t’es con quand tu t’y mets. Je ne sais même pas si tu le mérites. C’est bien parce que je t’aime, car c’est plus une tarte que tu mériterais.

Je me lève m’approche de lui et l’encercle de mes bars. Je lui fais un gros bisou sonore sur chaque joue, puis je retourne m’asseoir. Phénix me regarde avec les yeux pétillants de malice.

-Moi aussi, je veux mon câlin de retrouvaille.

-Phénix, ne commence pas.

-Et pourquoi lui, il a le droit et pas moi ?

-Parce que lui, c’est mon jumeau. Il est la moitié de mon âme. Et pas toi.

-Quoi ? Tu oses insinuer que je ne suis rien pour toi ? Je suis mort par deux fois pour sauver ton joli petit cul. Et nous sommes frère de sang. Sache que mon petit cœur vient de se briser en mille morceaux par ta faute.

-Putain, tu fais chier.

 

Je me relève et comme avec mon frère, je lui fais un gros câlin avec deux gros bisous. Sur ma lancée je fais la même chose à Mérïa qui me dévisage avec des yeux complètement hagard. J’en connais une qui a le béguin pour un certain Monsieur chocolat. Elle cligne plusieurs fois des yeux et j’aperçois un éclair de lucidité traverser son regard.

 

-Qu’est-ce que tu fais ?

 

-Un câlin de retrouvaille.

 

 

Un grand sourire illumine ses traits. Elle me rend mon accolade.

-Moi aussi, je suis contente de te retrouver. Ce n’est pas très drôle d’être la seule fille. Même si je dois admettre qu’être entourée par trois beaux garçons, améliore inconditionnellement mon statut social. En deux jours, mon cercle d’amis s’est agrandi en un temps record. Même si je suis tout à fait consciente que l’amitié n’a rien à voir là-dedans. Susciter autant de jalousie sur la gente féminine me comble de bonheur.

 

Je tourne mon regard vers l’objet de ma curiosité et lui adresse mon plus beau sourire. À nous deux, jeune homme. Tu vas me dévoiler tous tes petits secrets.

-Salut à toi inconnu. Je suis Alyana et je suis enchantée de te rencontrer et j’espère d’ici la fin de ce repas être enchanté d’avoir fait ta connaissance.

-Alyana tu sais que tu es flippante quand tu es comme ça. On dirait un chat qui joue avec sa proie avant de la bouffer.

-Tu n’as pas besoin de protéger ton ami, cher frère. La seule personne que j’ai mangée était un orc et j’étais sous ma forme dragon. Il n’a rien à craindre, je suis une gentille fille toute innocente.

Allez savoir pourquoi, tout le monde sauf monsieur chocolat et moi s’étouffe sur la fin de ma phrase.

-Quoi ? Qu’est-ce que j’ai dit ?

-Alyana tu es aussi gentil qu’une trolle des montagne qui a ses règles.

-Phénix si tu tiens à avoir des héritiers un jour, je te conseillerais de fermer ta gueule.

-Je suis Amalarha, le voisin de chambre de Phénix et Yalaric. C’est un plaisir aussi pour moi de te connaître enfin.

-Enfin ?

-Oui, j’ai beaucoup entendu parler de toi.

-Si c’est en bien tout est vrai. Si c’est en mal tout est faux. Surtout quand ça vient de mon frère et de Phénix. Ces deux-là, racontent n’importe quoi sur ma personne. Tu viens d’en avoir la preuve.

 

Je me retourne vers mon jumeau.

-En parlant de toi, tête de nœud, il faut qu’on parle. Enfin, que tu parles. Alors monsieur « je fais des mystères », craches le morceau et dis moi pourquoi tu es là ? Je suis toute ouïe et le cerveau grand ouvert pour ton histoire. Et j’espère qu’elle est croustillante.

-Ah, enfin un peu de reconnaissance. J’ai cru un instant que tu allais faire passer un autre homme avant moi. Je ne comprends même pas pourquoi tu ne m’as pas harcelé de question dés ton arrivée. Un peu plus et j’aurai pu être jaloux. Mais je passe pour cette fois-ci, car, vois-tu, je suis un homme clément et emplis de bienveillance. Et je te pardonne toi, ma sœur jumelle. Celle qui passe toujours en premier dans mes priorités et qu’aucune autre femme ne pourra devancer dans mon cœur. 

-ça va n’en rajouter pas non plus. Je faisais juste preuve de politesse. Mais ne t’inquiètes pas mon petit frère chéri. Tu auras toujours la première place dans mon cœur, juste après Papa, maman, Nounours, mes deux chéries, Tonton Eirik. Non, je rigole, mon frère adoré, tu es le seul homme de ma vie et je suis toute à toi.

Mon frère me tire la langue.

-Comme je te l’ai dit la dernière fois que l’on s’est vu, j’ai eu des problèmes d’ordre magique lors de mon séjour chez les nains de fer. Des petits problèmes plutôt problématique quand on sait que j’ai failli détruire leur royaume.

. -Oh, je sens qu’une histoire épique va se faire entendre. Attends, je me prends à manger et je t’écoute. Les autres sont au courant de tes aventures ?

-Non, j’attendais que tu daignes pointer ton cul ici. Tu sais bien que mes histoires, je les conte qu’une seule fois.

-Pour la légende ?

-Pour la légende.

Mérïa se rapproche de moi.

-C’est quoi cette histoire de légende ?

-Chez les dragons, il existe une croyance qui dit que si l’on raconte son histoire une seule fois, elle deviendra une légende. Et que si on l’a raconte plus de deux fois, elle se perdra dans l’oublie.

-Mais comment peut-elle devenir légende ?

 

-Parce que les dragons sont friands de drame, de suspense et d’histoire. Je vais te donner un exemple. Tête de nœud ici présent va me raconter sa petite histoire. Disons que demain, je croise un autre dragon et comme dans mon fond intérieur, je trouve que la petite histoire de Yalaric n’était pas si palpitante que ça, je vais y rajouter quelque détaillé de mon choix. Je vais y mettre un peux plus de sang, de bagarres épiques et peut être même y ajouter une femme. Ce dragon rencontrera d’autres dragons et lui aussi va y rajouter un peu de sa sauce. Les bagarres vont se transformer en batailles, la femme en princesse en détresse, un dieu fera son entré et un méchant sanguinaire deviendra la cible à abattre. Ce qui fait que quand je rentrerai au royaume de feu, l’histoire de mon frère sera devenue légende, car il aura sûrement occis une quantité non-négligeable de monstres sanguinaires, détruit et reconstruit les mines de fer et sauver le Monde 46 fois. Tu comprends maintenant ?

-Oui, je comprends mieux.

.-Même si de toit à moi, je pense plutôt qu’il est une grosse feignasse qui ne veut pas se fatiguer à répéter son histoire.

Nous éclatons toutes les deux de rire. Nous nous levons pour aller nous servir copieusement à manger suivit par les trois autres garçons. Une fois, tout le monde installé, tous les regards se sont fixés sur mon jumeau qui fière comme un paon, commence son récit.

 

-Cela faisait déjà deux semaines que je me trouvais chez les Nains de Fer. Pour la petite histoire, leur royaume se situe dans les montagnes noires. C’est un peuple troglodyte. Leurs habitations sont sur les parois de la montagne. Mais le cœur de la cité se trouve dans ses entrailles. C’est fort joli, mais trop de marches pour moi. Tu passes ta journée à monter et à descendre des escaliers. J’ai des cuisses en acier maintenant. Mais ce n’est pas le sujet de mon histoire. Donc, je me trouvais six pieds sous terre, à boire un coup tranquille avec des compagnons de ma garde. C’est à ce moment-là, qu’un soûlard m’a bousculé et m’a craché dessus en me traitant, je cite : “ Espèce de lézard vénéneux. Retourne d’où tu viens.” . Évidement, comme je suis un fin diplomate, je me suis fait l’honneur de lui répondre courtoisement.

Mon frère courtois après avoir bu un coup et s’être fait insulter ?

-Toi courtois ? Tu l’as traité de quoi ?

-De rases bottes, mais avec des termes un peu plus familiers.

-Et je suppose que vous êtes passé très vite à la conversation virile ?

-Alyana, je peux raconter mon histoire ?

-Ok, ok, je me tais.

 

-Comme je le disais avant d’être grossièrement interrompu, l’ivrogne et moi étions en pleine conversation virile…

 

-C’est quoi une conversation virile ?

 

Nous nous retournons tous vers Mérïa qui nous regarde avec un air innocent.

 

-bah quoi ? J’ai bien le droit de ne pas savoir ce qu’est une conversation virile

 

Je m’empresse de lui répondre.

 

-Une conversation avec les poings.

 

-Une bagarre, quoi !

 

-Voilà, tu as tout compris.

 

-les filles si vous pouviez arrêter de parasiter mon histoire, je pourrais continuer. On ne va pas y passer la nuit non plus. Je ne sais plus ou j’en étais avec tout ça. Ah oui, cela me revient. Donc comme je le disais avant d’être grossièrement interrompu, l’ivrogne et moi étions en pleine discussion virile quand j’ai senti une lame s’enfoncer dans mon dos. Elle s’est figée pile-poil dans mon cœur. Je venais d’être victime d’une tentative d’assassinat. Mais pas par mon acolyte de baston qui à ce moment-là avait les deux mains autour de mon cou. Je venais d’être embroché comme ma sœur l’a été récemment, par un homme dont je n’ai jamais pu voir son visage. J’ai senti comme une explosion en moi. J’ai eu l’impression que mon cœur s’était désintégrée. Je me suis vu mort, réduis en cendres après une cérémonie funéraire grandiose. C’est au moment, où j’imaginais les chants de mon éloge que je les ai sentis. Les battements de cœur. Les battements de mes deux cœurs. C’est comme si l’épée qui m’avait transpercée avait coupé mon cœur en deux et que chaque partie étaient devenue deux cœurs distincts. Après la terre s’est mise a tremblée au même rythme que mes deux organes vitaux. Puis, il y a eu un gros crac, un cri et un autre crac. Et plus rien. Le silence absolu.

 

Le silence se fait à notre table. Nous digérons lentement l‘histoire. J’observe mon jumeau du coin de l’œil pour voir s’il ne se fout pas de nos gueules.

 

-Comment ça un crac, un cri et un autre crac ?

 

-Disons qu’une fissure s’est formée au moment où la terre s’est mise à trembler. Ce qui au passage est super flippant quand tu te trouves dans une grotte sous la terre. Cette fissure s’est ouverte sous les pieds de mon assassin lors de sa fuite. c’est ce qui a donné le premier crac. Le cri, c’est quand il est tombé au fond du trou. Tout de suite après la crevasse s’est refermée sur lui et là second crac. Enfin, grosso modo, c’est ce que j’ai conclu selon les témoignages recueilli. Car à ce moment-là moi, j’étais étendu sur le sol baignant dans mon sang et réfléchissant à la probabilité que j’avais maintenant deux cœurs. Nous avons deviné que le tremblement de terre et la fissure était magique, car elle partait de mes pieds et le séisme s’est fait ressentir qu’à proximité de ma personne.

 

Phénix qui se trouve à la droite de mon frère, lui décoche une grosse claque dans le dos.

-Et ba mon vieux, vous n’êtes pas jumeaux pour rien. Tous les deux embrochés bêtement, les voilà qui déclenchent des pouvoirs magiques dignes des dieux. Pour ce qui est d’avoir deux cœurs, c’est une autre histoire. En même temps vue que ta sœur en ai dépourvu ça donne au change.

J’envoie un coup de pieds bien senti dans le tibia de ce nigaud. Qui a ma grande satisfaction lâche un cri de douleur et se masse fortement l’endroit où je l’ai frappé. Je lui souris de toutes mes dents en lui adressant un doigt d’honneur. Puis j’échange un regarde avec Yalaric. Putain, on assure quand même un max lui et moi. La cloche de la fin du repas se fait entendre. Nous nous levons tous en même temps. Mérïa attrape Monsieur Chocolat par le bras.

-Toi le nouveau, ne crois pas que tu vas t’en tirer comme ça. Je meurs d’envie de tout connaître sur toi.

 

En disant ces mots, je vois son regard devenir gourmand. Je crois bien que mon amie rêve de donner un petit nom à son attribut. Elle le détaille avec envie et concupiscence. Sérieux, je dois avouer que je ne supporte pas les mecs qui reluque les filles comme de la chair fraîche. Mais voir une fille faire de même, ça me perturbe aussi. Car soyons honnête cet homme à un physique à tomber et je suis sûre qu’il y a peu, je devais moi aussi le dévorer du regard de la même façon. En fait, les gonzesses, c’est comme les mecs de vrai obsédés quand elles s’y mettent. Mais ce qui fait la différence entre les hommes lubriques et les femmes lubriques, c’est que la plus grande majorité d’entre elles sait faire la différence entre les désirs et la réalité. Et peu d’entre elles passent à l’acte et force un homme. Attention, je sais bien qu’il y a de vrais menthe religieuse qui bouffe les hommes et les violes sans états d’âme. Mais soyons réaliste, la plupart des violeurs sont des hommes et les victimes des femmes, même si des hommes peuvent subir aussi cet acte intolérable. Bon en même temps la force physique fait aussi les choses. Allez savoir pourquoi les femmes naissent avec un corps moins solide que les hommes au niveau musculaire. J’en ai chié un max pour développer ma force et être dans la possibilité de faire mal quand je cogne. En plus, la plupart des croyances populaires disent qu’une femme est faible, et ces croyances font toujours office de fait avéré. Mon cul tout ça ! Les filles et les garçons pas très développés musculairement, on a peut être pas la même force physique que ces pourritures de pervers lubrique assoiffé de chaire, mais nous avons un cerveau qui se muscle très bien aussi. Nous les femmes, nous avons tendance a le muscler dans le coté vicieux. Alors développez notre coté tordu féminin et apprenez a vous battre et on verra qui est le plus fort. Même chose pour vous messieurs en infériorité musculaire, développer le seul muscle dont ils sont dépourvus ou qui est atrophier chez eux. J’ai assez bottez de cul dans ma vie pour vous dire, que savoir se défendre et connaître les points faibles même si ça implique un petit côté tordu, du genre saisir à pleine main les bijoux de famille pour exercer une jolie rotation, peu vous sortir de situations délicates.

Mais revenons à nos moutons ou plutôt à la chienne en chaleur qui me sert de meilleur amie. Je la saisis par le bras, salut les hommes et je l’entraîne en dehors du réfectoire. Une fois arrivée devant la porte de ma chambre, je ne peux m’empêcher de rire. Mon amie me regarde de travers.

 

-Quoi ?

-Franchement, si tu avais vu ta tête. On aurait dit un pervers sexuel à la libido détraquée.

-Dans le concept, un pervers sexuel a déjà sa libido détraquée.

-Alors imagine ce que ça a pu donner !

-Oh ! Nom d’un calamar en rut, je n’ai pas gagné de point séduction aujourd’hui ?

-Je ne crois pas.

-Oh lala, je suis passée pour quoi ? 

-Une chienne en chaleur, une femelle en rut, une chatte surexcitée, une chaudasse, une….

-Par la barbe d’un bébé phoque ! Me voilà bien. Je vais devoir ramer fort et longtemps pour séduire le bonhomme.

-ça, c’est sure, mais ne t’inquiète pas. Je t’aiderais.

-Merci, c’est gentil, mais je vais faire comment moi pour ne pas ressembler a une chienne en chaleur à chaque fois que je le verrais ? Ce mec est un fantasme ambulant.

-En même temps, c’est plutôt drôle de te voir toi mademoiselle la prude en proie à la passion furieuse du sexe dans toute sa splendeur.

J’éclate de rire devant son visage rouge tomate et son regard de tueuse.

-Je vais partager avec toi ma tactique infaillible pour ne pas succomber à la tentation. Imagine des intestins frétillants et sanguinolents tout chaud dans un abdomen fraîchement éventré. Tu vois le truc. Faut bien visualiser l’image et si t’arrives à y ajouter les odeurs et le bruit, c’est encore mieux.

 

-c’est dégueulasse !

 

-Tes toujours excitée par le beau gosse ?

 

-Tu rigoles, j’ai encore l’image des intestins dans la tête.

 

-Maintenant, tu sais comment faire.

 

-Et si ce n’est pas suffisant ?

 

-Tu rajoutes des image de ton crue. Moi par exemple, je pense à l’odeur de sueurs et de vieille chaussette humide que tu retrouves dans les cellules des combattants, puis j’imagine des mycoses, verrues, furoncles et compagnie.

 

-Arrête-je vais vomir. Tu as l’aire d’être rodée.

 

-Tu n’imagines même pas à quel point.

 

-Il y a un homme là-dessous ?

 

-Pire un elfe.

 

-Et bien, on n’est pas dans le pétrin !

 

-Comme tu dis !

 

 

Publié dans : Non classé | le 31 octobre, 2020 |Pas de Commentaires »

Chapitre 8

animaxChapitre 8

La vérité n’est pas forcément là où on te dit qu’elle est. Écoute ta vérité, car celle des autres peut être néfaste pour toi.

 

 

Aujourd’hui est le jour officiel de la rentrée. Nous nous sommes tous retrouvé dans le réfectoire pour un petit dej d’encouragement. Mister Chocolat faisait officiellement parti de la bande. Même si, il n’avait pas eu son interrogatoire. Il faut dire que depuis la soirée ”chienne en chaleur » Merïa et moi, nous avons fait profile bas.Surtout moi. Pour ce qui est de mon amie, c’est une autre histoire. Plus d’une fois, il a fallu que je refroidisse ses ardeurs. Un regard appuyé, une grimace, une tape derrière la tête, un coup de coude dans les côtes, bref tout est bon pour la remettre sur le droit chemin. Quand je disais que la demoiselle cachait bien son jeu, j’avais raison. Pour une prude la demoiselle peu se montrer très très très…. Très en rut. Elle m’épuise. J’ai déjà assez de problèmes avec moi-même et des rêves fortement érotique avec un elfe que je n’apprécie pas. Enfin, mon cerveau ne l’apprécie pas, mon corps lui est comme Mérïa en rut total. Je m’épuise aussi. Pour ce qui est du mystérieux nouveau, cela avait assez duré. Il est grand tant de savoir qui est Amalarha. Nous l’avons pris en embuscade en nous asseyant chacune à côté de lui. C’est Mérïa qui commence l’interrogatoire.

 

-Alors le nouveau, a part te la jouer mystérieux, tu fait quelque chose de ta vie? Maintenant que tu fais parti de la bande, va falloir te dévoiler. Car je suis sûre que tu en connais déjà pas mal sur nous.

 

 

 

Le nouveau nous adresse un grand sourire.

 

 

 

-Effectivement, j’ai eu droit à un petit résumer par les garçons. Alyana est la soeur jumelle de Yalaric, c’est une princesse dragon et est aussi championnes des arènes du sud. Elle possède le plus mauvais caractère de tout les temps et s’est découvert quelques pouvoir magique récemment. Toi tu est Mérïa princesse sirène, fille du roi de la cours de corail et fille d’une des plus puissante sorcière des mer. Et d’ailleur tu en est une à tes heures perdus en plus d’être la fille adoptive d’un des plus terrifiant pirates qui sillonne les mers et il a fait de toi une redoutable pirate. Pour ma part, je suis allié à la terre. Je suis ce qu’on appelle plus précisément un sorcier Terra. Enfin, cette appellation est très ancienne et n’est plus trop d’actualité.

 

 

 

Je le regarde sans comprendre.

 

 

 

-Je croyais que les annimax avaient disparu avec leur protecteur quand celui-ci a été déchu?

 

-C’est ce que nous avons fait croire. Après la chute de leur dieu protecteur, les sorciers Terra se sont exilés dans une contrée perdue de l’autre côté de l’océan. Mais avant leur fuite, beaucoup ont été tués lors de la “grande chasse” sous le commandement des maîtres magiciens. Les orphelins ont été cachés dans les différents royaumes. Ils ont endormi leurs pouvoirs et fait garder le secret aux générations suivantes.

 

-Alors pourquoi te dévoiler ?

 

-les siècles ont passé et il est grand temps pour nous de redevenir ce que nous étions. Nous sommes nombreux et puissants. Et de plus, au dernier solstice d’hiver Père Terre nous est tous apparus en rêve pour nous dire qu’à partir de ce jour nous n’avions plus à nous cacher, car notre peuple serait bientôt amené à une grande destiné et que l’un d’entre nous siégera parmi les dieux.

 

Je dois me mordre la langue pour ne pas question Amalhara sur Père terre et sur ce qu’il pense sûre le fait qu’elle soit une femme. J’aperçois Mérïa qui le regarde en fronçant les sourcils. Je devine qu’il y a quelque chose qui l’a turlupine.

 

-C’est quoi un sorcier Terra et un Animax ?

 

Il se retourne vers elle. D’un geste, il rapproche sa chaise tout près de lui. Mon amie devient rouge tomate en le dévisageant les yeux grands ouverts. Il approche ses lèvres à son oreille et lui murmure la réponse.

 

-Un Animax et un sorcier Terra, c’est la même chose. Le terme sorcier terra est celui que nous nous donnons, celui d’Animax est celui que nous donne les grands mages. À l’origine, il s’agissait d’une insulte pour nous comparer à des animaux, mais cette expression s’est vite vulgarisée pour devenir un simple descriptif. Notre particularité, c’est que contrairement à un métamorphe qui ne se transforme qu’en un seul animal, nous pouvons nous transformer en toute forme animale qui peuple le Monde.

 

-Pourquoi les grands mages vous méprisent-ils ?

 

-La magie élémentale est un don de la nature. Lors de la Création, les Pères Fondateurs ont insufflé leurs essences et leurs magies dans 4 entité qui ont formé les 4 éléments de la vie. C’est 4 éléments se sont unie dans une harmonie complète pour créer le monde et ainsi à eux quatre, ils ont formé la Nature. Puis les dieux créateurs ont décidé de peupler cette vaste terre fertile. Nous voilà arrivés jouissant de la générosité de la terre, la fraîcheur de l’eau, la chaleur du feu et la pureté de l’air. Nous vivions en parfaite symbiose. Nous aimions la Nature et elle nous le rendait. C’est ainsi que certains d’entre nous, ceux qui étaient les plus à l’écoute de cette harmonie, se sont vu attribuer du pouvoir. Don de la magie des 4 éléments. Les premiers Hommes élémentals étaient nées. Mais cette harmonie commença à se désagréger face à la cupidité et à la soif de pouvoir. Certain élémentals décrètent que la Nature les avait choisi. Qu’ils étaient les élus. désignés pour mener et guider les autres. Alors, ils décidèrent de se spécialiser dans un élément qu’ils considéraient comme le plus puissant à leurs yeux. En séparant la magie élémentale en 4 forces, ils brisèrent la symbiose de la Nature et celle-ci disparue.Les 4 éléments se retrouvèrent affaiblie et furent en grande partie maîtrisé par les plus puissants des Élémentals. C’est à ce moment-là, que notre dieu protecteur est entré en action. Lugwan, dieu défenseur de la Nature, Gardien des éléments et protecteur des sorciers Terra. Il est entré en contacte avec les mages pour les convaincre de renouer les 4 éléments entre eux. Mais ceux-ci ne voulaient rien entendre. C’est à ce moment-là que les grands mages se sont déclaré mage suprême et qu’ils ont créé le royaume des mages. Ils ont conquis les terres voisines, choisir un souverain à leur solde et ainsi modeler le Monde comme il est actuellement. Mon peuple décida de se rebeller face à cette tyrannie. Affaibli par la disparition de la Nature, notre protecteur se joignit à nous pour combattre les mages. Après plusieurs années de guerre, Lugwan réussis à tuer les 4 suprêmes. Mais c’était sans compter sur Danahalia qui décida de les ressuscités sans connaître leur véritable nature. Elle a été manipulée, nous ne savons pas par qui, mais nous avons des doutes sur l’identité de ce dieu. Suite à ça notre dieu protecteur fut bannis pour avoir tué les mages suprêmes et nous condamner à fuir.

 

À la fin de son récit, je pense directement au grand mage que j’ai rencontré. Sa tentative pour m’éliminer m’avait montré qu’il n’était pas un gentil, mais plutôt un sale vicieux d’enfoiré. En regardant les autres, je vois bien à quel point le récit de du sorcier Terra les avait choqué. Il faut dire que ce n’est pas cette version de l’histoire qu’on nous enseigne. Oh que non. On nous présente les suprêmes comme des élus désignés par les 4 fondateurs. Ils ont été choisis parmi les plus puissants pour mener le Monde à la prospérité et à la paix.Après la grande Guerre, le visage socio-politique de notre monde à complètement changé. Avant chaque Royaume avait son indépendance. Ce qui entraînait beaucoup de guerres de pouvoir et de territoire. Les dieux protecteurs en profitaient pour régler leur comptes grâce à ça. Une guerre divine a eu lieu. Nous ne savons pas trop ce qui s’est passé dans leur monde, mais le Gardien à été obligé de faire le grand menage et quelques dieux ont été bannie et une restructuration divine à été faite. Pendant que ça chauffait en haut, ca chauffait en bas aussi. Le Monde était entré en guerre et les grands mages ont été tués et ressuscité. C’est une fois revenu parmi les morts que la guerre a cessée miraculeusement. Depuis les Suprêmes, sont devenus les régents de tous les royaumes et ce sont eux qui ont mis en place la plupart des souverains sur les trônes. D’ailleurs quelques décennies plus tard, c’est eux qui ont mis les jumeaux maudit sur les trônes draquoniques. Encore maintenant, ils ont un droit de regard et de veto sur la plupart des décisions royales sauf chez nous. Quand mon père et mon oncle ont accédé aux trônes, ils ont fait scission avec l’autorité du royaume des mages avec l’appui de mon divin grand père. Pour la plupart des habitants des royaumes, ils sont les gardiens de la paix pour nous les dragons à cause de notre histoire, on les voit plutôt comme de fouteur de merde. Si je suis mon instinct, je dirai que la version de Monsieur Chocolat est la bonne. Je décide donc de partager mon point de vue avec preuve à l’appui. À mon avis, il se trame quelque chose ici et des alliés seraient la bienvenue.

 

-Nous les dragons, nous nous sommes toujours mefieés des Suprême. Mon instinct me dicte que ce sont des pourritures. Enfin surtout un ! Hier, j’ai eu le droit de rencontrer le grand-maître de la terre Macruelle. Cet enfoiré à essayer de m’enterrer vivant.

 

Mon frère fronce les sourcils.

 

-J’ai été testé moi aussi. Être enterré fait parti du processus.

 

-Je ne pense pas que la cavité dans laquelle tu te trouves doit rétrécir jusqu’à ce que tu bouffes et respire de la terre tout en étant aplatie comme une crêpe par le poids de celle-ci !

 

-Quoi? T’es sérieuse? Putain, je vais l’exterminer ce salopard.

 

-t’excites pas, il est déjà mort.

 

-Comment ça déjà mort ?

 

-Par qui as-tu été testé ?

 

-Mon tuteur. Il enseigne la magie de la terre pour les affiliés. C’est un gobelin avec tous les défauts qui vont avec.

 

-Ok donc il n’y a que moi qui est eu le privilège de me faire tester par un Suprême ? Je suis super touché par cet honneur. Pf, bonde de tocards, je ne sais pas ce qu’ils ont en tête, mais ça pue. Yalaric, les 4 suprêmes sont des spectres. Ils sont ancrés dans notre monde par des porteurs. Tu ne le savais pas ?

 

-Non, c’est papa qui traite avec eux. Je ne me suis jamais vraiment intéressé au royaume de magie. Leur ambassadeur est un sale con prétentieux. Il m’a emmerdé une fois et depuis, je n’ai plus le droit de l’approcher. Sois disant que je l’aurais menacé d’une mort douloureuse.

 

-Donc, à moins que tu saches comment tuer un mort, on ne peut rien faire pour le moment.

-Mon tuteur était là quand ça c’est passé. Il supsonne que quelque chose c’est produit mais je ne lui ai rien dit. par contre je lui ai demander si il savais comme tuer ces vermines. Il m’a dit qu’il chercherait. allez savoir pourquoi; même si c’est un pretentieux connard, je pense qu’il peut être de notre côté et qu’il déteste autant que nous les Suprêmes.

-Tu es sûre de toi?

Phénix me regarde droit dans le yeux.

-Oui. Je crois qu’on peu lui faire confiance. je l’ai vue dans sont regard quand il observait Macruel. Il le déteste. C’est un Elf et ils ont une connaissance très étendue et ancienne. peut être trouvera t-il la solution.

Un silence s’installe entre nous. Nous sommes tous plongés dans nos pensées. Je pense u prince noir. Même si ça me fait chier de le reconnaître, je lui fais confiance. Il y a un je ne sais quoi en lui qui fait que même si je me force à le détester furieusement, j’ai le pressentiment qu’il est de notre côté. Il y a un truc qui se déclencha en moi à chaque fois que je croise son regard ou qu’il me touche lors de nos cours d’armes. Ces papillons dans mon ventre qui entrent en frénésie, la température de mon corps qui augmente, le souffle qui me manque, mon rythme cardiaque qui s’emballe, mes rêves qui me laissent pantelante et frustrée. Même si je le désire comme une dingue, il y a un plus que me chatouille et que je n’arrive pas à nommer. Ça me donne mal à la tête que de chercher ce que ça peut-être. Le haïr est bien plus reposant et facile pour moi. Tout ce que j’espère, c’est que ma manie de tomber amoureuse des mauvais garçons ne va pas se faire un plaisir de mettre sont née dans cette histoire.

 Mérïa est la première à briser le silence.

 

-Et on fait quoi alors ? Il serait judicieux d’en parler au directeur.

 

-Non, lui tant que je n’arrive pas à le cerner, on ne lui dit rien. Je dois vous révéler un autre truc. Mais en aucun cas vous ne devez le raconter à d’autres. Jurez-le-moi.

Tous me jurent le silence. Alors, je leur raconte ce qui s’est passé avec Père Terre. Enfin, plus précisément Mère Terre. Je n’omets aucun détail. Je leur montre même mon super tatouage. Et fait éclore devant eux une rose noire. Juste au moment où je finis mon récit, la cloche sonne. Il est temps pour nous de rejoindre nos classes. J’avais reçu comme tout le monde mon emploi du temps, la veille au soir. Livré par madame Fartowel. Phénix est le premier à se lever.

 

-Je pense que nous avons tous matière à réflexion. On se retrouve tous ce soir. Nous avons des choses à décider ensemble.

 

En s’éloignant le sorcier Terra adresse un clin d’œil a mon amie en passant devant elle. La Marie Morgane me regarde et je ne peux m’empêcher de lui adresser un sourire en levant les deux pouces bien hauts.

C’est avec le sourire sur les lèvres que je me dirige vers l’arène noir. En chemin, je croise, la seule personne que je n’ai pas envie de croiser, Aradan ! Et merde. Je baisse les yeux et marche droit devant moi en espérant qu’il ne me verra pas.

-Alyana ! 

Raté.

-Quoi ?

-J’ai souvent pensé à toi et sache que je tiens toujours mes promesses.

-Hein ?

-C’est fou comment un simple sourire peut te rendre extraordinairement belle et que cet air perdu te donne un air si adorable.

Mais de quoi il parle ce type ? Il a bouffé des champignons magiques ou quoi ?

-Mais revenons aux choses sérieuses. Je me suis renseigné sur tes esprits. Je n’ai pas trouvé la réponse à ta question, mais j’y travaille.

Attendez ! Moi, j’en suis resté au fait qu’il me trouve belle.

-Vous me trouvez belle ?

Un rire sexy sort de sa gorge déclenchant un envole furieux des papillons dans mon ventre. SOS ma culotte va mourir. Noyée ou consumée, elle hésite encore sur l’attitude à adopter. Les deux, c’est possible ?

-Tu es belle ALyana. Dommage que tu sois aussi chiante, exaspérante, entêtée, énervante, rebelle.

-Bon ça va, j’ai compris !

-Je ne crois pas, non. Si tu avais compris les choses, toi et moi, nous n’en serions pas là.

-Hein ?

- Si adorable et tellement aveugle.

 

-Mais vous n’avez pas fini de raconter des conneries. Je comprends rien. En même temps, je préfère qu’en vous me dites que je suis belle plutôt que quand vous me traitez de simplette.

-Je dois avouer que tu est tout sauf une simplette. Tu es bien trop complexe pour ça. Je regrette de t’avoir dit ça.

-Il ne faut pas, je vous ai traité de connard et je ne le regrette pas.

-Tu es la personne la plus charmante que je connaisse.

-Wai, je sais.

Je lui adresse mon plus beau sourire. Il tend la main pour attraper une mèche de mes cheveux qu’il place derrière mon oreille. Je suis perdu dans ses yeux. Il approche son visage vers le mien. Mes lèvres s’assèchent et je passe la langue dessus pour les humidifier. Son regard suit le mouvement de ma langue et un éclaire de désir l’illumine. J’ai terriblement envie d’embrasser ce mec. Je m’approche de ses lèvres si tentantes. 

-Alyana, enfin, je te trouve.

D’un bond, je m’écarte de lui et me retourne vers la voix. Cruzor ! Merde ! Plus mauvais moment, tu meurs. Fait chier. Je pousse un très long soupir et me dirige vers le vieux dragon.

-Vous me cherchiez ?

-Oui. Prince Aradan, je vous enlève cette petite pour le début de votre court. J’en suis désolée, mais j’ai des choses à voir avec elle. Je vous la rends au plus vite. Il n’y a pas de problème. Je vous en pris. Alyana, pour la question que tu m’as posée après notre visite chez Maitre Macruel. Je suis en pleine recherche et je te donnerais la réponse au plus vite.

D’un signe de main, il s’engouffre dans l’arène noire.

-ma petite chérie, je suis fort content de voir que tu t’entends bien avec ton tuteur.

-Wai, moi aussi.

-Mais ce n’est pas pour ça que je voulais te voir. Je souhaitais savoir si tout se passait bien pour toi. Ah tu rencontré des problèmes particuliers ? Des soucis avec certains professeurs ? Tu sais que tu peux tout me dire. Je suis là pour toi. La haute instance parentale m’a chargé de veiller sur toi.

 

-La haute instance parentale ? Il ne faut pas exagérer quand même, mais parents sont pas si important que ça !

-Crois-moi, mon petit trésor, même si tu ne sais pas tout, je peux parler de haute instante. Mais ce n’est pas mon rôle de tout te dire. Mon rôle est juste de faire en sorte que tu survive dans cette école.

Ce n’est pas possible. Il doit avoir un commerce illicite de champignons magique ici. Ils sont tous allumés ma parole. Où c’est moi. Je suis peut-être simplette finalement.

-Je ne comprends rien à votre discours. Mais non, je n’ai pas de problème pour le moment.

Cruzor me fixe de son regard gris.

-Je suis peu être un vieux fou extravertie et excentrique, mais je compte bien mener ma mission à bien. Même si j’aimerais pouvoir utiliser tout ton potentiel pour mes petites histoires, je sais que ton destin est loin de moi. Tu es spéciale et beaucoup d’autre le savent aussi. Il serait dommage que des personnes malveillante veille te mettre des bâtons dans les roues.

-Ne vous inquiétez pas. Pour le moment, je gère.

-Soit, je vais te croire pour le moment. Mais sache que je suis de ton coté, car il est celui qui est le plus proche de mes objectifs.

-Ok, j’ai bien reçu le message.

-J’en suis ravi. Bon, mon petit lapin, je te laisse aller à ton entraînement. Bonne journée à toi et surtout fait bien attention à toi. L’horizon s’assombrit. Une tempête se prépare.

Pendant qu’il s’éloigne, j’observe l’horizon lumineux. Pas un nuage ne l’entache. Mais quand je regarde celui de l’avenir, un ciel menaçant commence à l’obscurcir. Comment sait-il tout ça ? De quoi il parlait ? Je ne comprend pas tout, mais la conversation que j’ai eu avec mes camarades ce matin me revient en mémoire. Qu’est-ce que nous réservait l’avenir et que pouvions nous faire pour lutter contre contre cette tempête qui s’annonce?

 

 

 

 

Publié dans : Non classé | le 30 octobre, 2020 |Pas de Commentaires »

Chapitre 9

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Quand ça devient chaud, prends une douche froide. Ça te remettras les idées en place.

Mon emploi du temps, m’apprenait que je passais ma journée en “Maîtrise de combat non-magique” dans l’arène noir. Pour une championne comme moi, je pensais que cette journée allait se dérouler tranquille à distribuer claques et coups de pied au cul. Du genre, peinard dans ma routine. Et bien, je me suis bien fourré le doigt dans l’œil. En même temps, ils nous disent d’apporter nos tenues de combat et nos armes. Je me voyais déjà dansant avec mes deux petites chéries. J’aurais du m’en douter que c’était trop facile. Quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai appris que Mister sexy connard était mon instructeur. Et pour ajouter à mon malheur celui-ci nous apprend que nous allions travailler le corps-à-corps avant le maniement des armes. Bien entendue, je suis aussi nul à la baston que je suis forte aux épées. Ce qui fait que là, je suis en train de me prendre une raclée monumentale. Ça m’apprendra à faire la maline. Quand j’ai vu la montagne de muscle qui allait me servir d’adversaire, j’ai cru que tout était dans la bidasse et rien dans la cervelle. Oui, je sais, je suis bourrée de préjugé. Ce qui est un vilain défaut. Mais sachez qu’à chaque fois, les préjugés me sont renvoyés en pleine figure et je les déguste. Donc, je décide de la jouer stratégie et en deux trois mouvements s’est fini. Monsieur muscle, c’est révélé un fin stratège et bien plus doué que moi. Le pire dans tout ça, c’est que mon humiliation se fait devant 25 personnes qui prennent beaucoup de plaisir à me voir bouffer la poussière. Et bien sûr, cerise sur le gâteau, car il y en a toujours une de ces saletés de cerises, mon adversaire se révèle être un sale pervers qui profite de la moindre occasion pour me peloter comme un malpropre.

-Allez Alyana, un petit effort. Je te croyais beaucoup plus forte que ça pour une championne de quatre arènes !


Mister sexy Connard, le retour ! Moi qui pensais qu’il s’était assagi. Je me trouve devant l’autre abruti aux mains baladeuses et aux poings d’acier. Essoufflée, douloureuse, instable sur mes pieds et complètement sonnée, alors que lui tout pimpant, me regarde avec un grand sourire. J’ai beau réfléchir, je ne sais pas comment je vais réussir à m’en sortir. Avec mes petites chéries, je l’aurais massacré. Mais là, je suis sans défense. Oh et puis merde ! Quitte à m’en prendre plein la gueule, autan le faire en toute beauté. On m’appelle la mort qui danse et bien dansons ! Je me redresse de toute ma hauteur. Enfin, du mieux que je peux avec le corps en compote, je suis loin de mon mètre soixante-dix-huit d’origine. J’affiche mon sourire le plus courtois et avec toute la grâce qu’il me reste, je lui adresse une jolie révérence. Je ferme les yeux et inspire profondément pour faire le vide en moi. Je laisse la musique venir à moi. Toutes mes chansons commencent par le même prélude. C’est au cœur de l’action que la mélodie principale se compose. Je commence à chantonner, toujours les yeux fermés. Une fois mon intro fini, je me mets à virevolter autour de lui et d’un coup, je plonge sur lui pour lui faire une balayette. Surpris, il s’étale par terre. 
Mais ce sale con, me chope par la tresse au passage et m’entraîne avec lui. Je combats contre lui depuis le début de la matinée et cela fait bien une centaine de fois qu’il m’attrape la tresse. Jusque-là, aucun de mes adversaires ne s’était attaqué à mes cheveux. Et là, ça commence sérieusement à me chauffer sur le haricot ! D’un bon, je me relève et d’un pas décidé je trace tout droit vers mes épées. Je saisis Vengeance et d’un coups je sectionne ma natte. Je retourne sur le champ me positionner devant mon adversaire, avec les vestiges de ma tresse dans la main. Arrivée devant lui, je le gifle de toutes mes forces avec mon fouet capillaire. Il me saisit brutalement par le bras pour m’approcher de lui. Nos visages sont à quelques centimètres l’un de l’autre. Mon front arrive au niveau de son nez. D’un mouvement, je lui éclate son appendice d’un coup de tête magistral. Sans lui laisser le temps de réagir, je lui envoie un coup de genou dans les couilles et d’un bond, je recule. Il se plie en deux, sous la douleur. Je joins mes deux mains et de toutes mes forces, je les abats sur sa nuque. J’agis à l’instinct. Une musique endiablée rugit dans ma tête et guide mon corps. Il est affalé au sol à demi-inconscient. Il est temps pour moi de finir ma danse dans un joli final. Je m’approche de lui et me prépare à lui envoyer mon meilleur jeu de jambes en pleine face quand on me saisit par la taille. Je me débats comme je peux pour sortir de cet étau, quand je me retrouve soulever et projeter au travers d’une épaule. Je continue à lancer des coups-de-poing et coups de pied pour qu’on me libère. Au bout d’un moment, je suis jeté à terre. Je me redresse, furieuse et me mets face à mon nouvel kidnappeur. Mister sexy connard ! J’ouvre la bouche pour me mettre à l’insulter quand d’un pas, il comble l’espace qui nous sépare, encercle de ses mains mon visage et écrase ses lèvres contre les miennes dans un baiser brutal et passionné. Je me fige face à l’assaut de ses lèvres. Je gémis malgré moi. Ce mec de malheur embrasse comme un dieu. Son baiser se fait plus langoureux et doux. Je fonds littéralement et réponds à son étreinte. C’est alors qu’il se redresse et plonge son si beau regard dans le mien.

-Calme toi Alyana!

Que je me calme ? De quoi il parle ? je suis encore sous le coups de notre baisé passionné et j’ai qu’une envie c’est de recommencer. C’est alors que tout me revient en mémoire. Se sale con m’a entraîne dans une des cellules et m’a embrassé juste pour me calmer ! Il n’y avait rien de passionnel ou de romantique dans son geste. Mais je vais le tuer et le bouffer ce type. Jamais, on ne m’avait traité de la sorte. Je ne suis pas du genre tactile et encore moins du style à rouler des pelles aux premiers venus. Et le baisé que nous venions d’échanger m’avait remuée au plus profond de mon être. Je déteste ce type, mais mon corps lui ne veux qu’une chose, c’est retournée dans la chaleur de ses bras et poursuivre notre étreinte. Mon corps est un traître ! Je l’ai embrassé avec mon âme, je ne sais pas faire semblant pour ce genre de chose. Dans le contacte physique, je donne tout de moi, aussi bien quand je combat que quand j’aime. Merde ! Comment osait-il se moquer de moi comme ça. Je me sens entrer dans une frénésie de fureur. Ma respiration s’accélère et je sens mon sang pulser dans mes veines comme un torrent de lave.  Il me tient par les épaules sûrement pour m’empêcher de partir et d’aller me calmer en réglant son compte à l’autre pervers amateur de tresse. Je pose mes deux mains sur son torse afin de le repousser. Au contact de mes paumes, il se met à hurler de douleur et s’arrache à moi. Je baisse les yeux et je vois apparaître l’empreinte noircie de mes mains sur son torse. Je regarde mes mains. Elles sont incandescentes et dégagent une forte chaleur. Aradan se rapproche de moi. 

-Ne m’approche pas.

Je sors de la cellule et me retrouve dans l’arène entouré des autres élèves. Je lève mes mains en l’air pour leur faire signe de reculer. Des exclamations choquées et des hoquets de surprise se font entendre tout autours de moi.

-Regardez ces yeux !

-Vous avez vu ses cheveux ?

-Elles ont quoi ses mains ?

-Elle fume !

Prise de panique, je cherche une porte de sortie. Mais tout est clos autour de moi. Je lève les yeux vers le ciel. L’étendue azur me lance un appel de liberté. Je me transforme en dragon. Je n’ai jamais volé, mais j’ai souvent observé les autres dragons prendre leur envol. Je plie mes pattes et ouvre grand mes ailes. D’une poussée, je m’élance et de quelque battement d’aile me voilà libre. Au loin, j’aperçois l’océan. Je décide de voler jusqu’à lui. Une fois, là-bas, je déniche une petite crique isolé. J’atterris maladroitement et me transforme. Mes mains sont toujours incandescentes. Pour les refroidir, je pique une tête dans l’eau. Je nage un long moment pour me détendre. Une fois que mon corps n’en peut plus, je fais la planche et me laisse porter par le courant. Une ombre passe au-dessus de moi. Un aigle dessine des cercles au-dessus de moi et de temps en temps me cache le soleil. Il pousse des cris perçant et se dirige vers la plage. Je décide de l’ignorer. Quelques instants plus tard, une autre Ombre vient me cacher le soleil accompagné par une pluie torrentielle. Surprise, je bois la tasse. Une fois remise de mes émotions j’aperçois un dauphin qui me fait face. Allons bon, c’est quoi ce bordel ? L’animal me présente son aileron. Je le saisi et me laisse guider vers cette foutue plage. Arrivé au bord de la plage, je reste dans l’eau et j’attends. Le dauphin se transforme en un rien de temps en Amalarha. 

-Tout le monde te cherche partout. As-tu consciente de l’inquiétude que ta disparition a pu susciter ?

-Non, je n’ai pas vraiment réfléchi à ça ! J’étais en mode sauve qui peut donc les autres n’étaient pas ma priorité !

-Sort de là qu’on discute un peu tout les deux !

-non !

-Et pourquoi ?

-Je suis toute nue ! J’arrive pas à garder mes vêtements après chaque transformation.

-Prends ma chemise. Je me retournerai le temps que tu l’enfiles.

Il enlève sa chemise et la pose sur le sable puis il s’éloigne de plusieurs pas et se retourne. Je sors de l’eau, enfile la chemise qui me tombe à mi-cuisse et m’assoit sur le sable. Après un long silence, je me lâche. 

-Je ne comprends pas ce qui s’est passé et ça me fait flipper. J’ai failli cramer Mister se…. Le prince Aradan juste avec mes mains. J’étais tellement en colère et panique que j’aurai peu cramé tout ce foutue royaume. Je te jure, je l’ai sentie en moi, cette puissance destructrice. Elle est là tapie au fond de mon être, tellement puissante. Pour le moment, elle était comme dans une chrysalide à prendre chaque jour plus de force. Aujourd’hui, le cocon vient de se fissurer. Et j’ai la trouille de ce qui se cache a l’intérieure. Ce n’est pas un joli papillons qui attends le bon moment pour prendre son envole. C’est un monstre de destruction massive qui ne cherche qu’a sortir afin se libérer sa puissance.

Je remonte mes genoux vers moi et y cache ma tête. Je me sens perdu et terrifié par ce que je peux devenir. Al me rejoint et s’assit à coté de moi.

-Pourquoi veux-tu absolument que ce soit un monstre. C’est une partie de toi qui se trouve dans ce cocon. Un pouvoir immense et terrifiant certes, mais c’est aussi ton pouvoir. Toi seul peux en faire un monstre ou autre chose. Alyana, la magie que nous possédons est une partie de nous. Elle est un morceau de ton âme. C’est un peu comme les souffleurs de verre. Tu te retrouves devant une boule de feu que tu dois façonner avec ton souffle pour que cette boule incandescente devienne une magnifique œuvre d’art. Mais tu dois faire très attention. Si tu souffle trop fort ou pas assez, que tes fours soient trop chaud ou trop froid, que tu tiennes mal ta canne et que ton mouvement ne soit pas assez souple, ta création sera perdu sans jamais pouvoir la rattraper. N’aie pas peur, Alyana. Tu es forte, et ta magie est très puissante. C’est comme ça que je t’ai retrouvé. J’ai senti la terre en toi. Elle m’appelait comme une mère appelle ses petits. Tu détiens le pouvoir originel de la terre. Elle fait partie de toi comme tu fais parti d’elle. Et en ce moment même alors que je suis à tes côtés, je sens ce pouvoir m’envahir comme une caresse maternelle. Elle me nourrit et m’apaise. Cette magie est d’une telle pureté que je ne peux imaginer que ce qui grandit en toi puisse être néfaste. Aie confiance en toi.

-Tu ne me connais même pas. Ou si peu. Comment peux-tu accorder ta confiance à une inconnue ?

-Tu ne te rends pas compte. Je n’ai pas connu La Nature. Mais nous les sorciers Terre,possédons la mémoire de son pouvoir. Et ce que tu dégages, l’âme de la terre qui est en toi est celle de la mère nourricière.Tu as été béni par Père Terre ! Il t’a donné une partie de ce que nous avions perdu. Tu possèdes la parti « Terre » de la défunte Nature. Au nom des dieux fondateurs, c’est extraordinaire. À tes côtés, je me sens revivre. Mes pouvoirs se renforcent. Et mon arbre de vie est en train de bourgeonner. 

-Ton arbre de vie ?

-Oui, il s’agit d’un arbre que l’on appelle Flamme de la forêt ou plus précisément Spathodea Campanulata. Mais je préfère Flamme de la forêt, c’est plus poétique. Jusqu’ici, mon arbre était bien fourni et d’un joli vert éclatant. Et au moment même où je te parle des bourgeons de fleurs sont en train d’apparaître. Depuis la disparition de la Nature plus aucun animax n’avaient vue son arbre fleurir. Je suis le premier à qui ça arrive, et cela, grâce a toi.

-Écoutes, je suis contente pour toi et ton arbre, mais je fais comment moi ? Je tiens pas à foutre le feu quelque part a chaque fois que je me mets en pétard. Disons que, vu le nombre de fois où ça arrive, d’ici la fin de la journée on a plus d’école et le peuple des elfes noir aurons perdu leur prince héritier

.-Ma petite mère, il va falloir que tu apprennes à mettre de l’eau dans ton vin alors. Aie confiance en toi, tu finiras par trouver une solution à ton petit problème pyrotechnique. Pour le moment, je pense qu’il est grand temps de rentrer le directeur et le prince Aradan souhaite s’entretenir avec toi.

-Alors Cruzor à la rigueur, je suis partante pour un tête-à-tête, mais pour l’autre connard hors de question.

-Je crois bien que tu n’y échapperas pas ! Il avait l’air vraiment inquiet à ton sujet ! Et il demandé à s’entretenir en privé avec toi juste après que le directeur en est fini avec toi.

Je souffle fortement pour montrer mon agacement et me lève. J’époussette rageusement le sable collé sur ma peau. Je m’apprête à enlever la chemise quand Amalarha m’arrête dans mon geste.

-Garde la chemise, je vais te porter.

-Et tu vas te transformer en quoi ? Je ne connais aucune race d’oiseau assez grande pour soutenir le poids d’un homme. 

-Il n’y a pas que les oiseaux qui volent.

-Tu ne peux pas te transformer en espèce métamorphe comme les dragons. Donc, je suis curieuse de voir ça.

J’ai à peine fini ma phrase que je me retrouve devant un magnifique cheval aillé et cornue. Il était très grand, environ un mètre quatre-vingt-dix au garrot et d’un joli chocolat avec une pointe de lait. Ses ailes étaient repliées sur ses flancs, mais une fois étendues, elles devaient être d’une envergure gigantesque. Et le petit truc en plus était une corne argenté en plein milieu de front. C’est un drôle de cheval, mais je dois bien avouer qu’il était magnifique. Je montais en croupe non sans mal. Les dragons sont des mauvais cavaliers. Les chevaux nous flairaient comme des prédateurs et la plupart du temps ruaient quand nous nous approchions d’eux. En même temps, nous n’avions pas besoin de ce moyen de transport puisqu’en mode dragon nous étions beaucoup plus rapide et parcourions de plus grandes distances qu’eux. Enfin bref, même si j’ai été latente quasiment toute ma vie et que j’ai dû apprendre l’équitation, ce moyen de locomotion n’était pas mon préféré. Une fois bien calé et cramponnée à sa crinière, Amalarah décolla d’un bon en déployant ses ailes. Nous atterrissons devant la porte principale de l’école. Une fois transformé, l’animax me laisse tomber et c’est toute seule que je me dirige vers le bureau de Cruzor. Celui-ci m’attend sagement derrière son bureau et m’invite à m’asseoir devant lui.

-Mon petit canard, tu as de cesse de m’étonner chaque jour ! Si j’ai bien compris ce que m’a raconté le prince noir, tes pouvoirs ont encore évolué. Il va vraiment falloir que nous nous penchions sur eux. As-tu eu des nouvelles de ton grand-père ? 

-Non, aucune nouvelle. Je dois dire que cela m’inquiète un peu. Mais en même temps, mon grand-père à une vision des priorité et des urgences différentes des miennes.

-Oui, je veux bien le croire. Mais le silence des dieux est de mauvaise augure. Le silence des dieux est de mauvaise augure. Aucun de nos oracles n’a réussi à entrer en contacte avec eux depuis un petit moment. 

-Si ça peux vous rassurer, Sines m’a rendu visite y a pas longtemps.

-Une visite de la déesse du chaos n’est jamais un bon présage.

-Elle manigance quelque chose, j’en suis sûre. Mais je pense que cela a avoir plus avec l’arène sanglante qu’autre chose. 

-Seul l’avenir nous le dira.

-Je vais te caler un temps avec moi, où nous allons faire l’inventaire de tes pouvoirs. Maintenant revenons à ce pour quoi tu es ici. Ce qui s’est passé dans l’arène est pour moi regrettable mais pas condamnable. Tu as découvert une nouvelle aptitude magique et cela a échappé à ton contrôle. Moi ce qui me chiffonne par contre, c’est ta petite escapade en solitaire. Tu es sous ma responsabilité. Il te serait arrivé quelque chose, j’aurais été tenu comme unique responsable. La prochaine fois que tu ressens le besoin de tirer ta révérence prévient moi. 

J’acquiesce de la tête. Que pouvais-je dire pour ma défense. Il avait raison. Je comprenais sont point de vue.

-Je ne te ferais pas plus la morale aujourd’hui ? Je pense que ta journée a été riche en émotions et je ne vais pas en rajouter. Je vais te laisser. Le prince Aradan va prendre mon relais, je pense que vous avez des choses à éclaircir.*Je me renfrogne dans mon siège et croise les bras sur ma poitrine tout en soufflant fortement.

-Fait pas cette tête. Après tout, c’est lui qui a failli finir en steak grillé. 

Content de sa blague, il éclate de rire et quitte le bureau. J’appréhende l’entretien qui allait venir.

Publié dans : Non classé | le 29 octobre, 2020 |Pas de Commentaires »
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